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Généralités

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Extraits de la Revue spirite Janvier 1858

Les Esprits attestent leur présence de diverses manières, selon leur aptitude, leur volonté et leur plus ou moins grand degré d'élévation. Tous les phénomènes dont nous aurons occasion de nous occuper se rapportent naturellement à l'un ou à l'autre de ces modes de communication. Nous croyons donc devoir, pour faciliter l'intelligence des faits, ouvrir la série de nos articles par le tableau des différentes natures de manifestations. On peut les résumer ainsi :

Action occulte, quand elle n'a rien d'ostensible. Telles sont, par exemple, les inspirations ou suggestions de pensées, les avertissements intimes, l'influence sur les événements, etc.

Action patente ou manifestation, quand elle est appréciable d'une manière quelconque.

Manifestations physiques ou matérielles ; ce sont celles qui se traduisent par des phénomènes sensibles, tels que les bruits, le mouvement et le déplacement des objets. Ces manifestations ne comportent très souvent aucun sens direct ; elles n'ont pour but que d'appeler notre attention sur quelque chose, et de nous convaincre de la présence d'une puissance extra-humaine.

Manifestations visuelles, ou apparitions, quand l'Esprit se produit à la vue sous une forme quelconque, sans avoir rien des propriétés connues de la matière.

Manifestations intelligentes, quand elles révèlent une pensée. Toute manifestation qui comporte un sens, ne fût-ce qu'un simple mouvement ou un bruit qui accuse une certaine liberté d'action, répond à une pensée ou obéit à une volonté, est une manifestation intelligente. Il y en a de tous les degrés.

Les communications ; ce sont les manifestations intelligentes qui ont pour objet un échange suivi de pensée entre l'homme et les Esprits.

La nature des communications varie selon le degré d'élévation ou d'infériorité, de savoir ou d'ignorance de l'Esprit qui se manifeste, et selon la nature du sujet que l'on traite. Elles peuvent être : frivoles, grossières, sérieuses ou instructives.

Les communications frivoles émanent d'Esprits légers, moqueurs et espiègles, plus malins que méchants, qui n'attachent aucune importance à ce qu'ils disent.

Les communications grossières se traduisent par des expressions qui choquent les bienséances. Elles n'émanent que d'Esprits inférieurs ou qui n'ont pas encore dépouillé toutes les impuretés de la matière.

Les communications sérieuses sont graves quant au sujet et à la manière dont elles sont faites. Le langage des Esprits supérieurs est toujours digne et pur de toute trivialité. Toute communication qui exclut la frivolité et la grossièreté, et qui a un but utile, fût-il d'intérêt privé, est par cela même sérieuse.

Les communications instructives sont les communications sérieuses qui ont pour objet principal un enseignement quelconque donné par les Esprits sur les sciences, la morale, la philosophie, etc. Elles sont plus ou moins profondes et plus ou moins dans le vrai, selon le degré d'élévation et de dématérialisation de l'Esprit. Pour retirer de ces communications un fruit réel, il faut qu'elles soient régulières et suivies avec persévérance. Les Esprits sérieux s'attachent à ceux qui veulent s'instruire et ils les secondent, tandis qu'ils laissent aux Esprits légers le soin d'amuser par des facéties ceux qui ne voient dans ces manifestations qu'une distraction passagère. Ce n'est que par la régularité et la fréquence des communications qu'on peut apprécier la valeur morale et intellectuelle des Esprits avec lesquels on s'entretient, et le degré de confiance qu'ils méritent. S'il faut de l'expérience pour juger les hommes, il en faut plus encore peut-être pour juger les Esprits.

Réponses des Esprits à quelques questions sur le sujet.

Question : Comment des Esprits peuvent-ils agir sur la matière ? cela semble contraire à toutes les idées que nous nous faisons de la nature des Esprits.

