Charité et amour du prochain.
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1 - 1857 - Extraits du Livre des Esprits d'Allan Kardec
2 - L'Avarice - Extraits de la Revue spirite février 1858 d'Allan Kardec
3 - La Charité. Par l'Esprit de saint Vincent de Paul. - Extraits de la Revue spirite Août 1858 d'Allan Kardec
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Extraits du Livre des Esprits d'Allan Kardec
886. Quel est le véritable sens du mot charité tel que l'entendait Jésus ?
" Bienveillance pour tout le monde, indulgence pour les imperfections d'autrui, pardon des offenses. "
L'amour et la charité sont le complément de la loi de justice, car aimer son prochain, c'est lui faire tout le bien qui est en notre pouvoir et que nous voudrions qui nous fût fait à nous-mêmes. Tel est le sens des paroles de Jésus : Aimez-vous les uns les autres comme des frères.
La charité, selon Jésus, n'est pas restreinte à l'aumône ; elle embrasse tous les rapports que nous avons avec nos semblables, qu'ils soient nos inférieurs, nos égaux ou nos supérieurs. Elle nous commande l'indulgence, parce que nous en avons besoin nous-mêmes ; elle nous défend d'humilier l'infortune, contrairement à ce qui se pratique trop souvent. Qu'une personne riche se présente, on a pour elle mille égards, mille prévenances ; si elle est pauvre, on semble n'avoir pas besoin de se gêner avec elle. Plus sa position est à plaindre, plus on doit craindre au contraire d'ajouter à son malheur par l'humiliation. L'homme vraiment bon cherche à relever l'inférieur à ses propres yeux, en diminuant la distance.
887. Jésus a dit aussi : Aimez même vos ennemis. Or, l'amour pour nos ennemis n'est-il pas contraire
à nos tendances naturelles, et l'inimitié ne provient-elle pas du défaut de sympathie entre les Esprits ?
" Sans doute on ne peut pas avoir pour ses ennemis un amour tendre et passionné ; ce n'est pas ce qu'il a voulu dire ; aimer ses ennemis, c'est leur pardonner et leur rendre le bien pour le mal ; par là on leur devient supérieur ; par la vengeance on se place au-dessous d'eux. "
888. Que penser de l'aumône ?
" L'homme réduit à demander l'aumône se dégrade au moral et au physique : il s'abrutit. Dans une société basée sur la loi de Dieu et la justice, il doit être pourvu à la vie du faible sans humiliation pour lui. Elle doit assurer l'existence de ceux qui ne peuvent travailler, sans laisser leur vie à la merci du hasard et de la bonne volonté. "
- Est-ce que vous blâmez l'aumône ?
" Non ; ce n'est pas l'aumône qui est blâmable, c'est souvent la manière dont elle est faite. L'homme de bien qui comprend la charité selon Jésus va au-devant du malheureux sans attendre qu'il lui tende la main.
La vraie charité est toujours bonne et bienveillante ; elle est autant dans la manière que dans le fait. Un service rendu avec délicatesse double de prix ; s'il l'est avec hauteur, le besoin peut le faire accepter, mais le coeur en est peu touché.
Souvenez-vous aussi que l'ostentation enlève aux yeux de Dieu le mérite du bienfait. Jésus a dit : Que votre main gauche ignore ce que donne votre main droite ; il vous apprend par là à ne point ternir la charité par l'orgueil.
Il faut distinguer l'aumône proprement dite de la bienfaisance. Le plus nécessiteux n'est pas toujours celui qui demande ; la crainte d'une humiliation retient le vrai pauvre, et souvent il souffre sans se plaindre ; c'est celui-là que l'homme vraiment humain sait aller chercher sans ostentation.
Aimez-vous les uns les autres, c'est toute la loi, loi divine par laquelle Dieu gouverne les mondes. L'amour est la loi d'attraction pour les êtres vivants et organisés ; l'attraction est la loi d'amour pour la matière inorganique.
