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Préface de Roger PEREZ, Président de l'Union Spirite Française et Francophone (U.S.F.F.) :
L’Union Spirite Française et Francophone se fait un scrupule de préfacer la nouvelle
édition de « Jeanne d’Arc par elle-même », obtenue grâce à une jeune fille de 14 ans : Ermance
Dufaux.
La précoce médiumnité de cette médium fut observée et contrôlée par Allan Kardec,
lequel écrivait dans la Revue Spirite de mars 1858 :
« En parlant de l’histoire de Jeanne d’Arc, dictée par elle-même, nous avons dit que Mlle
Dufaux avait écrit de la même manière l’histoire de Louis XI. Ce travail, l’un des plus complets
en ce genre, contient des documents précieux au point de vue historique.
Au point de vue spirite, c’est l’un des plus curieux échantillons des travaux de longue
haleine produits par les Esprits. A cet égard, la rapidité de l’exécution (quinze jours on suffit pour
dicter ce récit) ; secondement, le souvenir précis qu’un Esprit peut conserver des événements de
la vie terrestre. A ceux qui douteraient de l’origine de ce travail et en feraient honneur à la
mémoire de Mlle Dufaux, nous répondons qu’il faudrait en effet d’une enfant de 14 ans une
mémoire bien phénoménale, d’un talent d’une précocité non moins extraordinaire, pour écrire
d’un seul trait un ouvrage de cette nature ; mais à supposer que cela fût, nous demandons où cette
enfant aurait puisé les explications inédites de cette fabuleuse épopée. Des diverses histoires
écrites par son entremise, celle de Jeanne d’Arc est la seule qui ait été publiée. Nous faisons des
vœux pour que les autres le soient bientôt et nous leur prédisons un succès d’autant plus grand
que les idées spirites sont aujourd’hui infiniment répandues. »
Il faut donc considérer que la dictée reçue par Ermance Dufaux est une des ces
nombreuses interventions de l’au-delà au cours de notre longue histoire française. Ce qui veut
dire aussi que jamais notre humanité n’est restée sans direction, sans point de repères. C’est dans
tous les temps et dans tous les pays que l’on retrouve sous différents aspects le souvenir ou les
traces incontestables de ces interventions. C’est un constat plus qu’une loi que d’observer ce
genre de faits, car c’est en général dans la seconde moitié de chaque siècle que se manifestent le
plus clairement ces bienveillantes interventions des guides invisibles qui président à nos
destinées.
La sublime Jeanne d’Arc qu’auréolent nos souvenirs de sympathie douloureuse et de
profonde reconnaissance, a sans aucun doute été une déléguée autorisée par Dieu à se manifester
du monde spirituel aux hommes de notre terre.
Quant à Ermance Defaux, son travail médiumnique fut à l’aube des capacités de sa faculté
hors du commun. Qu’une adolescente sans presque aucune connaissance en histoire de France, ni
encore bien moins capable de formuler des critiques ou des jugements philosophiques, puisse
écrire avec tant d’inédits la vie de Jeanne d’Arc, cela relève soit de la supercherie, soit du mystère
du miracle.
Il y a dans ce fait ni l’une ni l’autre de ces hypothèses, mais une simple corrélation avec
l’avènement prodigieux du Spiritisme, de son but unique, son but sacré : Donner aux hommes des
vérités nouvelles, afin de les aider à s’améliorer, pour que leur destinée soit de plus en plus
heureuse dans la paix et la félicité divine…
L’étoile de vérité brille aux célestes sommets bien au-dessus de notre humanité, et les
sentiers qui y conduisent sont ardus et difficiles. Mais qu’importe puisque l’homme, de par la
miséricorde divine sera toujours éclairé par les signes du passé, du présent et du futur.
Jeanne est le symbole vivant de la miséricorde divine, de l’abnégation et du sacrifice.
Nous ne doutons pas que ce récit, dictée par elle-même, ne pénètre dans l’intelligence du cœur
des lecteurs de par son origine médiumnique, grâce aux facultés d’une humble jeune fille.
Ce récit établit une relation avec le fait historique tant dans sa précision chronologique
que de par l’union permanente du médium avec l’esprit de l’héroïque Jeanne d’Arc, en raison de
l’accomplissement de sa sublime mission terrestre.
Jésus le Christ disait selon des exégètes : Si j’ai mal parlé, montrez-moi en quoi j’ai erré ».
Jeanne a bien parlé, et elle n’a en aucun point, à aucun moment erré, car les voix de ses guides
invisibles l’ont toujours aidée jusqu’au stade ultime et sublime de sa mission, comme l’a fait pour
sa part le maître de Galilée au regard du géomètre du monde, éternellement agissant pour le
bonheur de ses créatures…
La vie de Jeanne d’Arc dictée par elle-même est la démonstration de l’harmonie qui
préside aux actions quotidiennes des hommes comme des peuples avec le monde invisible,
laquelle maintient l’ordre établi par l’unité et la puissance du créateur et de sa loi de justice, de
bonté, de charité.