Réponse : " Selon vous, l'Esprit n'est rien, c'est une erreur ; nous l'avons dit, l'Esprit est quelque chose, c'est pourquoi il peut agir par lui-même : mais votre monde est trop grossier pour qu'il puisse le faire sans intermédiaire, c'est-à-dire sans le lien qui unit l'Esprit à la matière. "

Observation. Le lien qui unit l'Esprit à la matière étant lui-même, sinon immatériel, du moins impalpable, cette réponse ne résoudrait pas la question si nous n'avions l'exemple de puissances également insaisissables agissant sur la matière ; c'est ainsi que la pensée est la cause première de tous nos mouvements volontaires ; que l'électricité renverse, soulève et transporte des masses inertes. De ce qu'on ne connaît pas le ressort, il serait illogique de conclure qu'il n'existe pas. L'Esprit peut donc avoir des leviers qui nous sont inconnus ; la nature nous prouve tous les jours que sa puissance ne s'arrête pas au témoignage des sens. Dans les phénomènes spirites, la cause immédiate est sans contredit un agent physique ; mais la cause première est une intelligence qui agit sur cet agent, comme notre pensée agit sur nos membres. Quand nous voulons frapper, c'est notre bras qui agit, ce n'est pas la pensée qui frappe : elle dirige le bras.

Question : Parmi les Esprits qui produisent des effets matériels, ceux que l'on appelle frappeurs forment-ils une catégorie spéciale, ou bien sont-ce les mêmes qui produisent les mouvements et les bruits ?

Réponse : " Le même Esprit peut certainement produire des effets très différents, mais il y en a qui s'occupent plus particulièrement de certaines choses, comme, parmi vous, vous avez des forgerons et des faiseurs de tours de force. "

Question : L'Esprit qui agit sur les corps solides, soit pour les mouvoir, soit pour frapper, est-il dans la substance même du corps, ou bien en dehors de cette substance ?

Réponse : " L'un et l'autre ; nous avons dit que la matière n'est point un obstacle pour les Esprits : ils pénètrent tout. "

Question : Les manifestations matérielles, telles que les bruits, le mouvement des objets et tous ces phénomènes que l'on se plaît souvent à provoquer, sont-elles produites indistinctement par les Esprits supérieurs et par les Esprits inférieurs ?

Réponse : " Ce ne sont que les Esprits inférieurs qui s'occupent de ces choses. Les Esprits supérieurs s'en servent quelquefois comme tu ferais d'un portefaix, afin d'amener à les écouter. Peux-tu croire que les Esprits d'un ordre supérieur soient à vos ordres pour vous amuser par des pasquinades ? C'est comme si tu demandais si, dans ton monde, ce sont des hommes savants et sérieux qui font les jongleurs et les bateleurs. "

Remarque. Les Esprits qui se révèlent par des effets matériels sont en général d'un ordre inférieur. Ils amusent ou étonnent ceux pour qui le spectacle des yeux a plus d'attrait que l'exercice de l'intelligence ; ce sont en quelque sorte les saltimbanques du monde spirite. Ils agissent quelquefois spontanément ; d'autres fois, par l'ordre d'Esprits supérieurs.

Si les communications des Esprits supérieurs offrent un intérêt plus sérieux, les manifestations physiques ont également leur utilité pour l'observateur ; elles nous révèlent des forces inconnues dans la nature, et nous donnent le moyen d'étudier le caractère, et, si nous pouvons nous exprimer ainsi, les moeurs de toutes les classes de la population spirite.

Question : Comment prouver que la puissance occulte qui agit dans les manifestations spirites est en dehors de l'homme ? Ne pourrait-on pas penser qu'elle réside en lui-même, c'est-à-dire qu'il agit sous l'impulsion de son propre Esprit ?

Réponse : " Quand une chose se fait contre ta volonté et ton désir, il est certain que ce n'est pas toi qui la produis ; mais souvent tu es le levier dont l'Esprit se sert pour agir, et ta volonté lui vient en aide ; tu peux être un instrument plus ou moins commode pour lui. "

Remarque. C'est surtout dans les communications intelligentes que l'intervention d'une puissance étrangère devient patente. Lorsque ces communications sont spontanées et en dehors de notre pensée et de notre contrôle, lorsqu'elles répondent à des questions dont la solution est inconnue des assistants, il faut bien en chercher la cause en dehors de nous. Cela, devient évident pour quiconque observe les faits avec attention et persévérance ; les nuances de détail échappent à l'observateur superficiel.

Question : Tous les Esprits sont-ils aptes à donner des manifestations intelligentes ?

Réponse : " Oui, puisque tous les Esprits sont des intelligences ; mais, comme il y en a de tous les degrés, c'est comme parmi vous ; les uns disent des choses insignifiantes ou stupides, les autres des choses sensées. "

Question : Tous les Esprits sont-ils aptes à comprendre les questions qu'on leur pose ?

