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1 - Questions n°154 à 162 - Extraits du Livre des Esprits d'Allan Kardec
2 - Un Esprit au convoi de son corps - Extrait de la Revue Spirite de Décembre 1858 d'Allan Kardec
3 - L'Assassin Lemaire. - Extrait de la Revue Spirite de Mars 1858 d'Allan Kardec
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Extraits du Livre des Esprits d'Allan Kardec
154. La séparation de l'âme et du corps est-elle douloureuse ?
" Non, le corps souffre souvent plus pendant la vie qu'au moment de la mort : l'âme n'y est pour rien. Les
souffrances que l'on éprouve quelquefois au moment de la mort sont une jouissance pour l'Esprit, qui voit
arriver le terme de son exil. "
Dans la mort naturelle, celle qui arrive par l'épuisement des organes à la suite de l'âge, l'homme quitte la
vie sans s'en apercevoir : c'est une lampe qui s'éteint faute d'aliment.
155. Comment s'opère la séparation de l'âme et du corps ?
" Les liens qui la retenaient étant rompus, elle se dégage. "
- La séparation s'opère-t-elle instantanément et par une brusque transition ? Y a-t-il une ligne de
démarcation nettement tranchée entre la vie et la mort ?
" Non, l'âme se dégage graduellement et ne s'échappe pas comme un oiseau captif rendu subitement à la liberté.
Ces deux états se touchent et se confondent ; ainsi l'Esprit se dégage peu à peu de ses liens : ils se dénouent
et ne se brisent pas. "
Pendant la vie, l'Esprit tient au corps par son enveloppe semi-matérielle ou périsprit ; la mort est la
destruction du corps seul et non de cette seconde enveloppe qui se sépare du corps, quand cesse en celui-ci
la vie organique. L'observation prouve qu'à l'instant de la mort le dégagement du périsprit n'est pas
subitement complet ; il ne s'opère que graduellement et avec une lenteur très variable selon les individus ;
chez les uns, il est assez prompt, et l'on peut dire que le moment de la mort est celui de la délivrance, à
quelques heures près ; mais chez d'autres, ceux surtout dont la vie a été toute matérielle et sensuelle, le
dégagement est beaucoup moins rapide et dure quelquefois des jours, des semaines et même des mois, ce qui
n'implique pas dans le corps la moindre vitalité, ni la possibilité d'un retour à la vie, mais une simple
affinité entre le corps et l'Esprit, affinité qui est toujours en raison de la prépondérance que, pendant la
vie, l'Esprit a donnée à la matière. Il est rationnel de concevoir, en effet, que plus l'Esprit s'est identifié
avec la matière, plus il a de peine à s'en séparer ; tandis que l'activité intellectuelle et morale,
l'élévation des pensées, opèrent un commencement de dégagement même pendant la vie du corps et, quand arrive
la mort, il est presque instantané. Tel est le résultat des études faites sur tous les individus observés au
moment de la mort. Ces observations prouvent encore que l'affinité qui, chez certains individus, persiste
entre l'âme et le corps, est quelquefois très pénible, car l'Esprit peut éprouver l'horreur de la décomposition.
Ce cas est exceptionnel et particulier à certains genres de vie et à certains genres de mort ; il se présente
chez quelques suicidés.
156. La séparation définitive de l'âme et du corps peut-elle avoir lieu avant la cessation complète de la vie
organique ?
" Dans l'agonie, l'âme a déjà quelquefois quitté le corps : il n'y a plus que la vie organique. L'homme n'a
plus la conscience de lui-même, et pourtant il lui reste encore un souffle de vie. Le corps est une machine
que le coeur fait mouvoir ; il existe tant que le coeur fait circuler le sang dans les veines, et n'a pas besoin
de l'âme pour cela. "
157. Au moment de la mort, l'âme a-t-elle quelquefois une aspiration ou extase qui lui fait entrevoir le monde
où elle va rentrer ?
