Utilité de certaines évocations particulières - Revue Spirite de Mars 1858
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CHANNING
Châteaubriand
Jésus-Christ
Jean-Jacques ROUSSEAU
Saint-Augustin
Saint-Benoit
Saint-Louis
Un Esprit Familier
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Les communications que l'on obtient des Esprits très supérieurs ou de
ceux qui ont animé les grands personnages de l'antiquité sont précieuses
par le haut enseignement qu'elles renferment. Ces Esprits ont acquis un
degré de perfection qui leur permet d'embrasser une sphère d'idées plus
étendue, de pénétrer des mystères qui dépassent la portée vulgaire de
l'humanité, et par conséquent de nous initier mieux que d'autres à
certaines choses. Il ne s'ensuit pas de là que les communications des
Esprits d'un ordre moins élevé soient sans utilité ; loin de là : l'observateur
y puise plus d'une instruction. Pour connaître les mœurs d'un peuple, il
faut l'étudier à tous les degrés de l'échelle. Quiconque ne l'aurait vu que
sous une face le connaîtrait mal. L'histoire d'un peuple n'est pas celle de
ses rois et des sommités sociales ; pour le juger, il faut le voir dans la vie
intime, dans ses habitudes privées. Or, les Esprits supérieurs sont les
sommités du monde spirite ; leur élévation même les place tellement au-
dessus de nous que nous sommes effrayés de la distance qui nous sépare.
Des Esprits plus bourgeois (qu'on nous passe cette expression) nous en
rendent plus palpables les circonstances de leur nouvelle existence. Chez
eux, la liaison entre la vie corporelle et la vie spirite est plus intime, nous
la comprenons mieux, parce qu'elle nous touche de plus près. En
apprenant par eux-mêmes ce que sont devenus, ce que pensent, ce
qu'éprouvent les hommes de toutes conditions et de tous caractères, les
hommes de bien comme les vicieux, les grands et les petits, les heureux
et les malheureux du siècle, en un mot les hommes qui ont vécu parmi
nous, que nous avons vus et connus, dont nous connaissons la vie réelle,
les vertus et les travers, nous comprenons leurs joies et leurs souffrances,
nous nous y associons et nous y puisons un enseignement moral d'autant
plus profitable que les rapports entre eux et nous sont plus intimes. Nous
nous mettons plus facilement à la place de celui qui a été notre égal que
de celui que nous ne voyons qu'à travers le mirage d'une gloire céleste. Les Esprits vulgaires nous montrent
l'application pratique des grandes et sublimes vérités dont les Esprits
supérieurs nous enseignent la théorie. D'ailleurs dans l'étude d'une
science rien n'est inutile : Newton a trouvé la loi des forces de l'univers
dans le phénomène le plus simple.
Ces communications ont un autre avantage, c'est de constater l'identité
des Esprits d'une manière plus précise. Quand un Esprit nous dit avoir
été Socrate ou Platon, nous sommes obligés de le croire sur parole, car il
n'apporte pas avec lui un certificat d'authenticité ; nous pouvons voir à
ses discours s'il dément ou non l'origine qu'il se donne : nous le jugeons
Esprit élevé, voilà tout ; qu'il ait été en réalité Socrate ou Platon, peu
nous importe. Mais quand l'Esprit de nos proches, de nos amis ou de
ceux que nous avons connus se manifeste à nous, il se présente mille
circonstances de détails intimes où l'identité ne saurait être révoquée en
doute : on en acquiert en quelque sorte la preuve matérielle. Nous
pensons donc qu'on nous saura gré de donner de temps en temps
quelques-unes de ces évocations intimes : c'est le roman de mœurs de la
vie spirite, moins la fiction.
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«Sois, Ami, comme un fleuve bienfaisant qui répand fertilité et fraîcheur sur son passage. Pardonne à tes ennemis comme le Sauveur qui, presque à son
dernier souffle, pria pour ses bourreaux, offrant ainsi aux hommes son ultime exemple de bonté. Imite cet noble exemple du Maître, si peu suivi par les
vils insectes appelés hommes et se disant grands, qui passent leur existence en quête de grandeurs et de richesses, jamais satisfaits de leur ambition.
