Avec ses légendes, ses décors figurés et ses monuments religieux inspirés par les dieux et les héros, le riche
patrimoine de la Grèce antique a profondément influencé la culture occidentale. Les Romains déjà le copient et,
après un moment d'oubli durant le haut Moyen Age, la Renaissance le redécouvre ; nous n'avons cessé depuis d'admirer,
d'adopter et d'adapter le legs de la mythologie grecque.
Dans le monde grec antique - qui s'étendait de l'Italie du Sud aux rives de l'Asie Mineure et englobait toutes les
ïles de l'Adriatique et de la mer Egée - chaque ville avait ses propres mythes, ses héros et ses fêtes religieuses.
Cette diversité ne facilité guère l'étude de la mythologie grecque car les innombrables biographies des grandes
divinités apparaissent souvent contradictoires, même dans leurs composantes fondamentales. En revanche, tous les
Grecs participaient à des cultes communs et à des festivités comme les Jeux Olympiques, tandis que des sanctuaires
étaient dédiés à des héros comme Héraclès à travers tout le monde grec. Les épopées d'Homère figuraient parmi la
multitude de légendes et d'oeuvres littéraires connues de la totalité du monde hellénique. L'élaboration dèun tronc
commun de mythes, familiers à tous, entretenait entre les cités-Etats un sentiment d'appartenance à une même communauté,
les opposant aux "barbares" dont elles se considéraient entourées. Les mythes grecs les plus connus aujourd'hui sont
issus pour la plupart de cette forme canonique de la mythologie.
Bien que les origines des croyances religieuses de la Grèce antique soient assez obscures, le panthéon grec s'était déjà
constitué vers 750 av. J.-C. Ses principaux personnages jouent un rôle important dans l'Iliade et l'Odyssée, les grandes
épopées d'Homère. Probablement composées à cette époque, elles révèlent en effet une très longue tradition
poétique.
Les Grecs croyaient que leur vie et leur destin étaient régis par de nombreuses divinités, dont les plus importantes,
les Olympiens, résidaient sur le mont Olympe. Une statue du dieu Hermès ornait parfois la porte de la maison grecque
tandis que le foyer était consacré à Hestia. Les héros, souvent issus de l'union d'un dieu et d'une mortelle, étaient
vénérés à l'égal des éternels, pouvant intercéder en faveur des humains. Leur bravoure et leur noblesse étaient
considérées comme exemplaires et leurs combats contre les monstres fournirent à la littérature et à l'art des thèmes
populaires. De nombreux Etats prétendaient avoir été fondés par une divinité ou un héros protecteur, légitimant cette
origine en recourant au mythe ; ainsi la fondation d'Athènes opposa dans un concours Athéna et Poséidon. Les familles
nobles renvendiquaient souvent un héros comme ancêtre, un des Argonautes par exemple.
Un culte était aussi rendu à des divinités allégoriques comme la "Justice" et la "Jeunesse". Les Grecs redoutaient par
contre d'être victimes des forces des ténèbres comme les Furies ou la magicienne Hécate.
C'est aux Olympiens qu'étaient rendus les cultes les plus populaires et les plus répandus. Les rites religieux se
déroulaient dans des sanctuaires consacrés à la divinité dont la statue était abritée par un temple, qui constituait
le centre du sanctuaire. Les prêtres procédaient aux sacrifices sur un autel en plein air, devant le temple, sous le
regard des fidèles parfois groupés sous une stoa (portique), puis ils mangeaient la viande rôtie de l'animal sacrifié.
Les offrandes votives, déposées autour du temple et sur les marches, comprenaient des statues de bronze, de marbre et,
pour les plus modestes, de terre cuite. Des offrandes étaient faites également aux autres dieux ou demi-dieux, comme
les héros, dans une multitude de sanctuaires et autels particuliers.
Les temples étaient des lieux publics privilégiés où s'exprimait la culture de l'Etat. Leurs frises et leurs frontons
représentaient souvent des combats mythiques entre les forces de la civilisation, la cité-Etat et les Olympiens, et les
forces du mal et de la barbarie, figurées par les géants et les monstres. Au Vème siècle av. J.-C., les Athéniens avaient
institué deux pratiques pour la narration manifestation grandiose permettant à 16 000 citoyens d'assister à des tragédies
fondées le plus souvent sur des mythes et des légendes. La poésie, notamment celle d'Homère et d'Hésiode, était récitée
en public par des aèdes professionnels, les rhapsodes. L'Iliade et l'Odyssée étaient déclamées intégralement lors des
Grandes Panathénées. Des poèmes qui faisaient revivre des mythes étaient commandés pour être récités en public lors de
la célébration d'événements comme la victoire d'un citoyen aux Jeux Olympiques.
L'éducation et la vie intellectuelle étaient fondées sur la mythologie. Quant aux mythes racontés par Homère et Hésiode,
ils étaient au coeur de l'enseignement primaire. A partir du Vème siècle av. J.-C., les mythes furent un sujet de
discussion pour les philosophes, les savants et les historiens.
De nombreux mythes évoquaient le commencement du monde, aucune version n'étant universellement acceptée. Le récit le
plus complet et le plus répandu est celui du poète Hésiode dans sa Théogonie, au VIIIème siècle av. J.-C. Il fut le
premier à tenter d'établir une généalogie des dieux grecs à partir des nombreuses croyances populaires de l'époque.
Dans cet ouvrage qui est à la fois cosmogonie et théogonie, il fait remonter l'ascendance détaillée des dieux de
l'Olympe à la création du monde à partir du Chaos. Une autre version de l'origine de l'univers est donnée par les
disciples d'un culte mystique appelé l'Orphisme. Plus abstrait et plus philosophique que celui d'Hésiode, leur récit
séduisit beaucoup moins le peuple. Il commence par Cronos (le Temps) accompagné d'Adrasté (la Nécessité). De Cronos
procèdent l'Ether, l'Erèbe et le Chaos (le Fluide régnant au-dessus de l'atmosphère, les Ténèbres et le Vide béant).
De l'Ether, Cronos façonne un oeuf dont naît Phanès, le créateur de toutes choses, divinité bisexelle aux ailes d'or
et à quatre yeux. Phanès désigné sous plusieurs noms, notamment celui d'Eros, épouse sa fille, la Nuit, qui donne
naissance à Gaïa et à Ouranos. Quand Zeus devient maître du monde, il recrée le monde à partir de rien, engloutit
Phanès et s'unit à Coré (Perséphone) pour engendrer Zagreus-Dionysos.