" Souvent l'âme sent se briser les liens qui l'attachent au corps ; elle fait alors tous ses efforts pour les
rompre entièrement. Déjà en partie dégagée de la matière, elle voit l'avenir se dérouler devant elle et jouit,
par anticipation, de l'état d'Esprit. "
158. L'exemple de la chenille qui, d'abord, rampe sur la terre, puis s'enferme dans sa chrysalide sous une mort
apparente pour renaître d'une existence brillante, peut-il nous donner une idée de la vie terrestre, puis du
tombeau, et enfin de notre nouvelle existence ?
" Une idée en petit. La figure est bonne ; il ne faudrait cependant pas la prendre à la lettre, comme cela vous
arrive souvent. "
159.
Quelle sensation éprouve l'âme au moment où elle se reconnaît dans le monde des Esprits ?
" Cela dépend ; si tu as fait le mal avec le désir de le faire, tu te trouves au premier moment tout honteux
de l'avoir fait. Pour le juste, c'est bien différent : elle est comme soulagée d'un grand poids, car elle ne
craint aucun regard scrutateur. "
160. L'Esprit retrouve-t-il immédiatement ceux qu'il a connus sur la terre et qui sont morts avant lui ?
" Oui selon l'affection qu'il avait pour eux et celle qu'ils avaient pour lui ; souvent, ils viennent le
recevoir à sa rentrée dans le monde des Esprits, et ils aident à le dégager des langes de la matière ; comme
aussi il en est beaucoup qu'il retrouve et qu'il avait perdus de vue pendant son séjour sur la terre ; il voit
ceux qui sont errants ; ceux qui sont incarnés, il va les visiter. "
161. Dans la mort violente et accidentelle, alors que les organes n'ont point encore été affaiblis par l'âge
ou les maladies, la séparation de l'âme et la cessation de la vie ont-elles lieu simultanément ?
" Il en est généralement ainsi, mais dans tous les cas l'instant qui les sépare est très court. "
162. Après la décapitation, par exemple, l'homme conserve-t-il pendant quelques instants la conscience de
lui-même ?
" Souvent il la conserve pendant quelques minutes jusqu'à ce que la vie organique soit complètement éteinte.
Mais souvent aussi l'appréhension de la mort lui a fait perdre cette conscience avant l'instant du supplice.
"
Il n'est ici question que de la conscience que le supplicié peut avoir de lui-même, comme homme et par
l'intermédiaire des organes, et non comme Esprit. S'il n'a pas perdu cette conscience avant le supplice,
il peut donc la conserver quelques instants, mais qui sont de très courte durée, et elle cesse nécessairement
avec la vie organique du cerveau, ce qui n'implique pas, pour cela, que le périsprit soit entièrement dégagé
du corps, au contraire ; dans tous les cas de mort violente, quand elle n'est pas amenée par l'extinction
graduelle des forces vitales, les liens qui unissent le corps au périsprit sont plus tenaces, et le dégagement
complet est plus lent.
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Un Esprit au convoi de son corps - Extrait de la Revue Spirite de Décembre 1858 d'Allan Kardec
Etat de l'âme au moment de la mort.
Les Esprits nous ont toujours dit que la séparation de l'âme et du corps ne se fait pas instantanément ; elle commence quelquefois avant la mort réelle pendant l'agonie ; quand la dernière pulsation s'est fait sentir, le dégagement n'est pas encore complet ; il s'opère plus ou moins lentement selon les circonstances, et jusqu'à son entière délivrance l'âme éprouve un trouble, une confusion qui ne lui permettent pas de se rendre compte de sa situation ; elle est dans l'état d'une personne qui s'éveille et dont les idées sont confuses. Cet état n'a rien de pénible pour l'homme dont la conscience est pure ; sans trop s'expliquer ce qu'il voit, il est calme et attend sans crainte le réveil complet ; il est au contraire plein d'angoisses et de terreur pour celui qui redoute l'avenir. La durée de ce trouble, disons-nous, est variable ; elle est beaucoup moins longue chez celui qui, pendant sa vie, a déjà élevé ses pensées et purifié son âme ; deux ou trois jours lui suffisent, tandis que chez d'autres il en faut quelquefois huit et plus. Nous avons souvent assisté à ce moment solennel, et toujours nous avons vu la même chose ; ce n'est donc pas une théorie, mais un résultat d'observations, puisque c'est l'Esprit qui parle et qui peint sa propre situation. En voici un exemple d'autant plus caractéristique et d'autant plus intéressant pour l'observateur qu'il ne s'agit plus d'un Esprit invisible écrivant par un médium, mais bien d'un Esprit vu et entendu en présence de son corps, soit dans la chambre mortuaire, soit dans l'église pendant le service funèbre.