N'oubliez jamais que l'Esprit, quel que soit son degré d'avancement, sa situation comme réincarnation ou erraticité, est toujours placé entre un supérieur qui le guide et le perfectionne, et un inférieur vis-à-vis duquel il a les mêmes devoirs à remplir. Soyez donc charitables, non seulement de cette charité qui vous porte à tirer de votre bourse l'obole que vous donnez froidement à celui qui ose vous la demander, mais allez au-devant des misères cachées. Soyez indulgents pour les travers de vos semblables ; au lieu de mépriser l'ignorance et le vice, instruisez-les et moralisez-les ; soyez doux et bienveillants pour tout ce qui vous est inférieur ; soyez le même à l'égard des êtres les plus infimes de la création, et vous aurez obéi à la loi de Dieu. "
SAINT VINCENT DE PAUL.
889. N'y a-t-il pas des hommes réduits à la mendicité par leur faute ?
" Sans doute, mais si une bonne éducation morale leur eût appris à pratiquer la loi de Dieu, ils ne tomberaient pas dans les excès qui causent leur perte ; c'est de là surtout que dépend l'amélioration de votre globe. " (707).
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Extraits de la Revue spirite février 1858 d'Allan Kardec
L'avarice.
Dissertation morale dictée par saint Louis à Mlle Ermance Dufaux.
6 janvier 1858.
1.
Toi qui possèdes, écoute-moi. Un jour deux fils d'un même père reçurent chacun un boisseau de blé. L'aîné serra le sien dans un lieu dérobé ;
l'autre rencontra sur son chemin un pauvre qui demandait l'aumône ; il courut à lui, et versa dans le pan de son manteau la moitié du blé qui lui était
échue, puis il continua sa route, et s'en alla semer le reste dans le champ paternel.
Or vers ce temps-là il vint une grande famine, les oiseaux du ciel mouraient sur le bord du chemin. Le frère aîné courut à sa cachette,
mais il n'y trouva que poussière ; le cadet s'en allait tristement contempler son blé séché sur pied, lorsqu'il rencontra le pauvre qu'il avait
assisté. Frère, lui dit le mendiant, j'allais mourir, tu m'as secouru ; maintenant que l'espérance est séchée dans ton coeur, suis-moi. Ton demi-boisseau
a quintuplé entre mes mains ; j'apaiserai ta faim et tu vivras dans l'abondance.
2.
Ecoute-moi, avare ! connais-tu le bonheur ? oui, n'est-ce pas ! Ton oeil brille d'un sombre éclat dans ton orbite que l'avarice a creusé
plus profondément ; tes lèvres se serrent ; ta narine frémit et ton oreille se dresse. Oui, j'entends, c'est le bruit de l'or que ta main caresse en
le versant dans la cachette. Tu dis : C'est là la volupté suprême. Silence ! on vient. Ferme vite. Bien ! que tu es pâle ! ton corps frissonne. Rassure-toi ;
les pas s'éloignent. Ouvre ; regarde encore ton or. Ouvre ; ne tremble pas ; tu es bien seul. Entends-tu ! non, rien ; c'est le vent qui gémit en passant
sur le seuil. Regarde ; que d'or ! plonge à pleines mains : fais sonner le métal ; tu es heureux.
Heureux, toi ! mais la nuit est sans repos et ton sommeil est obsédé de fantômes.
Tu as froid ! approche-toi de la cheminée ; chauffe-toi à ce feu qui pétille si joyeusement. La neige tombe ; le voyageur s'enveloppe frileusement
de son manteau, et le pauvre grelotte sous ses haillons. La flamme du foyer se ralentit ; jette du bois. Mais non ; arrête ! c'est ton or que tu consumes
avec ce bois ; c'est ton or qui brûle.
Tu as faim ! tiens, prends ; rassasie-toi ; tout cela est à toi, tu l'as payé de ton or. De ton or ! cette abondance t'indigne, ce superflu est-il
nécessaire pour soutenir la vie ? non, ce petit morceau de pain suffira ; encore c'est trop. Tes vêtements tombent en lambeaux ; ta maison se lézarde et menace
ruine ; tu souffres du froid et de la faim ; mais que t'importe ! tu as de l'or.