La mythologie grecque ne propose pas une version unique des origines de la race humaine attribuant la création des
premiers hommes à la Terre (Gaïa), aux Titans ou aux Olympiens. On rencontre souvent l'idée d'une naissance se faisant
à partir de la terre même - "autochtone". Un mythe raconte que le premier homme, Pélage, surgit du sol de l'Arcadie dans
le Péloponnèse et fonda la race des Pélages, un ancien peuple non grec dont les descendants peuplaient encore certains
villages au Vème siècle av. J.-C.
Dans un autre mythe, Zeus provoqua une grande inondation pour détruire l'humanité en châtiment des méfaits du Titan
Prométhée. Deucalion, le fils de Prométhée, et sa femme Pyrrha, fille d'Epiméthée et Pandore, avertis par le Titan,
construisirent une arche qui leur permit de survivre au déluge. Les eaux ayant baissé, Deucalion et Pyrrha se rendirent
à Delphes prier la Titanide Thémis qui, dans certains récits, est la mère de Prométhée. Elle leur dit de jeter derrière
eux les os de leur ancêtre commun.
Déconcertés d'abord, le couple comprit que Thémis devait parler de Gaïa, la Terre mère universelle, dont les os étaient
les pierres sur le sol. Chaque pierre qu'ils lançaient derrière eux se transforma en être humain en touchant le sol :
celles de Deucalion étaient changées en hommes, celles de Pyrrha en femmes. La race humaine fut ainsi recréée à partir
du sol. Deucalion aurait fondé un temple à Athènes en l'honneur de Zeus dont le courroux finit par s'apaiser. Dans une
autre version de ce mythe, le couple offrit après l'inondation un sacrifice à Zeus qui, apaisé, promit d'exaucer un voeu
de Deucalion. Celui-ci lui demanda de repeupler la Terre.
Les Grecs considéraient Deucalion comme l'ancêtre de leur nation, le premier roi et le fondateur de nombreuses villes et
temples. Le développement ultérieur de l'humanité s'expliquait par le mythe des âges ou des races de l'homme, dont la
version la plus connue est donnée par Hésiode dans Les Travaux et les Jours. A l'époque de Cronos, raconte Hésiode, les
dieux créèrent les premiers hommes, la race d'Or, qui ne connaissait ni vieillesse ni maladie ni labeur parce que la
terre lui donnait ses fruits sans travail. Ils moururent tous - on ignore pourquoi - en s'endormant mais continuèrent à
exister comme des esprits saints, protecteurs des humains. Zeus et les Olympiens créèrent ensuite une race d'Argent qui
mit un siècle pour arriver à maturité ; arrogants et violents, ces hommes refusaient de rendre un culte aux dieux. Zeus
les cacha sous terre où ils continuèrent, eux aussi, à exister en tant qu'esprits.
Zeus créa aussi les trois dernières races. La race d'Airain, la troisième, découvrit les métaux et entreprit d'édifier
une civilisation mais finit par s'entre-tuer et descendit ignominieusement aux Enfers. Puis vint la race des Héros, selon
Hésiode - ils ne figurent pas dans tous les récits - , nés de mortelles et de dieux. Vaillants mortels à la force
surhumaine, ils séjournaient après la mort dans les îles des Bienheureux. La cinquième race fut celle du Fer, et peuple
encore la Terre. Pour elle, le bien est toujours mêlé au mal et le labeur une nécessité. Cette race disparaîtra, dit
Hésiode, quand les enfants naîtront gris, que les hommes cesseront d'honorer leurs parents, détruiront les villes et
loueront les méchants.
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Zeus s'empara du pouvoir par la violence et par la ruse. Son autorité une fois établie demeura
permanente et incontestée. Le ciel devint son domaine propre (son nom dérive apparemment d'une ancienne racine signifiant
"ciel", ces frères, Poséidon et Hadès, devenainent respectivement souverains des Mers et des Enfers. Une légende voudrait
que ce partage des royaumes fût tiré au sort, mais la suprématie de Zeus ne fut jamais discutée. Il épousa puis dévora
Métis (la Prudence) qui l'avait aidé à détrôner Cronos. L'ayant avalée, il ne pouvait plus être trompé ou manipulé à son
tour.
Zeus épousa ensuite Thémis (la Justice divine) et avec elle engendra les Parques, les saisons, la loi, l'équité et la paix.
Il épousa enfin Héra, sa soeur, qui lui donna Arès (le dieu de la Guerre), Hébé (la Jeunese), Ilithyie (la déesse des
Enfantements) et, dans certains récits, Héphaïstos (le dieu-artisan). Les autres divinités de l'Olympe, sauf Aphrodite,
sont le fruit de diverses liaisons de Zeus. De nombreux mythes mettent en scène les aventures de Zeus avec des mortelles
et des déesses (ou des mortels et des dieux), qui se déroulent le plus souvent dans le cadre de sa relation orageuse avec
Héra. Rares sont les légendes relatives à Zeus et Héra qui ne concernent pas leur union
tumultueuse, une des principales sources de conflits de la mythologie grecque. Héra est habituellement représentée
comme un personnage amer qui ne cesse de harceler les conquêtes et les bâtards de Zeus. Il est si irrité qu'il attache
une enclume à chaque cheville d'Héra et la suspend au mont Olympe. Homère raconte souvent avec humour et ironie les
nombreuses disputes du couple divin. Malgré les adultères de Zeus, qui provoquaient inévitablement la jalousie et le
courroux d'Héra, leur union sacrée symbolise l'importance du mariage dans la civilisation grecque.
Zeus détenait le pouvoir suprême sur l'Olympe. Il présidait le conseil des Dieux et son autorité fixait le cours de
toutes choses. Sa magnifique statue chryséléphantine d'Olympie était une des Sept Merveilles du monde. Haute
de douze mètres, elle incarnait sa puissance terrifiante. Dans le monde des hommes, Zeus était le garant du pouvoir des
rois et de l'autorité des lois de la cité. Gardien de l'ordre social, il apparaissait notamment comme Zeus Xenios
(défenseur de l'hospitalité, des relations courtoises entre les familles et les cités), Zeus Hidisios (protecteur
de ceux qui cherchent asile) et Zeus Horkios (protecteur de l'inviolabilité des serments). Les symboles de son pouvoir
étaient le tonnerre et l'éclair, comme il convient au dieu du Ciel, ainsi que l'aigle, le roi des oiseaux. Il était
souvent représenté tenant un sceptre, emblème du pouvoir royal, ou un foudre.