M. X... venait d'être frappé d'une attaque d'apoplexie ; quelques heures après sa mort, M. Adrien, un de ses amis, se trouvait dans sa chambre avec la femme du défunt ; il vit distinctement l'Esprit de celui-ci se promener de long en large, regarder alternativement son corps et les personnes présentes, puis s'asseoir dans un fauteuil ; il avait exactement la même apparence que de son vivant ; il était vêtu de même, redingote noire, pantalon noir ; il avait les mains dans ses poches et l'air soucieux.
Pendant ce temps, sa femme cherchait un papier dans le secrétaire, son mari la regarde et dit : Tu as beau chercher, tu ne trouveras rien. Elle ne se doutait nullement de ce qui se passait, car M. X... n'était visible que pour M. Adrien.
Le lendemain, pendant le service funèbre, M. Adrien vit de nouveau l'Esprit de son ami errer à côté du cercueil, mais il n'avait plus le costume de la veille ; il était enveloppé d'une sorte de draperie. La conversation suivante s'engagea entre eux. Remarquons, en passant, que M. Adrien n'est point somnambule ; qu'à ce moment, comme le jour précédent, il était parfaitement éveillé, et que l'Esprit lui apparaissait comme s'il eut été un des assistants au convoi.
- D. Dis-moi un peu, cher Esprit, que ressens-tu maintenant. - R. Du bien et de la souffrance. - D. Je ne comprends pas cela. - R. Je sens que je suis vivant de ma véritable vie, et cependant je vois mon corps ici, dans cette boite ; je me palpe et ne me sens pas, et cependant je sens que je vis, que j'existe ; je suis donc deux êtres ? Ah ! laissez-moi me tirer de cette nuit, j'ai le cauchemar.
- D. En avez-vous pour longtemps à rester ainsi ? - R. Oh ! non ; Dieu merci, mon ami ; je sens que je me réveillerai bientôt ; ce serait horrible autrement ; j'ai les idées confuses ; tout est brouillard ; songe à la grande division qui vient de se faire... je n'y comprends encore rien.
- D. Quel effet vous fit la mort ? - R. La mort ! je ne suis pas mort, mon enfant, tu te trompes. Je me levais et fus frappé tout d'un coup par un brouillard qui me descendit sur les yeux ; puis, je me réveillai, et juge de mon étonnement, de me voir, de me sentir vivant, et de voir à côté, sur le carreau, mon autre ego couché. Mes idées étaient confuses ; j'errais pour me remettre, mais je ne pus ; je vis ma femme venir, me veiller, se lamenter, et je me demandais pourquoi ? Je la consolais, je lui parlais, et elle ne me répondait ni ne me comprenait ; c'est là ce qui me torturait et rendait mon Esprit plus troublé. Toi seul m'as fait du bien, car tu m'as entendu et tu comprends ce que je veux ; tu m'aides à débrouiller mes idées, et tu me fais grand bien ; mais pourquoi les autres ne font-ils pas de même ? Voilà ce qui me torture... Le cerveau est écrasé devant cette douleur... Je m'en vais la voir, peut-être m'entendra-t-elle maintenant... Au revoir, cher ami ; appelle-moi et j'irai te voir... Je te ferai même visite en ami... Je te surprendrai... au revoir.
M. Adrien le vit ensuite aller près de son fils qui pleurait : il se pencha vers lui, resta un moment dans cette situation et partit rapidement. Il n'avait pas été entendu, et se figurait sans doute produire un son ; moi, je suis persuadé, ajoute M. Adrien, que ce qu'il disait arrivait au coeur de l'enfant ; je vous prouverai cela. Je l'ai revu depuis, il est plus calme.