Malheureux ! cet or, la mort t'en séparera. Tu le laisseras sur le bord de la tombe, comme la poussière que le voyageur secoue sur le seuil de la
porte où sa famille bien-aimée l'attend pour fêter son retour.
Ton sang appauvri, vieilli par ta misère volontaire, s'est glacé dans tes veines. Des héritiers avides viennent de jeter ton corps dans un coin
du cimetière ; te voilà face à face avec l'éternité. Misérable ! qu'as-tu fait de cet or qui t'a été confié pour soulager le pauvre ? Entends-tu ces blasphèmes ?
vois-tu ces larmes ! vois-tu ce sang ? Ces blasphèmes sont ceux de la souffrance que tu aurais pu calmer ; ces larmes, tu les as fait couler ; ce sang,
c'est toi qui l'as versé. Tu as horreur de toi ; tu voudrais te fuir et tu ne le peux pas. Tu souffres, damné ! et tu te tords dans ta souffrance.
Souffre ! point de pitié pour toi. Tu n'as point eu d'entrailles pour ton frère malheureux ; qui en aurait pour toi ? Souffre ! souffre ! toujours !
ton supplice n'aura point de fin. Dieu veut, pour te punir, que tu le CROIES ainsi.
Remarque. En écoutant la fin de ces éloquentes et poétiques paroles, nous étions tous surpris d'entendre saint Louis parler de l'éternité des
souffrances, alors que tous les Esprits supérieurs s'accordent à combattre cette croyance, lorsque ces derniers mots : Dieu veut, pour te punir, que tu
le CROIES ainsi, sont venus tout expliquer. Nous les avons reproduits dans les caractères généraux des Esprits du troisième ordre. En effet, plus les
Esprits sont imparfaits, plus leurs idées sont restreintes et circonscrites ; l'avenir est pour eux dans le vague : ils ne le comprennent pas. Ils souffrent ;
leurs souffrances sont longues ; et pour qui souffre longtemps c'est souffrir toujours. Cette pensée même est un châtiment.
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Extraits de la Revue spirite d'Août 1858 d'Allan Kardec
La Charité. Par l'Esprit de saint Vincent de Paul. (Société des études spirites, séance du 8 juin 1858.)
Soyez bons et charitables, c'est la clef des cieux que vous tenez en vos
mains ; tout le bonheur éternel est renfermé dans cette maxime : Aimez-
vous les uns les autres. L'âme ne peut s'élever dans les régions
spirituelles que par le dévouement au prochain ; elle ne trouve de
bonheur et de consolation que dans les élans de la charité ; soyez bons,
soutenez vos frères, laissez de côté cette affreuse plaie de l'égoïsme ; ce
devoir rempli doit vous ouvrir la route du bonheur éternel. Du reste, qui
d'entre vous n'a senti son cœur bondir, sa joie intérieure se dilater par
l'action d'une œuvre charitable ? Vous ne devriez penser qu'à cette sorte
de volupté que procure une bonne action, et vous resteriez toujours dans le chemin du progrès
spirituel. Les exemples ne vous manquent pas ; il n'y a que les bonnes
volontés qui sont rares. Voyez la foule des hommes de bien dont votre
histoire vous rappelle le pieux souvenir. Je vous les citerais par milliers
ceux dont la morale n'avait pour but que d'améliorer votre globe. Le
Christ ne vous a-t-il pas dit tout ce qui concerne ces vertus de charité et
d'amour ? Pourquoi laisse-t-on de côté ses divins enseignements ?
Pourquoi ferme-t-on l'oreille à ses divines paroles, le cœur à toutes ses
douces maximes ? Je voudrais que les lectures évangéliques fussent
faites avec plus d'intérêt personnel ; on délaisse ce livre, on en fait un
mot creux, une lettre close ; on laisse ce code admirable dans l'oubli :
vos maux ne proviennent que de l'abandon volontaire que vous faites de
ce résumé des lois divines. Lisez donc ces pages toutes brûlantes du
dévouement de Jésus, et méditez-les. Je suis honteux moi-même d'oser
vous promettre un travail sur la charité, quand je songe que dans ce livre
vous trouvez tous les enseignements qui doivent vous mener par la main
dans les régions célestes.