Jeanne, par intermédiaire de la jeune médium Ermance Dufaux, a réalisé son testament
spirituel unique en vérité et en amour pour le genre humain afin que ce dernier ne puisse retomber
dans les horreurs du passé, comme du présent, afin que l’avenir nous garde des fausses vérités.
Pour elle, chercher Dieu est d’un effet efficient dans tout ce que la nature a de vie et d’action.
Cherchons-le donc comme Jeanne le cherchait et arrivait à entendre ses voix, pour lui montrer
que jamais rien de ce qu’Il fait n’est inutile. Il a été donné, nous disent les Esprits instructeurs, à
ceux qui cherchent la vérité, le pouvoir de soulever le voile des mystères. Jeanne serait encore un
mystère si elle n’avait soulevé de par sa mission le voile du mystère de son incarnation.
Ne pensait-elle pas que :
Les cieux pour les mortels sont un livre entrouvert
Ligne à ligne, à leurs yeux, par la nature offert
Nous ne saurions dans cette préface négliger ce qu’a écrit Léon Denis dans son livre
magistral « Jeanne d’Arc médium » : « la mission de Jeanne d’Arc est une des plus belles qui
s’offre aux recherches du penseur. Captivante entre toutes, c’est ce caractère admirable où
s’unissent et se fondent les qualités en apparence les forces les plus contradictoires : la force et la
douceur, l’énergie et la tendresse, la prévoyance, la sagacité, l’esprit vif ingénieux, pénétrant, qui
sait en peu de mots, nets et précis, trancher les questions les plus difficiles, les situations les plus
ambiguës. »
L’Union Spirite Française et Francophone remercie la maison d’édition dirigée par
Philippe Hénault d’avoir judicieusement choisi comme grande première de faire rééditer ce livre
que beaucoup de spirites, et à fortiori les non spirites, ignoraient jusqu’alors.
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C'est une question que l'on nous a bien souvent posée, de savoir si les
Esprits, qui répondent avec plus ou moins de précision aux demandes qu'on
leur adresse, pourraient faire un travail de longue haleine. La preuve en est
dans l'ouvrage dont nous parlons ; car ici ce n'est plus une série de
demandes et de réponses, c'est une narration complète et suivie comme
aurait pu le faire un historien, et contenant une foule de détails peu ou point
connus sur la vie de l'héroïne. A ceux qui pourraient croire que
mademoiselle Dufaux s'est inspirée de ses connaissances personnelles,
nous répondrions qu'elle a écrit ce livre à l'âge de quatorze ans ; qu'elle
avait reçu l'instruction que reçoivent toutes les jeunes personnes de bonne
famille, élevées avec soin, mais qu'eût-elle une mémoire phénoménale, ce
n'est pas dans les livres classiques qu'on peut puiser des documents intimes
que l'on trouverait peut-être difficilement dans les archives du temps. Les
incrédules, nous le savons, auront toujours mille objections à faire ; mais
pour nous, qui avons vu le médium à l'œuvre, l'origine du livre ne saurait
faire aucun doute.
Bien que la faculté de mademoiselle Dufaux se prête à l'évocation de tout
Esprit quelconque, ce dont nous avons acquis la preuve par nous-même
dans les communications personnelles qu'elle nous a transmises, sa
spécialité est l'histoire. Elle a écrit de la même manière celle de Louis XI et
celle de Charles VIII, qui seront publiées comme celle de Jeanne d'Arc. Il
s'est présenté chez elle un phénomène assez curieux. Elle était, dans le
principe, très bon médium psychographe, écrivant avec une grande facilité ;
peu à peu elle est devenue médium parlant, et à mesure que cette nouvelle
faculté s'est développée, la première s'est affaiblie ; aujourd'hui elle écrit
peu ou très difficilement ; mais ce qu'il y a de bizarre, c'est qu'en parlant
elle a besoin d'avoir un crayon à la main faisant le simulacre d'écrire ; il
faut une tierce personne pour recueillir ses paroles, comme celles de la
Sibylle. De même que tous les médiums favorisés des bons Esprits, elle n'a
jamais eu que des communications d'un ordre élevé.
Nous aurons occasion de revenir sur l'histoire de Jeanne d'Arc pour
expliquer les faits de sa vie relatifs à ses rapports avec le monde invisible,
et nous citerons ce qu'elle a dicté à son interprète de plus remarquable à ce
sujet. (1 vol. in-12, 3 fr.; Dentu, Palais-Royal.)
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