Aime tes inférieurs dans la hiérarchie sociale. Ne t'inspire pas des tyrans de leurs frères, ni de ceux qui, par leurs exemples, égare les âmes humbles
et obscures qu'il faut guider et protéger dans cette vallée d'épreuves pour tous. Les hommes qui agissent ainsi deviennent des proies de l'Ange Rebelle,
qui les entraînera, après la mort, dans les Abîmes Éternels. Ne te laisse pas arrêter par les épines qui barrent ton chemin. La route de la vertu est
toujours pénible et un chemin fleuri, comme tu le souhaites, pourrait te conduire peut-être à la Précipice. Paix à toi et à tes proches ! Particulièrement
à Ermance.
Louis»
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Toi qui possèdes, écoute-moi. Un jour deux fils d'un même père reçurent
chacun un boisseau de blé. L'aîné serra le sien dans un lieu dérobé ; l'autre
rencontra sur son chemin un pauvre qui demandait l'aumône ; il courut à
lui, et versa dans le pan de son manteau la moitié du blé qui lui était échue,
puis il continua sa route, et s'en alla semer le reste dans le champ paternel.
Or vers ce temps-là il vint une grande famine, les oiseaux du ciel
mouraient sur le bord du chemin. Le frère aîné courut à sa cachette, mais il
n'y trouva que poussière ; le cadet s'en allait tristement contempler son blé
séché sur pied, lorsqu'il rencontra le pauvre qu'il avait assisté. Frère, lui dit
le mendiant, j'allais mourir, tu m'as secouru ; maintenant que l'espérance est
séchée dans ton cœur, suis-moi. Ton demi-boisseau a quintuplé entre mes
mains ; j'apaiserai ta faim et tu vivras dans l'abondance.
Ecoute-moi, avare ! connais-tu le bonheur ? oui, n'est-ce pas ! Ton œil
brille d'un sombre éclat dans ton orbite que l'avarice a creusé plus
profondément ; tes lèvres se serrent ; ta narine frémit et ton oreille se
dresse. Oui, j'entends, c'est le bruit de l'or que ta main caresse en le versant
dans la cachette. Tu dis : C'est là la volupté suprême. Silence ! on vient.
Ferme vite. Bien ! que tu es pâle ! ton corps frissonne. Rassure-toi ; les pas
s'éloignent. Ouvre ; regarde encore ton or. Ouvre ; ne tremble pas ; tu es
bien seul. Entends-tu ! non, rien ; c'est le vent qui gémit en passant sur le
seuil. Regarde ; que d'or ! plonge à pleines mains : fais sonner le métal ; tu
es heureux.
Heureux, toi ! mais la nuit est sans repos et ton sommeil est obsédé de
fantômes.
Tu as froid ! approche-toi de la cheminée ; chauffe-toi à ce feu qui pétille
si joyeusement. La neige tombe ; le voyageur s'enveloppe frileusement de
son manteau, et le pauvre grelotte sous ses haillons. La flamme du foyer se
ralentit ; jette du bois. Mais non ; arrête ! c'est ton or que tu consumes avec
ce bois ; c'est ton or qui brûle.
Tu as faim ! tiens, prends ; rassasie-toi ; tout cela est à toi, tu l'as payé de
ton or. De ton or ! cette abondance t'indigne, ce superflu est-il nécessaire
pour soutenir la vie ? non, ce petit morceau de pain suffira ; encore c'est
trop. Tes vêtements tombent en lambeaux ; ta maison se lézarde et menace
ruine ; tu souffres du froid et de la faim ; mais que t'importe ! tu as de l'or.
Malheureux ! cet or, la mort t'en séparera. Tu le laisseras sur le bord de la
tombe, comme la poussière que le voyageur secoue sur le seuil de la porte
où sa famille bien-aimée l'attend pour fêter son retour.
Ton sang appauvri, vieilli par ta misère volontaire, s'est glacé dans tes
veines. Des héritiers avides viennent de jeter ton corps dans un coin du
cimetière ; te voilà face à face avec l'éternité. Misérable ! qu'as-tu fait de
cet or qui t'a été confié pour soulager le pauvre ? Entends-tu ces
blasphèmes ? vois-tu ces larmes ! vois-tu ce sang ? Ces blasphèmes sont
ceux de la souffrance que tu aurais pu calmer ; ces larmes, tu les as fait
couler ; ce sang, c'est toi qui l'as versé. Tu as horreur de toi ; tu voudrais te
fuir et tu ne le peux pas. Tu souffres, damné ! et tu te tords dans ta
souffrance. Souffre ! point de pitié pour toi. Tu n'as point eu d'entrailles
pour ton frère malheureux ; qui en aurait pour toi ? Souffre ! souffre !
toujours ! ton supplice n'aura point de fin. Dieu veut, pour te punir, que tu
le CROIES ainsi.