Hommes forts, ceignez-vous ; hommes faibles, faites-vous des armes
de votre douceur, de votre foi ; ayez plus de persuasion, plus de
constance dans la propagation de votre nouvelle doctrine ; ce n'est qu'un
encouragement que nous sommes venus vous donner ; ce n'est que pour
stimuler votre zèle et vos vertus que Dieu nous permet de nous
manifester à vous ; mais si on voulait, on n'aurait besoin que de l'aide de
Dieu et de sa propre volonté : les manifestations spirites ne sont faites
que pour les yeux fermés et les cœurs indociles. Il y a parmi vous des
hommes qui ont à remplir des missions d'amour et de charité ; écoutez-
les, exaltez leur voix ; faites resplendir leurs mérites, et vous vous
exalterez vous-mêmes par le désintéressement et par la foi vive dont ils
vous pénétreront.
Les avertissements détaillés seraient très longs à donner sur le besoin
d'élargir le cercle de la charité, et d'y faire participer tous les malheureux
dont les misères sont ignorées, toutes les douleurs que l'on doit aller
trouver dans leurs réduits pour les consoler au nom de cette vertu
divine : la charité. Je vois avec bonheur que des hommes éminents et
puissants aident à ce progrès qui doit relier entre elles toutes les classes
humaines : les heureux et les malheureux. Les malheureux, chose
étrange ! se donnent tous la main et soutiennent leur misère les uns par
les autres. Pourquoi les heureux sont-ils plus tardifs à écouter la voix du
malheureux ? Pourquoi faut-il que ce soit une main puissante et terrestre
qui donne l'élan aux missions charitables ? Pourquoi ne répond-on pas
avec plus d'ardeur à ces appels ? Pourquoi laisse-t-on les misères
entacher, comme à plaisir, le tableau de l'humanité ?
La charité est la vertu fondamentale qui doit soutenir tout l'édifice des
vertus terrestres ; sans elle les autres n'existent pas : point de charité,
point de foi ni d'espérance ; car sans la charité point d'espoir dans un sort
meilleur, pas d'intérêt moral qui nous guide. Sans la charité, point de
foi ; car la foi n'est qu'un pur rayon qui fait briller une âme charitable ;
elle en est la conséquence décisive.
Quand on laissera son cœur s'ouvrir à la prière du premier malheureux
qui vous tend la main ; quand on lui donnera, sans se demander si sa
misère n'est pas feinte, ou son mal dans un vice dont il est cause ; quand
on laissera toute justice entre les mains divines ; quand on laissera le
châtiment des misères menteuses au Créateur ; enfin, lorsqu'on fera la
charité pour le seul bonheur qu'elle procure et sans recherche de son
utilité, alors vous serez les enfants que Dieu aimera et qu'il appellera
vers lui.
La charité est l'ancre éternelle du salut dans tous les globes : c'est la
plus pure émanation du Créateur lui-même ; c'est sa propre vertu qu'il
donne à la créature. Comment voudrait-on méconnaître cette suprême
bonté ? Quel serait, avec cette pensée, le cœur assez pervers pour
refouler et chasser ce sentiment tout divin ? Quel serait l'enfant assez
méchant pour se mutiner contre cette douce caresse : la charité ?
Je n'ose pas parler de ce que j'ai fait, car les Esprits ont aussi la pudeur
de leurs œuvres ; mais je crois l'œuvre que j'ai commencée une de celles
qui doivent le plus contribuer au soulagement de vos semblables. Je vois
souvent des Esprits demander pour mission de continuer mon œuvre ; je
les vois, mes douces et chères sœurs, dans leur pieux et divin ministère ;
je les vois pratiquer la vertu que je vous recommande, avec toute la joie
que procure cette existence de dévouement et de sacrifices ; c'est un
grand bonheur pour moi de voir combien leur caractère est honoré,
combien leur mission est aimée et doucement protégée. Hommes de
bien, de bonne et forte volonté, unissez-vous pour continuer grandement
l'œuvre de propagation de la charité ; vous trouverez la récompense de
cette vertu par son exercice même ; il n'est pas de joie spirituelle qu'elle
ne donne dès la vie présente. Soyez unis ; aimez-vous les uns les autres
selon les préceptes du Christ. Ainsi soit-il.
