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Tournier Valentin

photo Anne-Marie-Valentin TOURNIER naquit le 24 mars 1821 à Montlegun (commune de Carcassonne). Son père, Vitalis Tournier, était un ancien soldat de la République et de l'Empire, ayant servi, de 1791 à 1815, dans la fameuse 32ème demi-brigade. Il avait épousé, en 1817, après avoir pris sa retraite comme simple capitaine, une orpheline, Marguerite-Virginie Alric (dite Bourgès) qui habitait alors chez son oncle, curé de Villemoustaussou, village des environs. Mme Tournier était, paraît-il, une habile ménagère, et les femmes du voisinage ne manquaient point de rechercher ses précieux conseils. Tout jeune encore, Valentin, resté seul de quatre enfants, fut mis à Carcassonne comme externe dans une pension enfantine que tenaient des parents de sa mère. Mais celle-ci dut bientôt l'en retirer pour le soustraire aux mauvais traitements qu'elle trouvait qu'on prodiguait trop à son fils, bien qu'ils fussent un peu motivés par le goût excessif de l'indocile élève pour l'école buissonière. Cependant à un caractère indiscipliné il joignait un excellent coeur et un esprit d'observation au-dessus de son âge. Il fit ses classes au lycée de Carcassonne. Ses condisciples ont conservé le souvenir, et de son humeur batailleuse (chevaleresquement il protégeait la faiblesse des petits contre la brutalité des grands), et de sa surprenante mémoire (par coeur, il sut en entier son histoire grecque après une simple lecture), enfin et surtout de sa merveilleuse facilité à trouver sans raisonnement la solution immédiate des problèmes les plus difficiles, - ce qui jetait en une profonde stupéfaction le professeur lui-même. Valentier Tournier avait alors une quinzaine d'années. il se préparait à l'examen de Saint-Cyr, lorqu'il dut brusquement cesser toute étude . Sa vue s'était affaiblie en quelques jours d'une façon effrayante. " Les médecins, - écrivit-il plus tard malicieusement, mais sans rancune, - m'apprirent que mon mal était une amblyopie. Malheureusement pour moi, en me faisant connaître le nom, ils ne me débarassèrent pas de la chose." Cette affection visuelle était due vraissemeblablement au trop vif désir, au besoin d'apprendre dont l'adolescent était possédé. Comme il couchait souvent chez son grand-oncle, dans sa bibliothèque, il se relevait la nuit et, à la lueur vacillante d'une fumeuse chandelle, il dévorait des livres de théologie et surtout une vieille bible annotée, au grand dam de ses yeux délicats. L'entrée de l'école lui était dès lors interdite. Se trouvant dans l'impossibilité de suivre la carrière de son père, pour qui il avait la plus grande admiration, le jeune Valentin fut pris de découragement. Des idées noires s'emparèrent de son cerveau ; mais son naturel foncièrement gai eut bientôt pris le dessus ; Après quelques mois passés à la campagne, il partit pour Paris à la recherche d'un état. Au bout d'un mois de vaines recherches, et malgré des prodiges d'économie, ayant dépensé son modeste pécule, il reprit le chemin d Montlegun et vint s'y fixer pour des années auprès des siens. De taille moyenne, plutôt maigre, mais robuste et vigoureux, ivre de grand air, il aimait à aider dans leurs travaux les laboureurs et les vendangeurs. Il aimait surtout l'étude. Malgré la faiblesse de ses yeux, il lisait passionnément, - et ce n'était pas fait pour les guérir. ses lectures de prédiléction étaient celles des philosophes anciens et modernes et aussi des livres saints. Il se plaisait également à méditer de longues heures et sur la philosophie, et sur la religion, et sur la politique. En octobre 1850, malgré les soins dont il l'entourait, Valentin Tournier voyait mourir son père ; dans la matinée du 20, il lui fermait les yeux. Quelques mois plus tard, c'était sa mère qui succombait, attristée par de douloureuses questions d'héritage suivies d'une brouille avec l'oncle, curé de Villemoustaussou, celui-là même qui l'avait recueillie jeune fille avant que le capitaine Tournier l'eût prise pour femme. Valentin Tournier, qui gardait une dent contre le curé en souvenir des messes qu'il avait dû naguère lui servir, prit, dès lors, en haine le prêtre, - et son église. Républicain ardent, d'une conviction sincère, d'un désintéressement absolu, apôtre enthousiaste de toutes les idées nouvelles du moment qu'elles étaient généreuses, - sa collaboration à divers journaux avancés le désigna aux défiances des défenseurs de l'ordre de choses établi et aux vengeances de la Réaction. Sur ces entrefaites, le coup d'Etat du 2 décembre 1851 éclata. Des amis avertirent Valentin Tournier de son arrestation imminente. Il n'eut que le temps de fuir. Son nom figurait en effet dans la liste des "Expulsés de France" établie par la commission mixte. Donc, à la suite du coup d'Etat du 2 décembre, Valentin Tournier dut fuir de son pays. Il voulut se diriger du côté de l'Espagne, mais la route était dangereuse. Il gagna la Corse et de là passa à Gênes. Il devait y demeurer tout le temps de son exil. Chaque année, lorsque se couvraient de fleurs les marronniers de l'Acquasola, avec un douloureux soupir il se disait qu'une année de plus venait de s'écouler - et combien d'autres encore la suivraient - loin de la terre natale ! Craignant que la petite fortune qu'il possédait dans l'Aude ne lui fût confisquée, l'exilé s'arrangea de manière à ne dépenser que le stric nécessaire. Mais l'amnistie du 15 août 1859 venant lui rouvrir