Cléanthe (330-232 av. J.-C.) qui, à partir de 263 av. J.-C. dirigea l'école stoïcienne de philsophie, considérait Zeus
d'une manière plus abstraite, comme l'éther fondamental de l'univers vivant. Dans son oeuvre la plus éminente, l'Hymne
à Zeus, Cléanthe salue le dieu comme "maître de l'univers" et poursuit : "Rien sur terre ni dans les cieux ni dans les
mers n'est créé sans toi."
La mythologie grecque attribue à Zeus une multitude d'aventures amoureuses avec des femmes et des déesses. Pour des
raisons pratiques ou pour échapper à la jalousie de son épouse légitime Héra, il était parfois forcé de se métamorphoser,
en animal par exemple, pour approcher l'objet de sa passion. En tout cas, il ne pouvait pas se montrer aux mortels dans
tout l'éclat de sa divinité car son apparition était si saisissante qu'elle entraînait la mort immédiate - ce fut le sort
de Sémélé. Ses neuf premières partenaires sont des déesses,
les autres des mortelles.
Epouses divines
Soeur et épouse de Zeus, Héra est l'un des principaux personnages du panthéon grec ; ses principaux exploits
se rapportent surtout à son mariage orageux. Plusieurs temples importants lui étaient dédiés, le plus célèbre étant
l'Héraion d'Argos dans le Péloponnèse. La déesse était surtout associée à la fécondité et à l'indissolubilité du
mariage.
Zeus épousa la Titanide Métis juste après son avènement et il la féconda. Gaïa et Ouranos avaient prophétisé
que Métis aurait une brillante descendance : une déesse, Athéna, qui égalerait Zeus en sagesse, et un fils, qui
deviendrait le roi des dieux et des hommes. Pour empêcher ces naissances, Zeus avala Métis. Le fils ne fut jamais
conçu mais Athéna naquit, tout armée, de la tête de son père. Dans certains récits, Héphaïstos, le dieu-forgeron,
facilite sa naissance en fendant la tête du dieu d'un coup de hache.
Fille des Titans Céos et Phébée, Léto s'unit à Zeus et conçut les jumeaux divins, Artémis et Apollon. Artémis naqit à Ortygie mais Léto fut forcée de parcourir la terre, torturée par la douleur, à la recherche d'un lieu où mettre Apollon au monde. Héra, jalouse, empêcha sa fille Ilithye, déesse des Enfantements, d'entendre les cris de Léto. Ilithye ne put l'assister que lorsque les habitants de Délos, une île de la mer Egée, acceptèrent qu'Apollon naisse sur leur sol. Délos devait devenir l'un des principaux sanctuaires d'Apollon.
Fille du Titan Atlas et l'une des Pléiades, ces 7 nymphes que Zeus devait transformer en étoiles. Comme elle vivait dans une grotte cachée, Zeus put la séduire sans attirer l'attention d'Héra. On ne sait rien d'autre de Maïa, si ce n'est qu'elle mit au monde le dieu Hermès.
Déesse de la terre, une Titanide, fille d'Ouranos et de Gaïa. Mère des Heures (les Saisons), des Moires (les Parques), Eunomie (le Bon Ordre), Dicé (la Justice), et Irène (la Paix) qui sont les divinités féminines maîtresses du sort des hommes et des dieux.
Ele était une nymphe marine représentée comme une femme à queue de poisson. Mère des Trois Grâces, compagnes divines d'Aphrodite. Aglaé la Brillante, Thalie la Verdoyante et Euphrosyne la Joie de l'âme.
Déesse des moissons et de la terre et soeur de Zeus. Divinité d'origine pré-grecque. Mère de Perséphone enlevée par Hadès et que devint reine des Enfers.
(La mémoire). Titanide, fille d'Ouranos et de Gaïa. Mère des 9 Muses, divinités des arts libéraux et de l'astronomie.
Nymphe marine. L'oracle ayant prédit qu'elle aurait un fils plus important que son père, Zeus la céda à Pélée, roi de Thessalie, à qui elle donna la grand héros Achille.
Epouses Mortelles
Fille d'Inachos, premier roi d'Argos. Mère d'Épaphos, souverain d'Égypte et d'Afrique.
Princesse phénicienne. Mère de Minos et de Rhadamanthe.
Le mythe des amours de Zeus et d'Europe, la plus belle fille du roi Agénor ou, dans certains récits, du roi Phénix de Phénicie, était
vraisemblablement d'origine crétoise et lié à la légende du roi Minos.
Zeus se métamorphosa un jour en taureau blanc pour approcher Europe qui cueillait des fleurs avec ses compagnes dans un pré au bord de la mer.
La douceur et la beauté de l'animal triomphèrent de ses craintes et elle s'assit volontiers sur son dos. Il descendit lentement vers le rivage
puis s'élança brusquement dans les flots, emportant Europe impuissante. Ils abordèrent près de Gortyre en Crète, où Zeus se transforma en
aigle et s'unit
à la jeune fille. Elle épousa plus tard Astérius, roi de Crète, qui adopta les enfants de son union avec Zeus : Minos, Rhadamanthe et,
dans certaines versions,
Sarpédon. Pendant ce temps, les frères d'Europe étaient partis en vain à sa recherche. L'un d'eux, cadmos, arriva en Boétie, en Grèce
continentale, et devint le premier roi de Thèbes.
Princesse d'Argos. Mère de Persée.
Le roi d'Argos, Acrisius, avait appris de l'oracle qu'un fils né de sa fille Danaé le tuerait. Il enferma donc la fille dans une tour
d'airain ou dans une pièce de son palais; Zeus entra dans la chambre sous la forme d'une pluie d'or et s'unit à Danaé, la rendant mère
de Persée dont elle dissimula la naissance au roi. Au bout de 4 ans, celui-ci découvrit la vérité. Il enferma sa fille et son petit-fils dans
un tonneau qu'il jeta à la mer. Mais Danaé et Persée furent rejetés sur le rivage et après de nombreuses aventures, retournèrent à Argos.
Un jour, en participant à des jeux, Persée lança un palet qui frappa et tua Acrisius, réalisant ainsi la prédiction de l'oracle.