Remarque. En écoutant la fin de ces éloquentes et poétiques paroles,
nous étions tous surpris d'entendre saint Louis parler de l'éternité des
souffrances, alors que tous les Esprits supérieurs s'accordent à combattre
cette croyance, lorsque ces derniers mots : Dieu veut, pour te punir, que tu
le CROIES ainsi, sont venus tout expliquer. Nous les avons reproduits dans
les caractères généraux des Esprits du troisième ordre. En effet, plus les
Esprits sont imparfaits, plus leurs idées sont restreintes et circonscrites ;
l'avenir est pour eux dans le vague : ils ne le comprennent pas. Ils
souffrent ; leurs souffrances sont longues ; et pour qui souffre longtemps
c'est souffrir toujours. Cette pensée même est un châtiment.
Dans un prochain article nous citerons des faits de manifestations qui
pourront nous éclairer sur la nature des souffrances d'outre-tombe.
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Ayez confiance dans la bonté de Dieu, et soyez assez clairvoyants pour comprendre les préparatifs de la nouvelle vie qu'il vous
destine. Il ne vous sera pas donné, il est vrai, d'en jouir dans cette existence ; mais ne serez-vous pas heureux, si vous ne revivez pas
sur ce globe, de considérer d'en haut l'oeuvre que vous aurez commencée et qui se développera sous vos yeux. Soyez cuirassés par une foi
ferme et sans hésitation contre les obstacles qui semblent devoir s'élever contre l'édifice dont vous posez les fondements. Les bases sur
lesquelles il s'appuie sont solides : le Christ en a posé la première pierre. Courage, donc, architectes du divin maître ! Travaillez,
bâtissez, Dieu couronnera votre oeuvre. Mais songez bien que le Christ renie pour ses disciples quiconque n'a la charité que sur les lèvres ;
il ne suffit pas de croire, il faut surtout donner l'exemple de la bonté, de la bienveillance et du désintéressement, sans cela votre foi
sera stérile pour vous.
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Le Christ lui-même préside les travaux de toute nature qui sont en voie d'accomplissement pour vous ouvrir l'ère de rénovation
et de perfectionnement que vous prédisent vos guides spirituels. Si, en effet, vous jetez les yeux, en dehors des manifestations spirites,
sur les événements contemporains, vous reconnaîtrez, sans aucune hésitation, les signes avant-coureurs qui vous prouveront d'une manière
irréfragable que les temps prédits sont arrivés. Les communications s'établissent entre tous les peuples ; les barrières matérielles
renversées, les obstacles moraux qui s'opposent à leur union, les préjugés politiques et religieux, s'effaceront rapidement, et le
règne de la fraternité s'établira enfin d'une manière solide et durable. Observez dès aujourd'hui les souverains eux-mêmes, poussés
par une main invisible, prendre, chose inouïe pour vous, l'initiative des réformes ; et les réformes qui partent d'en haut et spontanément
sont bien plus rapides et plus durables que celles qui partent d'en bas, et sont arrachées par force. J'avais, malgré des préjugés
d'enfance et d'éducation, malgré le culte du souvenir, pressenti l'époque actuelle ; j'en suis heureux, et suis plus heureux encore
de venir vous dire : Frères, courage ! travaillez pour vous et pour l'avenir des vôtres ; travaillez surtout à votre amélioration
personnelle, et vous jouirez dans votre première existence d'un bonheur dont il vous est aussi difficile de vous faire une idée, qu'à
moi de vous le faire comprendre.
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Je pense que le spiritisme est une étude toute philosophique des causes secrètes, des mouvements intérieurs de l'âme peu ou
point définis jusqu'ici. Il explique, plus encore qu'il ne découvre des horizons nouveaux. La réincarnation et les épreuves subies avant
d'arriver au but suprême ne sont pas des révélations, mais une confirmation importante. Je suis frappé des vérités que ce moyen met en lumière.