Nous remercions saint Vincent de Paul de la belle et bonne
communication qu'il a bien voulu nous faire.
- R. Je voudrais qu'elle vous profitât à tous.
Voulez-vous nous permettre quelques questions complémentaires au
sujet de ce que vous venez de nous dire ?
- R. Je le veux bien ; mon but est de vous éclairer ; demandez ce que vous voudrez.
1. La charité peut s'entendre de deux manières : l'aumône proprement
dite, et l'amour de ses semblables. Lorsque vous nous avez dit qu'il faut
laisser son cœur s'ouvrir à la prière du malheureux qui nous tend la main,
sans lui demander si sa misère n'est pas feinte ; n'avez-vous pas voulu
parler de la charité au point de vue de l'aumône ?
- R. Oui, seulement dans ce paragraphe.
2. Vous nous avez dit qu'il faut laisser à la justice de Dieu
l'appréciation de la misère feinte ; il nous semble cependant que donner
sans discernement à des gens qui n'ont pas besoin, ou qui pourraient
gagner leur vie par un travail honorable, c'est encourager le vice et la
paresse. Si les paresseux trouvaient trop facilement la bourse des autres
ouverte, ils se multiplieraient à l'infini au préjudice des véritables
malheureux.
- R. Vous pouvez discerner ceux qui peuvent travailler, et
alors la charité vous oblige à faire tout pour leur procurer du travail ;
mais il y a aussi des pauvres menteurs qui savent simuler adroitement
des misères qu'ils n'ont pas ; c'est pour ceux-là qu'il faut laisser à Dieu
toute justice.
3. Celui qui ne peut donner qu'un sou, et qui a le choix entre deux
malheureux qui lui demandent, n'a-t-il pas raison de s'enquérir de celui
qui a réellement le plus besoin, ou doit-il donner sans examen au premier
venu ?
- R. Il doit donner à celui qui paraît le plus souffrir.
4. Ne peut-on considérer aussi comme faisant partie de la charité la
manière de la faire ?
- R. C'est surtout dans la manière dont on oblige
que la charité est vraiment méritoire ; la bonté est toujours l'indice d'une
belle âme.
5. Quel genre de mérite accordez-vous à ceux qu'on appelle des
bourrus bienfaisants ?
- R. Ils ne font le bien qu'à moitié. On reçoit leurs
bienfaits, mais ils ne touchent pas.
6. Jésus a dit : « Que votre main droite ne sache pas ce que donne votre
main gauche. » Ceux qui donnent par ostentation n'ont-ils aucune espèce
de mérite ?
- R. Ils n'ont que le mérite de l'orgueil, ce dont ils seront punis.
7. La charité chrétienne, dans son acception la plus large, ne
comprend-elle pas aussi la douceur, la bienveillance et l'indulgence pour
les faiblesses d'autrui ?
- R. Imitez Jésus ; il vous a dit tout cela ;
écoutez-le plus que jamais.
8. La charité est-elle bien entendue quand elle est exclusive entre les
gens d'une même opinion ou d'un même parti ?
- R. Non, c'est surtout
l'esprit de secte et de parti qu'il faut abolir, car tous les hommes sont
frères. C'est sur cette question que nous concentrons nos efforts.
9. Je suppose un individu qui voit deux hommes en danger ; il n'en peut
sauver qu'un seul, mais l'un est son ami et l'autre son ennemi ; lequel doit-
il sauver ?
- R. Il doit sauver son ami, parce que cet ami pourrait réclamer
de celui qu'il croit l'aimer ; quant à l'autre, Dieu s'en charge.