Princesse de Sparte. Mère de Castor et Pollux, fils jumeaux qui devinrent des demi-dieux.
Léda était l'épouse de Tyndare, roi de Sparte. Zeus lui rendit visite sous la forme d'un cygne, elle en eut quatre enfants renfermés dans deux oeufs.
De l'un sortirent Pollux et Hélène, de l'autre Castor et Clytemnestre. Castor et Pollux, rarement séparés dans la mythologie, participèrent
sous la direction de Jason à l'expédition de l'Argo qui partit à la recherche de la Toison d'Or. Clytemnestre épousa Agamemnon, roi d'Argos, et Hélène épousa le frère
d'Agamemnon, le roi Ménélas de Sparte. Les deux soeurs jouèrent un rôle important dans la guerre de Troie et ses conséquences : la fugue
d'Hélène avec le prince troyen Pâris précipita la guerre et Clytemnestre fit assassiner son mari lorsqu'il rentra vainqueur de la guerre.
Fille de Cadmos, le fondateur de Thèbes. Mère de Dyonysos, dieu olympien.
Déguisé en mortel, Zeus eut une liaison avec Sémélée. Héra, jalouse, prit les traits d'une vieille femme et persuada Sémélé
de demander à son amant de se présenter devant elle dans tout l'appareil de sa gloire. Zeus céda à contrecoeur, sachant que son
apparition dans toute sa splendeur, monté sur son char céleste au milieu des foudres
et des éclairs, serait insoutenable pour un mortel. La malheureuse Sémélé fut réduite en cendres mais Zeus sauva Dyonysos, leur fils à venir.
Princesse thébaine que Zeus séduisit, métamorphosé en satyre. Mère de Zéthus et Amphion qui règnèrent ensemble sur Thèbes sont ils firent construire les ramparts.
Reine de Tirynthe. Mère du célèbre Héraclès (Gloire d'Héra), le plus grand héros grec, persécuté par Héra pendant toute sa vie.
Alcmène était l'épouse d'Amphitryon, roi de Tirynthe, qui descendait comme elle du héros Persée. Amphitryon étant parti à la guerre, Zeus rendit
visite à Alcmène en empruntant les traits de son époux, à la veille de son retour. Le Dieu tripla la durée de la nuit pour prolonger son
plaisir. A son retour, Amphitryon fut surpris par l'absence d'ardeur de son épouse, étonnée elle aussi que son mari ait oublié leurs ébats de
la nuit précédente. Le couple apprit finalement la vérité de la bouche de Tirésias, le devin androgyne aveugle.
Alcmène eut deux fils : l'aîné, fils de Zeus, fut Héraclès, le plus célèbre des héros. Le cadet, Iphiclès, fils d'Amphitryon, fut le père d'Iolaos
qui aida Héraclès à tuer l'hydre de Lerne.
Mais aussi les hommes...
Il était un jeune et beau troyen.
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Athéna était l'une des plus puissante déesses du panthéon grec. Née tout armée de la tête de Zeus, elle est
représentée en général portant une armure, un casque, une lance et un bouclier, ainsi que l'égide, sorte de
pectoral orné de la tête de la Gorgone Méduse que lui avait donnée le héros Persée. Déesse guerrière et bonne
conseillère, Athéna était vénérée par les rois et souvent associée à la fondation des acropoles, citadelles où
se trouvait généralement le palais royal. Elle était aussi la protectrice des héros. Dans la mythologie, Ulysse
est son grand favori car ils sont tous deux rusés, malicieux et de sage conseil. C'est avec son aide qu'il conçut
le cheval de bois qui contribuera à la prise de Troie. Elle assista également Héraclès et Persée dans leurs aventures.
Athéna était vénérée comme la protectrice des cités, notamment à Athènes, centre de son culte où elle était la patronne.
Elle disputa à Poséidon la possession de la ville et de l'Attique, la région environnante. Les Athéniens avaient proposés aux
deux Olympiens d'offrir un présent utile à la ville : Le plus ingénieux serait chosi comme protecteur de la cité. Poséidon frappa
l'Acropole de son trident et fit jaillir une source d'eau salée, Athéna toucha le sol de sa lance et en fit sortir un olivier,
dont l'huile servait pour l'éclairage, la cuisine et les parfums. Ravis du don d'Athéna, les Athéniens l'élirent comme patronne.
Pour apaiser Poséidon qui, furieux de sa défaite, avait inondé la plaine environnante, ils décidèrent qu'il serait vénéré à Athènes.
A l'époque classique on montrait toujours aux visiteurs l'olivier sacré et la marque du trident de Poséidon sur l'Acropole.
Comme le laisse entendre sa naissance peu commune, Athéna était associée aux activitées intellectuelles : elle rivalisait en sagesse avec son
père Zeus et avait hérité de Métis, sa mère, l'intelligence et la ruse. La chouette, le plus sage des oiseaux, était un de ses symboles.
Comme Héphaïstos, elle était la patronne des artisans, notamment des constructeurs de bateaux et de chars, et elle protégeait les
activités féminines traditionnelles comme le filage et le tissage. (Bien qu'associée à ces talents de ménagère, Athéna était une déesse vierge et
célibataire). On lui attribuait aussi l'invention du tour de potier, des premiers vases et de la flûte. Elle aimait le son de cet instrument
qui aurait été inspiré par les lamentations des Gorgones après la mort de Méduse. Une autre version veut que la flûte reproduise le sifflement sinistre
émis par Méduse quand Persée lui trancha la gorge. Un jour, Athéna jouait de la flûte quand elle aperçut le reflet de Méduse et, de
répugnance devant ses traits déformés, elle jeta l'instrument en maudissant quiconque le ramasserait. Cette malédiction frappa le
satyre Marsyas.
On accolait souvent au nom d'Athéna l'épithète de Pallas, de Tritogeneia ("née de Triton", ruisseau de Crète près du lieu présumé de sa
naissance) et de glaukopis ("aux yeux pers").
De nombreuses cérémonies étaient célébrées en son honneur, la plus solennelle étant la fête des Grandes Panathénées à Athènes, durant laquelle les Athéniens
offraient un manteau sacré (peplos) à sa statue abritée dans l'Érechthéion.
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Poséidon, le frère de Zeus, est un dieu terrifiant et violent, associé aux forces de la nature. Brandissant habituellement un
trident, fourche à trois dents semblable
à un harpon de pêcheur, il règne sur la mer et notamment sur les tempêtes.