Réponse : " Non ; les Esprits inférieurs sont incapables de comprendre certaines questions, ce qui ne les empêche pas de répondre bien ou mal ; c'est encore comme parmi vous. "

Remarque. On voit par là combien il est essentiel de se mettre en garde contre la croyance au savoir indéfini des Esprits. Il en est d'eux comme des hommes ; il ne suffit pas d'interroger le premier venu pour avoir une réponse sensée, il faut savoir à qui l'on s'adresse.

Quiconque veut connaître les moeurs d'un peuple doit l'étudier depuis le bas jusqu'au sommet de l'échelle ; n'en voir qu'une classe, c'est s'en faire une idée fausse si l'on juge le tout par la partie. Le peuple des Esprits est comme les nôtres ; il y a de tout, du bon, du mauvais, du sublime, du trivial, du savoir et de l'ignorance. Quiconque ne l'a pas observé en philosophe à tous les degrés ne peut se flatter de le connaître. Les manifestations physiques nous font connaître les Esprits de bas étage ; c'est la rue et la chaumière. Les communications instructives et savantes nous mettent en rapport avec les Esprits élevés ; c'est l'élite de la société : le château, l'institut.

Manifestations physiques..

Nous lisons ce qui suit dans le Spiritualiste de la Nouvelle Orléans du mois de février 1857 :

" Dernièrement nous demandâmes si tous les Esprits indistinctement faisaient mouvoir les tables, produisaient des bruits, etc. ; et aussitôt la main d'une dame, trop sérieuse pour jouer avec ces choses, traça violemment ces mots :

- Qui est-ce qui fait danser les singes dans vos rues ? Sont-ce des hommes supérieurs ?

Un ami, Espagnol de naissance, qui était spiritualiste, et qui mourut l'été dernier, nous a fait diverses communications ; dans l'une d'elles on trouve ce passage :

Les manifestations que vous cherchez ne sont pas au nombre de celles qui plaisent le plus aux Esprits sérieux et élevés. Nous avouerons néanmoins qu'elles ont leur utilité, parce que, plus qu'aucune autre peut-être, elles peuvent servir à convaincre les hommes d'aujourd'hui.

Pour obtenir ces manifestations, il faut nécessairement qu'il se développe certains médiums dont la constitution physique soit en harmonie avec les Esprits qui peuvent les produire. Nul doute que vous n'en voyiez plus tard se développer parmi vous ; et alors ce ne seront plus des petits coups que vous entendrez, mais bien des bruits semblables à un feu roulant de mousqueterie entremêlé de coups de canon. "

" Dans une partie reculée de la ville, se trouve une maison habitée par une famille allemande ; on y entend des bruits étranges, en même temps que certains objets y sont déplacés ; on nous l'a du moins assuré, car nous ne l'avons pas vérifié ; mais pensant que le chef de cette famille pourrait nous être utile, nous l'avons invité à quelques-unes des séances qui ont pour but ce genre de manifestations, et plus tard la femme de ce brave homme n'a pas voulu qu'il continuât à être des nôtres, parce que, nous a dit ce dernier, le tapage s'est accru chez eux. A ce propos, voici ce qui nous a été écrit par la main de Madame ...

" Nous ne pouvons pas empêcher les Esprits imparfaits de faire du bruit ou autres choses gênantes et même effrayantes ; mais le fait d'être en rapport avec nous, qui sommes bien intentionnés, ne peut que diminuer l'influence qu'ils exercent sur le médium dont il est question. "


Nous ferons remarquer la concordance parfaite qui existe entre ce que les Esprits ont dit à la Nouvelle Orléans touchant la source des manifestations physiques et ce qui nous a été dit à nous-même. Rien ne saurait, en effet, peindre cette origine avec plus d'énergie que cette réponse à la fois si spirituelle et si profonde : " Qui est-ce qui fait danser les singes dans vos rues ? sont-ce des hommes supérieurs ? "