Remarque. Ce récit est d'accord avec tout ce que nous avions déjà observé sur le phénomène de la séparation de l'âme ; il confirme avec des circonstances toutes spéciales, cette vérité qu'après la mort, l'Esprit est encore là présent. On croit n'avoir devant soi qu'un corps inerte, tandis qu'il voit et entend tout ce qui se passe autour de lui, qu'il pénètre la pensée des assistants, qu'il n'y a entre eux et lui que la différence de la visibilité et de l'invisibilité ; les pleurs hypocrites d'avides héritiers ne peuvent lui en imposer. Que de déceptions les Esprits doivent éprouver à ce moment !
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L'Assassin Lemaire. - Extrait de la Revue Spirite de Mars 1858 d'Allan Kardec
Condamné par la Cour d'assises de l'Aisne à la peine de mort et exécuté le 31 décembre 1857, évoqué le 29 janvier 1858.
1. Je prie Dieu tout-puissant de permettre à l'assassin Lemaire, exécuté le 31 décembre 1857, de venir parmi nous.
- Rép. Je suis là.
2. Comment se fait-il que tu sois venu si promptement à notre appel ?
- Rép. Rachel l'a dit .
3. Quel sentiment éprouves-tu à notre vue ?
- Rép. La honte.
4. Comment une jeune fille, douce comme un agneau, peut-elle servir d'intermédiaire à un être sanguinaire comme toi ?
- Rép. Dieu l'a permis.
5. As-tu conservé toute ta connaissance jusqu'au dernier moment ?
- Rép. Oui.
6. Et immédiatement après ton exécution, as-tu eu la conscience de ta nouvelle existence ?
- Rép. J'étais plongé dans un trouble immense dont
je ne suis pas encore sorti. J'ai senti une immense douleur ; il m'a semblé que mon coeur la souffrait. J'ai vu je ne sais quoi rouler au pied de
l'échafaud ; j'ai vu du sang couler, et ma douleur n'en est devenue que plus poignante.
7. Etait-ce une douleur purement physique, analogue à celle qui serait causée par une grave blessure : par
l'amputation d'un membre, par exemple ?
- Rép. Non ; figure-toi un remords, une grande douleur morale.
8. Quand as-tu commencé à ressentir cette douleur ?
- Rép. Dès que j'ai été libre.
9. La douleur physique causée par le supplice était-elle ressentie par le corps ou par l'Esprit ?
- Rép. La douleur morale était dans mon
esprit ; le corps a ressenti la douleur physique ; mais l'Esprit séparé s'en ressentait encore.
10. As-tu vu ton corps mutilé ?
- Rép. J'ai vu je ne sais quoi d'informe qu'il me semblait n'avoir pas quitté ; cependant je me sentais
encore entier : j'étais moi-même.
11. Quelle impression cette vue a-t-elle faite sur toi ?
- Rép. Je sentais trop ma douleur ; j'étais perdu en elle.
12. Est-il vrai que le corps vive encore quelques instants après la décapitation, et que le supplicié ait la
conscience de ses idées ?
- Rép. L'Esprit se retire peu à peu ; plus les liens de la matière l'enlacent, moins la séparation est prompte.
13. Combien de temps cela dure-t-il ?
- Rép. Plus ou moins. (Voir la réponse précédente.)
14. On dit avoir remarqué sur la figure de certains suppliciés l'expression de la colère, et des mouvements
comme s'ils voulaient parler ; est-ce l'effet d'une contraction nerveuse, ou bien la volonté y avait-elle part ?
- Rép. La volonté ; car l'Esprit ne s'en était pas encore retiré.
15. Quel est le premier sentiment que tu as éprouvé en entrant dans ta nouvelle existence ?
- Rép. Une intolérable souffrance ; une sorte de remords poignant dont j'ignorais la cause.
16. T'es-tu trouvé réuni à tes complices exécutés en même temps que toi ?
- Rép. Pour notre malheur ; notre vue est un supplice continuel ; chacun de nous reproche à l'autre son crime.