Souvent surnommé Énosichthon ou "ébranleur des terres", il est aussi le dieu
des séismes et peut fendre la terre et les montagnes d'un coup de trident,
comme il le fit quand les Olympiens combattirent les Géants. Il est traditionnellement
représenté avec une apparence et une attitude semblables à celles
de Zeus, mais il brandit le trident et non la foudre.
La querelle pour la possession d'Athènes n'est qu'un des nombreux épisodes
de la lutte entre Poséidon et Athéna. Dans l'Odyssée, Athéna soutient Ulysse tandis que le dieu l'oblige à errer sur les mers.
Selon un autre mythe, Poséidon se métamorphose en cheval (ou en oiseau) pour s'unir à la Gorgone Méduse dans un temple
dédié à Athéna et provoque la colère d'Athéna qui, irrité par ce sacrilège, transforme les cheveux de Méduse en serpents. Quand
celle-ci eut la tête coupée par le héros Persée, de son sang jaillirent les enfants de son union avec Poséidon - le cheval ailé Pégase
et un fils nommé chrysaor. Par
Chrysaor, Poséidon devint l'ancêtre de monstres très célèbres de la mythologie grecque : Échidna et son fils Cerbère, la Chimère, l'Hydre,
le Sphinx et le lion de Némée.
Les nombreuses aventures amoureuses de Poséidon donnèrent naissance à une foule de monstres, de créatures et divinités marines. Son épouse, la nymphe
marine Amphitrite - une Océanide ou une Néréide - lui donna un fils, Triton, à buste d'homme et à queue de poisson, souvent représenté
avec une conque marine. Comme Zeus, Poséidon engendra surtout des enfants illégitimes. Gaïa lui donna Antée, un géant qu'Héraclès combattit et tua,
et Charybde, un monstre marin qui crachait de l'eau trois fois par jour et menaçait les navires. Quand Poséidon fit des avances à la belle nymphe
Scylla, Amphitrite jalouse jeta des plantes magiques dans l'eau où celle-ci se baignait et Scylla fut métamorphosée en monstre à tête de chien.
Comme Charybde, elle mettait en péril les navires passant à proximité.
Poséidon a pour emblème le trident, le taureau (symbole peut-être de son agressivité) et le cheval (il aurait créer le premier cheval pour les Athéniens
et était honoré sous le nom de "Dompteur de chevaux"). De nombreux temples lui étaient dédiés ; le mieux conservé occupe un site merveilleux, au sommet
d'une falaise surplombant la mer au cap Sounion, au sud-est de l'Attique.
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Dans la mythologie, Apollon est le fils de Léto et de Zeus et le frère jumeau de la déesse Artémis. On l'a souvent
surnommé le Délien car il naquit à Délos où se déroulait la plus importante de ses fêtes religieuses, l'autre grand centre de son
culte étant Delphes. Comme il avait pour grand-mère la Titanide Phoebée, on l'appelle souvent Phébus ("brillant"), version
masculine de ce nom. Il fut associé par la suite à la lumière et au soleil.
Apollon, qui possédait une gamme très étendue d'attributs divins, était représenté en général comme un beau jeune homme.
Les flèches de ce patron des archers et des arcs apportaient fléaux et maladies aux hommes mais, paradoxalement, il était aussi le
protecteur de la médecine et fut le père d'Asclépios, le plus célèbre médecin de la mythologie. Protecteur de la musique et des
arts, il était souvent représenté avec une lyre. Un mythe raconte que le satyre Marsyas, ayant ramassé la flûte maudite par Athéna, osa se mesurer à
Apollon dans un concours musical. Comme la plupart des Olympiens, le dieu détestait voir ses talents défiés : Marsyas perdit le concours et Apollon
le fit écorcher vif pour le punir de son insolence.
Apollon eut de nombreuses amours dont la plupart finirent tragiquement. Cassandre, la fille de Priam roi de Troie, jura de se donner à Apollon s'il lui promettait
en retour le don de prophétie. Mais elle manqua à sa parole et Apollon dénatura son présent, la condamnant à n'être jamais crue.
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Comme son frère jumeau Apollon, Artémis a de nombreuses fonctions dans la mythologie grecque. Déesse vierge, elle défendait farouchement
sa virginité et celle de ses compagnes. Déesse de la chasse, elle parcourait souvent la nature sauvage accompagnée de ses suivantes, tuant les animaux
bien qu'elle fût la protectrice divine des jeunes créatures. Tout aussi paradoxalement, cette déesse des accouchements, qui protégeait les femmes en couches,
apportait aux femmes la maladie et la mort.
Comme Apollon, Artémis portait un arc. Habituellement représentée sous les traits d'une jeune femme en costume de chasse, elle était parfois accompagnée
de jeunes animaux et arborait souvent des cornes en forme de croissant de lune. Elle était en effet associée à la lune, comme Apollon l'était au soleil.
Ses nombreux cultes se rapportaient aux grands moments de la vie féminine : naissance, puberté et mort. Arrivées à la puberté, les Athénienne nobles
étaient initiées aux rites d'Artémis à Brauron, à quelques kilomètres d'Athènes, où elles étaient surnommées "ours", l'ourse étant l'animal symbolique
de la déesse.
Le courroux d'Artémis :
Comme Athéna, la vierge Artémis se vengeait férocement des mortels qui la surprenaient ou portaient atteinte à sa chasteté.
Voici quelques-unes des légendes les plus connues qui illustrent sa colère.
Actéon, le chasseur, se perdit dans la forêt et surprit par inadvertance Artémis se baignant dans un étang. Indignée d'avoir été vue dans sa nudité, elle transforma
Actéon en cerf, qui fut poursuivi et mis en pièces par ses propres chiens.
Callisto était une des nymphes favorites d'Artémis. Elle dormait seule, épuisée après la chasse, quand Zeus, l'ayant découverte, la viola. Elle
essaya de cacher à Artémis la perte de sa virginité mais au bout de quelques mois, alors qu'elles se baignaient, la déesse découvrit sa grossesse.
Furieuse, elle exila Callisto, l'exposant à la jalousie d'Héra. Quand Callisto mit au monde Arcas, son fils, Héra découvrit l'infidélité de son époux et indignée, transforma
Callisto en ourse. Celle-ci allait être percée de flèches par son propre fils, quand Zeus la transforma en constellation, la Grande Ourse.