Nous aurons occasion de rapporter, d'après les journaux d'Amérique, de nombreux exemples de ces sortes de manifestations, bien autrement extraordinaires que ceux que nous venons de citer. On nous répondra, sans doute, par ce proverbe : " A beau mentir qui vient de loin. " Quand des choses aussi merveilleuses nous viennent de 2,000 lieues, et qu'on n'a pu les vérifier, on conçoit le doute ; mais ces phénomènes ont franchi les mers avec M. Home, qui nous en a donné des échantillons. Il est vrai que M. Home ne s'est pas mis sur un théâtre pour opérer ses prodiges, et que tout le monde, moyennant un prix d'entrée, n'a pu les voir ; c'est pourquoi beaucoup de gens le traitent d'habile prestidigitateur, sans réfléchir que l'élite de la société qui a été témoin de ces phénomènes ne se serait pas bénévolement prêtée à lui servir de compère. Si M. Home avait été un charlatan, il n'aurait eu garde de refuser les offres brillantes de maints établissements publics et aurait ramassé l'or à pleines mains. Son désintéressement est la réponse la plus péremptoire qu'on puisse faire à ses détracteurs. Un charlatanisme désintéressé serait un non-sens et une monstruosité. Nous parlerons plus tard et plus en détail de M. Home et de la mission qui l'a conduit en France. Voici, en attendant, un fait de manifestation spontanée qu'un médecin distingué, digne de toute confiance, nous a rapporté, et qui est d'autant plus authentique que les choses se sont passées à sa connaissance personnelle.

Une famille respectable avait pour bonne une jeune orpheline de quatorze ans dont le bon naturel et la douceur de caractère lui avaient concilié l'affection de ses maîtres. Sur le même carré habitait une autre famille dont la femme avait, on ne sait pourquoi, pris cette jeune fille en grippe, au point qu'il n'est sorte de mauvais procédés dont elle ne fût l'objet. Un jour qu'elle rentrait, la voisine sort en fureur, armée d'un balai, et veut la frapper. Effrayée, elle se précipite contre la porte, veut sonner : malheureusement, le cordon se trouve coupé, et elle ne peut y atteindre ; mais voilà que la sonnette s'agite d'elle-même, et l'on vient ouvrir. Dans son trouble elle ne se rendit point compte de ce qui s'était passé ; mais depuis, la sonnette continua de sonner de temps à autre, sans motif connu, tantôt le jour, tantôt la nuit, et quand on allait voir à la porte on ne trouvait personne. Les voisins du carré furent accusés de jouer ces mauvais tours ; plainte fut portée devant le commissaire de police, qui fit une enquête, chercha si quelque cordon secret communiquait au-dehors, et ne put rien découvrir ; cependant la chose continuait de plus belle au détriment du repos de tout le monde, et surtout de la petite bonne accusée d'être la cause de ce tapage. D'après le conseil qui leur fut donné, les maîtres de la jeune fille se décidèrent à l'éloigner de chez eux, et la placèrent chez des amis à la campagne. Depuis lors la sonnette resta tranquille, et rien de semblable ne se produisit au nouveau domicile de l'orpheline.

Ce fait, comme beaucoup d'autres que nous aurons à relater, ne se passait pas sur les bords du Missouri ou de l'Ohio, mais à Paris, passage des Panoramas. Reste maintenant à l'expliquer. La jeune fille ne touchait pas à la sonnette, c'est positif ; elle était trop terrifiée de ce qui se passait pour songer à une espièglerie dont elle eût été la première victime. Une chose non moins positive, c'est que l'agitation de la sonnette était due à sa présence, puisque l'effet cessa quand elle fut partie. Le médecin qui a été témoin du fait l'explique par une puissante action magnétique exercée par la jeune fille à son insu. Cette raison ne nous paraît nullement concluante, car pourquoi aurait-elle perdu cette puissance après son départ ? Il dit à cela que la terreur inspirée par la présence de la voisine devait produire chez la jeune fille une surexcitation de nature à développer l'action magnétique, et que l'effet cessa avec la cause. Nous avouons n'être point convaincu par ce raisonnement. Si l'intervention d'une puissance occulte n'est pas ici démontrée d'une manière péremptoire, elle est au moins probable, d'après les faits analogues que nous connaissons. Admettant donc cette intervention, nous dirons que dans la circonstance où le fait s'est produit pour la première fois, un Esprit protecteur a probablement voulu faire échapper la jeune fille au danger qu'elle courait ; que, malgré l'affection que ses maîtres avaient pour elle, il était peut-être de son intérêt qu'elle sortit de cette maison ; c'est pourquoi le bruit a continué jusqu'à ce qu'elle en fût partie.

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