Je dis moyen avec intention, car, à mon sens, le spiritisme est un levier qui écarte les barrières de l'aveuglement. La préoccupation des
questions morales est tout entière à créer ; on discute la politique qui remue les intérêts généraux, on discute les intérêts privés, on
se passionne pour l'attaque ou la défense des personnalités ; les systèmes ont leurs partisans et leurs détracteurs ; mais les vérités morales,
celle qui sont le pain de l'âme, le pain de vie, sont laissées dans la poussière accumulée par les siècles. Tous les perfectionnements sont
utiles aux yeux de la foule, sauf celui de l'âme ; son éducation, son élévation sont des chimères bonnes tout au plus pour occuper les loisirs
des prêtres, des poètes, des femmes, soit à l'état de mode, soit à l'état d'enseignement.
Si le spiritisme ressuscite le spiritualisme, il rendra à la société l'élan qui donne aux uns la dignité intérieure, aux autres la
résignation, à tous le besoin de s'élever vers l'Etre suprême oublié et méconnu par ses ingrates créatures.
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Si Dieu envoie des Esprits pour instruire les hommes, c'est afin de les éclairer sur leurs devoirs, de leur montrer la route
qui peut abréger leurs épreuves, et par là de hâter leur avancement ; or, de même que le fruit arrive à maturité, l'homme aussi arrivera
à la perfection. Mais à côté des bons Esprits qui veulent votre bien, il y a aussi les Esprits imparfaits qui veulent votre mal ; tandis
que les uns vous poussent en avant, d'autres vous tirent en arrière ; c'est à les distinguer que vous devez apporter toute votre attention ;
le moyen est facile : tâchez seulement de comprendre que rien de ce qui vient d'un bon Esprit ne peut nuire à qui que ce soit, et que tout
ce qui est mal ne peut venir que d'un mauvais Esprit. Si vous n'écoutez pas les sages avis des Esprits qui vous veulent du bien, si vous
vous blessez des vérités qu'ils peuvent vous dire, il est évident que ce sont de mauvais Esprits qui vous conseillent ; l'orgueil seul peut
vous empêcher de vous voir tels que vous êtes ; mais si vous ne le voyez pas vous-mêmes, d'autres le voient pour vous ; de sorte que vous
êtes blâmés, et par les hommes qui rient de vous en arrière, et par les Esprits.
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Votre doctrine est belle et sainte ; le premier jalon est planté et solidement planté. Maintenant vous n'avez plus qu'à marcher ;
la voie qui vous est ouverte est grande et majestueuse. Bienheureux est celui qui arrivera au port, plus il aura fait de prosélytes et plus
il lui sera compté. Mais pour cela il ne faut pas embrasser la doctrine froidement ; il faut y mettre de l'ardeur, et cette ardeur sera
doublée, car Dieu est toujours avec vous quand vous faites le bien. Tous ceux que vous amènerez seront autant de brebis rentrées au bercail ;
pauvres brebis à moitié égarées ! Croyez bien que le plus sceptique, le plus athée, le plus incrédule enfin a toujours un tout petit coin
dans le coeur qu'il voudrait pouvoir se cacher à lui-même. Eh bien ! c'est ce petit coin qu'il faut chercher, qu'il faut trouver ; c'est
ce côté vulnérable qu'il faut attaquer ; c'est une petite brèche laissée ouverte exprès par Dieu pour faciliter à sa créature le moyen de
rentrer dans son sein.
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Ne vous effrayez pas de certains obstacles, de certaines controverses.
Ne tourmentez personne par aucune insistance ; la persuasion ne viendra aux incrédules que par votre désintéressement, que par
votre tolérance et votre charité pour tous sans exception.
Gardez-vous surtout de violenter l'opinion, même par vos paroles ou par des démonstrations publiques. Plus vous serez modestes,
plus vous arriverez à vous faire apprécier. Qu'aucun mobile personnel ne vous fasse agir, et vous trouverez dans vos consciences une force
attractive que le bien seul procure.
Les Esprits, par ordre de Dieu, travaillent pour le progrès de tous sans exception ; vous, spirites, faites de même.
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Quelle est l'institution humaine, même divine, qui n'a eu des obstacles à surmonter, des schismes contre lesquels il lui a
fallu lutter ? Si vous n'aviez qu'une existence triste et mourante, on ne s'attaquerait point à vous, sachant bien que vous devez
succomber d'un moment à l'autre ; mais comme votre vitalité est forte et active, comme l'arbre spirite a de fortes racines, on suppose
qu'il peut vivre longtemps, et on essaie de la cognée contre lui. Que feront ces envieux ? Ils abattront tout au plus quelques branches
qui repousseront avec une nouvelle sève et seront plus fortes que jamais.