Niobé, épouse d'Amphion, roi de Thèbes, était fille de Tantale et petite-fille du Titan Atlas. Elle eut sept fils et sept filles (les Niobides)
et se vanta d'avoir plus de chance que Léto, la mère d'Artémis et d'Apollon, qui n'avait eu que deux enfants. Léto, rendue furieuse, eut
recours à ses enfants pour punir Niobé. A coups de flèches, Artémis tua 6 des 7 filles (une des sept filles fut épargnée) et Apollon les 7 garçons.
Orion, le célèbre chasseur, essaya d'enlever Artémis, qui fil sortir de terre un scorpion et tua Orion et son chien. Orion
devint par la suite la constellation du même nom et son chien Sirius, la constellation du Chien.
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Quand les hommes étaient ivres, dans un état d'exaltation mystique ou en train de jouer la comédie, on les croyait
parvenus au royaume de Dionysos, dieu de l'inspiration et de l'extase. Comme celui-ci aimait à déguiser son apparence, en se
transformant en animal, en général en taureau ou en loin, ou en mortel, homme ou femme, il est parfois difficile de l'identifier.
Bien qu'il ait participé à la bataille contre les Titans, Dionysos est souvent représenté de manière efféminée et grotesque, mais il
est désigné à juste titre comme "très doux et très terrible" par le dramaturge Euripide.
Egalement nommé Bacchus, Dionysos était le dieu du vin sous tous ses aspects. Le vin a toujours été en Grèce une boisson sacrée dont la consommation
était soumise à des rites ; il jouait un rôle dans la plupart des cérémonies religieuses et Dionysos présidait aux fêtes des vendanges et de l'ouverture
des nouveaux tonneaux. Il faisait l'objet d'un culte mystique qui promettait à ses initiés une vie future agrémentée de boisson et de
divertissements perpétuels. Selon le mythe, le dieu serait "né deux fois", ce qui explique son nom. Dans la version orphique, Zeus et Perséphone
avaient eu un fils nommé Zagreus (qui serait Dionysos). Héra jalouse incita les Titans à dévorer l'enfant mais son coeur fut sauvé par Athéna et renvoyé à Zeus.
Dionysos fut alors porté par l'amante de Zeus, Sémélé, fille de Cadmos, roi de Thèbes. Selon la version la plus courante, Dionysos est le fils
de Zeus et Sémélé et, quand cette dernière mourut, Zeus sauva l'enfant à venir et le plaça dans sa cuisse d'où il naquit plus tard. Dionysos fut ainsi
le seul dieu de l'Olympe à avoir pour mère une mortelle. Son lieu de naissance précis était controversé même à l'époque d'Homère : on le situait tantôt
à Draconium sur l'île de Cos, ou sur l'île d'Icarie, près du fleuve Alphée à Elis ou encore à Thèbes. Zeus confia Dionysos à la garde des nymphes sur le mont Nysa dont
l'emplacement est inconnu mais qu'on localise parfois en Egypte.
Bien qu'il fût un dieu très ancien, Dionysos était souvent dépeint comme un nouveau venu voyageant parmi les hommes, distribuant des cadeaux, exigeant
d'être reconnu et punissant ceux qui le rejetaient. Dans ses pérégrinations, souvent mentionnées comme "partantd'Orient", il rencontra beaucoup d'opposants.
Pour fuir le roi de Thrace, Lycurgue, le dieu dut plonger dans la mer et se réfugier auprès de Thétis, une ancienne épouse de Zeus. Lycurgue fut mis
en pièces par ses sujets, pour apaiser Dionysos. A Argos, les filles de Protée refusèrent de se soumettre au dieu qui qui les punit en les frappant
de folie. A Orchomène, les filles de Minyas refusèrent de le vénérer et restèrent à la maison à filer. Métamorphosé en jeune fille, Dionysos leur conseilla
de changer d'avis...en vain : elles aussi furent frappées de folie. A Athènes, à l'époque du roi Pandion, Dionysos fut accueilli par Icarios et remercia
la ville en lui offrant le vin. Quand le peuple ressentit les effets de cette boisson, il se crut empoisonné, s'en prit à Icarios et le tua. La fille
de celui-ci, Erigoné, trouvant le corps, se pendit de désespoir ; un curieux fléau frappa alors Athènes et ne cessa que lorsqu'une fête fut
instituée en l'honneur du dieu et en celui d'Icarios.
Une légende savoureuse raconte la capture de Dionysos par les pirates. Ils essayèrent de le ligoter mais les noeuds se défaisaient d'eux-mêmes.
Malgré cela les pirates refusaient de le relâcher. Aussi les surprit-il par une série de prodiges. Il transforma les avirons en serpents, fil pousser la vigne
et le lierre sur le navire, enfin il se métamorphosa en lion féroce ; les marins terrorisés se jetèrent à la mer où ils furent cangés en
dauphins.
Les artites ont représenté Dionysos sous les traits d'un jeune homme et d'un adulte barbu, souvent accompagné de satyres et de Ménades, ses suivantes,
et tenant un vase à boire lors d'une cérémonie.
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La déesse Déméter (Mère du blé ou Terre-Mère), fille de Cronos et de Rhéa, soeur de Zeus et d'Hadès, était la protectrice des
récoltes et de la fertilité du sol. Son culte touche aussi la fécondité féminine et elle est probablement apparentée à la Grande Mère de
l'Antiquité. Sa fille Perséphone, souvent appelée simplement Coré (jeune fille) était la souveraine des Enfers. Mère et fille sont
généralement représentées ensemble.
Les deux personnages sont liés aux mystères d'Eleusis, le principal sanctuaire d'initiation mystique de la société grecque. Perséphone
cueillait un jour des fleurs dans une prairie en compagnie des Océanides, filles d'Océan et de Téthys, quand Hadès l'enleva avec son char et
l'emmena aux enfers. Elle implora l'aide de Zeus mais il ne l'entendit pas, dans son temple lointain. Seuls Hécate, la Magicienne, et Hélios, le
Soleil, entendirent ses cris. Percevant l'écho de la voix de sa fille sur la mer, Déméter arracha sa coiffe et, portant des torches, erra sur la terre
neuf jours sans manger ni dormir. Le dixième jour, elle rencontra Hécate qui l'envoya à Hélios qui voit tout. Celui-ci lui rapporta ce qui s'était passé, blâmant
Zeus d'avoir permis à Hadès de faire de Perséphone sa femme. Accablée de douleur et pleine de fureur, Déméter refusa de rester sur l'Olympe et se mit à errer
parmi les humains sous les traits d'une vieille femme crétoise appelée Doso.