les portes de la Patrie, le proscrit, - qui n'avait point voulu, comme bien d'autres, s'incliner devant un pouvoir dont il ne pouvait amnistier l'origine, - quitta tout pour rentrer aussitôt en France. Pendant son exil, il avaitréussi à vendre sa petite propriété de Montlegun et il ne lui restait plus que quelques petits champs aux environs de la cité. Aussi, ayant quelques parents à Pau, il ne se fixa point à Carcassonne, mais partagea son temps entre ces deux villes, de 1860 à 1870. - En 1871, il revint à Carcassonne avec l'intention de s'y établir définitivement. Dès lors, plus que jamais, les questions politiques, religieuses et philosophiques devaient le passionner. En bon citoyen, Tournier prit une part importante à la gestion des affaires publiques, comme à celle des oeuvres philanthropiques. C'est ainsi qu'en décembre 1879 il fonda la Société du Sou des Ecoles laïques. De cette oeuvre, il fut le membre, le propagateur, le président le plus actif, lâme même. Aussi, grâce à la cordialité persuasive de ses manières, grâce à son dévouement éclairé et infatigable, grâce à son désintéresseent à toute épreuve, la Société ne cessa de prospérer. Plusieurs fois, il fut élu conseiller municipal comme républicain modéré. Mais, malgré l'insistance de ses amis politiques, il déclina toute candidature, soit au Conseil général, soit à la Chambre ou au Sénat, donnant à son refus des prétextes qui stupéfieraient bon nombre de nos "honorables". Vers 1880 ou 1881, le Recteur choisissait Valentin Tournier comme membre de la commission de surveillance de l'Ecole normale primaire d'institutrices de Carcassonne, puis de celle des instituteurs. En reconnaissance des services qu'il rendait à l'Instruction publique, Valentin Tournier était nommé officier d'Académie, le Ier janvier 1884. Malgré tout le temps que lui prenaient ses fonctions gratuites , mais qu'il considérait comme des devoirs civiques, il n'en continuait pas moins ses études philosophiques et particulièrement celles qui ont trait au spiritisme. Il faisait même des conférences sur les questions de morale et de métaphysique qu'il affectionnait : l'Homme, le Monde et Dieu ; l'infaillibilité papale, Qu'était Jésus ?. Un public toujours nombreux suivait attentivement l'exposé tout à la fois clair et précis, simple et éloquent des théories chères à l'orateur. Son organe délicieusement timbré faisait goûter à chacun ces séduisantes causeries demées d'anecdotes, de récits heureux, d'aperçus ingénieux, de déductions philosophiques, de traits historiques. Durant deux heures, il tenait ainsi son auditoire sous le charme de sa parole ailée, sincère et ardente. S'il ne convainquait pas tout le monde, il ébranlait bien des incrédulités. Du reste, le spiritisme avait à Carcassonne de nombreux et fervents adeptes. De ces spirites, quelques-uns se réunissaient fréquemment, depuis longtemps déjà, chez M. Jaubert, vice-président du Tribunal de première instance, et connu de ses frères en doctrine pour ses poésies dictées par un Esprit Frappeur ; Valentin Tournier obtenait d'ailleurs par lui-même, en sa qualité de médium, de curieuses communications des Esprits. Les résultats de ses recherches, notés par lui avec soin, sont très nombreux et des plus intéressants. Comme un jour Valentin Tournier assistait à une de ces séances, une demoiselle russe vint chez M. Jaubert, à qui elle était recommandée. Elle se nommait Anna de Boltinn. Elle était fille d'Apollon de Boltinn, général de l'armé russe, qui fit paraître à Paris, chez C. Reinwald, en 1866, un livre intitulé : les Dogmes de l'Eglise du Christ expliqués d'après le Spiritisme. Dès l'année 1864, le général Apollon de Boltinn réunissait dans ses salons de Saint-Pétersbourg l'élite de l'aristocratie pour assister aux expériences d'un médium voyant et auditif, Mlle Adèle Faivre, une Suédoise. Aksakoff parut, dans les dernières années, aux séances données chez le général, et, dans un de ses célèbre ouvrages, le savant écrivain mentionne même certains faits de télépathie entre Mlle Anna et sa soeur jumelle Lise. En mai 1871, le général mourait dans sa propriété d'Ianowo. Mlle Anna de Boltinn y demeura jusqu'en 1880. A cette époque, elle quitta la Russie. En compagnie de sa soeur qui avait épousé l'illustre pamphlétaire et romancier Soltykoff, plus connu en France sous le pseudonyme de Chtchédrine, le "Paul-Louis de la Russie", elle vint à Paris, pour de là se rendre en Espagne. Par suite des inondations, elle ne put prendre la route d'Irun ; elle dut passer par Carcassonne. C'est ainsi qu'elle fut amenée à faire visite à M. Jaubert et à ses amis spirites ; pour eux tous Mlle Anna de Boltinn n'était du reste pas une inconnue. Valentin Tournier, du moins, se souvenait d'avoir lu d'elle dans les Annali dello spiritismo certaines communications de l'Esprit de son père, qui furent traduites en italien par la revue de Turin. De son côté, la spirite russe avait maintes fois apprécié les articles que son frère en doctrine donnait au même périodique. L'un et l'autre prirent donc le plus vif plaisir à pouvoir traiter de vive voix le sujet qui leur était chr, si bien que, deux semaines après la première entrevue, Valentin Tournier était fiancé à Mlle Anna de Boltinn. Et le 28 mars 1882, leur mariage civil était célébré. A suivre...



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* Philosophie du Bon Sens (Non disponible en lecture)

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