17. Rencontres-tu tes victimes ?
- Rép. Je les vois... elles sont heureuses... leur regard me poursuit... je le sens qui plonge jusqu'au fond
de mon être... en vain je veux le fuir.
18. Quel sentiment éprouves-tu à leur vue ?
- Rép. La honte et le remords. Je les ai élevées de mes propres mains, et je les hais encore.
19. Quel sentiment éprouvent-elles à ta vue ?
- Rép. La pitié !
20. Ont-elles de la haine et le désir de la vengeance ?
- Rép. Non ; leurs voeux appellent pour moi l'expiation. Vous ne sauriez sentir
quel horrible supplice de tout devoir à qui l'on hait.
21. Regrettes-tu la vie terrestre ?
- Rép. Je ne regrette que mes crimes ; si l'événement était encore dans mes mains, je ne succomberais plus.
22. Comment as-tu été conduit à la vie criminelle que tu as menée ?
- Rép. Ecoute ! Je me suis cru fort ; j'ai choisi une rude épreuve ;
j'ai cédé aux tentations du mal.
23. Le penchant au crime était-il dans ta nature, ou bien as-tu été entraîné par le milieu dans lequel tu as vécu ?
- Rép. Le penchant au
crime était dans ma nature, car je n'étais qu'un Esprit inférieur. J'ai voulu m'élever promptement, mais j'ai demandé plus que mes forces.
24. Si tu avais reçu de bons principes d'éducation, aurais-tu pu être détourné de la vie criminelle ?
- Rép. Oui ; mais j'ai choisi la
position où je suis né.
25. Aurais-tu pu faire un homme de bien ?
- Rép. Un homme faible, incapable du bien comme du mal. Je pouvais paralyser le mal de ma nature
pendant mon existence, mais je ne pouvais m'élever jusqu'à faire le bien.
26. De ton vivant croyais-tu en Dieu ?
- Rép. Non.
27. On dit qu'au moment de mourir tu t'es repenti ; est-ce vrai ?
- Rép. J'ai cru à un Dieu vengeur... j'ai eu peur de sa justice.
28. En ce moment ton repentir est-il plus sincère ?
- Rép. Hélas ! je vois ce que j'ai fait.
29. Que penses-tu de Dieu maintenant ?
- Rép. Je le sens et ne le comprends pas.
30. Trouves-tu juste le châtiment qui t'a été infligé sur la terre ?
- Rép. Oui.
31. Espères-tu obtenir le pardon de tes crimes ?
- Rép. Je ne sais.
32. Comment espères-tu racheter tes crimes ?
- Rép. Par de nouvelles épreuves ; mais il me semble que l'Eternité est entre elles et moi.
33. Ces épreuves s'accompliront-elles sur la terre ou dans un autre monde ?
- Rép. Je ne sais pas.
34. Comment pourras-tu expier tes fautes passées dans une nouvelle existence si tu n'en as pas le souvenir ?
- Rép. J'en aurai la prescience.
35. Où es-tu maintenant ?
- Rép. Je suis dans ma souffrance.
36. Je demande dans quel lieu tu es ?
- Rép. Près d'Ermance.
37. Es-tu réincarné ou errant ?
- Rép. Errant ; si j'étais réincarné, j'aurais l'espoir. J'ai dit : l'Eternité me semble entre l'expiation et moi.
38. Puisque tu es ici, si nous pouvions te voir, sous quelle forme nous apparaîtrais-tu ?
- Rép. Sous ma forme corporelle, ma tête séparée du tronc.
39. Pourrais-tu nous apparaître ?
- Rép. Non ; laissez-moi.
40. Voudrais-tu nous dire comment tu t'es évadé de la prison de Montdidier ?
- Rép. Je ne sais plus... Ma souffrance est si grande que je n'ai
plus que le souvenir du crime... Laissez-moi.
41. Pourrions-nous apporter quelque soulagement à tes souffrances ?
- Rép. Faites des voeux pour que l'expiation arrive.
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