Elle arriva à Eleusis où, à l'instigation de ses filles, le bienveillant roi Céléos l'engagea au service de son épouse Métanira, qui reconnut
immédiatement la noblesse de Déméter. Elle la pria de s'asseoir et lui offrit à boire. La déesse déguisée refusa, préférant rester debout en silence
jusqu'à ce qu'une esclave du nom de Iambé, fille de Pan et Echo, réussisse par ses plaisanteries à l'égayer et à lui faire oublier son
chagrin (d'où le vers "iambique" très utilisé pour la satire). Métanira ayant demandé à Déméter de nourrir son fils Démophon, la déesse lui
donna subrepticement de l'ambroisie, nourriture des dieux. Chaque nuit, elle le déposait dans le foyer pour lui assurer l'immortalité. Une nuit elle fut surprise par
Métanira qui cria d'épouvante en voyant son enfant dans les flammes. Déméter révéla sa nature divine, et courroucée, déclara que Démophon mourrait
désormais comme tout autre humain. Elle ordonna que les mystères d'Eleusis soient institués en son honneur, puis elle pris congé de ses hôtes.
Inconsolable de la perte de sa fille, Déméter décida d'empêcher les semailles de germer. Zeus et les autres dieux la supplièrent de laisser pousser les cultures
mais elle menaça d'affamer l'humanité si elle ne revoyait pas sa fille. Zeus céda et envoya Hermès chercher Perséphone aux Enfers. Hadès accepta de rendre
Perséphone à sa mère mais il lui fit manger quelques pépins de grenade, symboles de l'indissolubilité du mariage. Ravie de revoir sa fille, Déméter s'enquit
de savoir si elle avait absorbé quelque aliment aux Enfers : dans ce cas elle devrait retourner chez Hadès pour toujours. Perséphone semblait perdue. Alors
Zeus intervint : il décida qu'elle passerait les deux tiers de l'année sur l'Olympe et retournerait aux Enfers pendant l'hiver.
La mère et la fille se réjouirent et la terre retrouva sa fertilité. A l'instigation de Déméter, le fils de Céléos, Triptolème (associé parfois à Démophion),
répandit la pratique de l'agriculture parmi tous les peuples du monde.
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Le monde des Enfers, qui apparaît fréquemment dans la mythologie grecque, était régi par le dieu Hadès (nom qui désigne également
également les Enfers). Frère de Zeus et de Poséidon, Hadès était habituellement exclu de la liste des Olympiens parce que son
royaume était l'opposé de l'Olympe céleste. C'est aux Enfers que les âmes des hommes étaient jugées après la mort et, le cas échéant,
punies dans les sombres régions infernales de l'Érèbe et du Tartare. Cependant les Enfers englobaient aussi les champs Élysées ou îles des
Bienheureux, où séjournaient les âmes vertueuses. Chez Homère, Hadès est situé dans une région privée de soleil, au-delà du grand fleuve Océan qui
entoure la Terre. Quand les Grecs découvrirent de nouvelles parties du monde, une autre tradition localisa les Enfers au centre de la Terre :
ils étaient reliés au monde des vivants par des cavernes insondables et des rivières souterraines comme l'Achéron (fleuve de l'affliction), l'un
des cinq fleuves des Enfers, qui coulait dans le nord de la Grèce. Les quatre autres étaient le Styx (fleuve de la haine) qui entourait les Enfers,
le Léthé (fleuve de l'oubli), le Cocyte (fleuve des gémissements) et le Phlégéthon ou Pyriphlégéthon (fleuve de feu). Charon, le nocher des
Enfers, faisait traverser aux âmes des morts le Styx et, dans certaines légendes, les autres fleuves.
Les Personnages des Enfers :
Femme d'Héraclès.
Roi de Corinthe, qui tenta de tromper la mort et fut condamné à pousser éternellement un rocher vers le sommet
d'une montagne : la pierre retombait toujours quand il atteignait son but.
Guide des âmes des morts aux Enfers.
1er juge des morts : Qui fut sur terre roi de Crète.
Second juge des morts : Qui aidait Hadès à peser la vie de l'homme et à décider de son sort aux Enfers.
Autre juge des Enfers ayant la même fonction que Rhadamanthe.
Roi d'Asie Mineure qui, selon la légende, déroba aux dieux l'ambroisie et le nectar. En châtiment, il fut condamné à voir
éternellement nourriture et boisson s'éloigner chaque fois qu'il tenterait de les saisir.
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Dans la mythologie grecque, les exploits des puissants et des braves ne le cèdent qu'aux dieux et le peuple vénérait les héros
tout comme il rendait hommage à ses ancêtres. Les grands héros étaient souvent considérés comme les ancêtres de la nation, les fondateurs
des grandes familles et des cités grecques.
Le terme "héros" est utilisé comme un titre par les princes qu'Homère dépeint dans les grandes épopées, l'Iliade et l'Odyssée. Dans ces
oeuvres très anciennes, ce mot semble désigner un personnage éminent, prince ou roi, qui dispose d'une nombreuse escorte et entretient des
relations privilégiées avec les Olympiens et autres divinités. C'est ainsi qu'Achille passait pour le fils de Thétis, Sarpédon pour celui de
Zeus et Ulysse pour le favori d'Athéna.
Pour Homère (vers 750 av. J.-C. ou même avant) les héros, figures d'un passé lointain, ne faisaient l'objet d'aucun culte et n'avaient pas de
statut particulier dans l'au-delà. Pour Hésiode (vers 700 av.J.-C.) en revanche, c'était l'une des 5 races d'hommes qui avaient
existé jusque-là, un groupe particulier qui, de son temps, vivait sous la terre et recevait honneurs et offrandes de la part des vivants. Au
Vème siècle av. JC, le culte des héros était devenu une forme populaire de dévotion religieuse ; avoir un héros à ses côtés était considéré comme un
grand avantage et les Grecs leur apportaient des offrandes dans des sanctuaires généralement élevés à l'emplacement présumé de leur mort ou de
leur sépulture. Dans la multitude des héros locaux, de grandes figures mythologiques apparaissaient en certains lieux, par exemple Oedipe à Colone,
Ajax à Salamine et Thésée à Athènes.
Les Grecs croyaient qu'en honorant un héros par des offrandes rituelles, ils s'assuraient son aide en cas difficultés ; à
l'inverse en l'insultant, ils risquaient d'attirer son courroux. Les héros pouvaient aussi bien symboliser les forces du bien que celles
du mal. C'est ainsi qu'Héraclès, le grand civilisateur qui débarassa le monde des monstres, rendu temporairement fou par la déesse Héra, tua sa
propre femme Mégara et leurs enfants. Quant à Oedipe, le sage et bienveillant roi de Thèbes, il commit à son insu les péchés mortels de parricide et d'inceste.
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Les héros de la mythologie grecque sont souvent confrontés à des créatures monstrueuses, dont les principales sont les suivantes :
Monstre au buste de nymphe, à la queue de serpent répugnant, qui fut la mère de plusieurs de plusieurs autres monstres : Cerbère, l'Hydre de Lerne, la Chimère, le Sphinx et le lion de Némée.
Sthéno, Euryalé et Méduse, trois femmes à la chevelure entrelacée de serpents, dont le regard pétrifiait les hommes.
Créatures féminines souvent représentées avec des ailes, qui attiraient les marins par leurs chants ensorceleurs et causaient leur mort.
Littéralement "étrangleur", créature au visage de femme, au corps de lion et aux ailes d'oiseau. Il posait des énigmes et supprimait ceux qui ne trouvaient pas la réponse.
Soeurs aînées des Gorgones, qui n'avaient à elles trois qu'un seul oeil et une dent.
"Serpent d'eau", un énorme monstre à neuf têtes.
Monstrueux chien à trois têtes qui gardait les portes des Enfers.
Une créature à corps de lion, qui crachait le feu, et qui avait une tête de chèvre sur le dos et un serpent en guise de queue.
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Héraclès, que les Romains nomment Hercule, fut le seul héros honoré dans l'ensemble du monde grec et le seul humain à se voir
accorder l'immortalité parmi les dieux. Il résume à lui seul une grande partie du paradoxe de l'héroïsme dépeint dans la mythologie grecque.
Bien qu'ayant vaincu les monstres et combattu contre la Mort pour sauver un ami, il succomba à la convoitise et à la cupidité : il viola
des femmes, détruisit des cités et, dans un accès de folie, tua ses propres enfants. Dans les écrits grecs ultérieurs, Héraclès devint un héros philosophe
qui choisit la voie de la vertu et souffrit pour le suivre. C'est à ce titre qu'il figure dans les traditions chrétiennes.
Dans la mythologie, Héraclès est le fils illégitime de Zeus et d'Alcmène qui descendait du héros Persée. Alcmène ayant commis l'adultère à son insu,
Héra, l'épouse de Zeus, décida de poursuivre de sa jalousie Héraclès et non sa mère. Elle persécuta le héros pendant toute sa vie, suscitant de nombreux exploits,
notamment les fameux douze Travaux. Le nom d'Héraclès signifie d'ailleurs "gloire de Héra". Son courage fut mis à l'épreuve dès sa naissance. Tandis
qu'il reposait avec son frère Iphiclès dans son berceau, Héra lui envoya des serpents monstrueux ; il les étrangle de ses mains.
Le héros participa souvent à des combats. Il tua le voleur Cycnos, fils d'Arès, qui vivait en Thrace et le roi Sylée d'Aulis qui obligeait les étrangers à travailler
dans ses vignes avant de leur trancher la gorge. Il fit la guerre aux Egyptiens et aux Lapithes, race fabuleuse de Thessalie. Dans tous ces mythes, Héraclès
est représenté comme le plus remarquable des lutteurs, contraint de parcourir le monde. Il participa à l'expédition de Jason et des Argonautes où il emmena
Hylas, son jeune amant, qui fut enlevé par les nymphes alors qu'il cherchait de l'eau. Héraclès prit tant de temps à le rechercher que l'Argo appareilla sans l'attendre.
Héraclès est souvent présenté comme l'esclave de ses passions. Dans la comédie grecque, c'est un ivrogne, un glouton et un débauché. Dans la
mythologie il aurait honoré les cinquante filles de Thespios, roi d'Etolie, en une seule nuit. C'est d'ailleurs sa concupiscence qui le perdit. Héraclès
avait épousé Déjanire, fille du roi d'Etolie, Oenée, après avoir disputé sa main au dieu-fleuve Achéloüs. Un peu plus tard, il tua le centaure
Nessos qui tentait de violer sa jeune épouse ; en mourant, le centaure donna à Déjanire une potion censée lui attacher son mari pour toujours. Elle
décida d'en faire l'essai quand Héraclès, tombé amoureux d'Iole, la fille du roi d'Oechalie Euryto, alla jusqu'à assassiner le père et les frères de la jeune fille et
à saccager leur ville pour obtenir sa main. Pour tenter de reconquérir son mari, Déjanire envoya une tunique trempée dans la potion du centaure,
mais Nessos avait menti : la potion était en réalité un terrible poison qui détruisit le corps d'Héraclès. Déjanire se tua de chagrin. Héraclès mourant
fut porté par leur fils Hyllos sur le mont Oeta où il fit élever un bûcher funéraire.
Héraclès se coucha sur le bûcher et demanda à Philoctète, le seul de ses compagnés disposé à se charger de cette triste besogne, d'y mettre le feu ; en récompense
celui-ci reçut l'arc et les flèches du héros. Quand le bûcher fut allumé, un nuage apparut et enleva Héraclès au ciel dans un déploiement
merveilleux de tonnerre et d'éclairs. Il entra à l'Olympe, le royaume de son père Zeus, où l'immortalité lui fut accordée, il se réconcilia avec Héra et il reçut
une nouvelle épouse, Hébé, la déesse de la jeunesse.
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Outre Poséidon, la mythologie grecque compte de nombreuses divinités marines. Pontos (la Mer) naquit de Gaïa au tout début de la création.
Deux Titans, Océan (un grand fleuve dont les grecs croyaient qu'il entourait la terre) et Téthys engendrèrent Nérée, le
"vieil homme de la mer - l'Oracle" qui avait don de prophétie. Nérée s'unit à Doris pour enfanter les Néréides, 50 nymphes marines dont Thétis, la
mère d'Achille, et Galatée qui fut aimée du cyclope Polyphème.
Articles à suivre :
* Delphes, le centre du monde.
* Iphigénie
* Les satyres, les Ménades et le théâtre
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