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Je vais vous parler sur la fermeté que vous devez avoir dans vos travaux spirites. Une citation sur ce sujet vous a été faite ;
je vous conseille de l'étudier de coeur, et de vous en appliquer l'esprit ; car de même que saint Paul vous serez persécutés, non pas en
chair et en os, mais en esprit ; les incrédules, les pharisiens de l'époque, vous blâmeront, vous bafoueront ; mais ne craignez rien, ce
sera une épreuve qui vous fortifiera si vous savez la rapporter à Dieu, et plus tard vous verrez vos efforts couronnés de succès ; ce sera
un grand triomphe pour vous au jour de l'éternité, sans oublier que, dans ce monde, c'est déjà une consolation pour les personnes qui ont
perdu des parents et des amis ; savoir qu'ils sont heureux, qu'on peut communiquer avec eux, est un bonheur. Marchez donc en avant ;
accomplissez la mission que Dieu vous donne, et elle vous sera comptée au jour où vous paraîtrez devant le Tout-Puissant.
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"Je viens, moi, ton Sauveur et ton juge ; je viens, comme autrefois, parmi les fils égarés d'Israël ; je viens apporter la vérité
et dissiper les ténèbres. Ecoutez-moi. Le spiritisme, comme autrefois ma parole, doit rappeler aux matérialistes qu'au-dessus d'eux règne
l'immuable vérité : Dieu bon, le Dieu grand qui fait germer la plante et qui soulève les flots. J'ai révélé la doctrine divine ; j'ai comme
un moissonneur, lié en gerbes le bien épars dans l'humanité, et j'ai dit : Venez à moi, vous tous qui souffrez !
Mais les hommes ingrats se sont détournés de la voie droite et large qui conduit au royaume de mon Père, et ils se sont égarés dans
les âpres sentiers de l'impiété. Mon Père ne veut pas anéantir la race humaine ; il veut, non plus par des prophètes, non plus par des apôtres,
il veut que vous aidant les uns les autres, morts et vivants, c'est-à-dire morts selon la chair, car la mort n'existe pas, vous vous secouriez,
et que la voix de ceux qui ne sont plus se fasse entendre pour vous crier : Priez et croyez ! car la mort est la résurrection, et la vie,
l'épreuve choisie pendant laquelle vos vertus cultivées doivent grandir et se développer comme le cèdre.
Croyez aux voix qui vous répondent : ce sont les âmes elles-mêmes de ceux que vous évoquez. Je ne me communique que rarement ;
mes amis, ceux qui ont assisté à ma vie et à ma mort sont les interprètes divins des volontés de mon Père.
Hommes faibles qui croyez à l'erreur de vos obscures intelligences, n'éteignez pas le flambeau que la clémence divine place entre
vos mains pour éclairer votre route et vous ramener, enfants perdus, dans le giron de votre Père.
Je vous le dis, en vérité, croyez à la diversité, à la multiplicité des Esprits qui vous entourent. Je suis trop touché de compassion
pour vos misères, pour votre immense faiblesse, pour ne pas tendre une main secourable aux malheureux égarés qui, voyant le ciel, tombent dans
l'abîme de l'erreur. Croyez, aimez, comprenez les vérités qui vous sont révélées ; ne mêlez pas l'ivraie au bon grain, les systèmes aux vérités.
Spirites ! aimez-vous, voilà le premier enseignement ; instruisez-vous, voilà le second. Toutes vérités se trouvent dans le
christianisme ; les erreurs qui y ont pris racine sont d'origine humaine ; et voilà qu'au-delà du tombeau que vous croyiez le néant, des
voix vous crient : Frères ! rien ne périt ; Jésus-Christ est le vainqueur du mal, soyez les vainqueurs de l'impiété."
Remarque. Cette communication, obtenue par un des meilleurs médiums de la Société spirite de Paris, est signée d'un nom que le
respect ne nous permet de reproduire que sous toutes réserves, tant serait grande l'insigne faveur de son authenticité, et parce qu'il en
a été trop souvent abusé dans des communications évidemment apocryphes ; ce nom est celui de Jésus de Nazareth. Nous ne doutons nullement
qu'il ne puisse se manifester ; mais si les Esprits vraiment supérieurs ne le font que dans des circonstances exceptionnelles, la raison
nous défend de croire que l'Esprit pur par excellence réponde à l'appel du premier venu ; il y aurait, dans tous les cas, profanation à
lui attribuer un langage indigne de lui.
C'est par ces considérations que nous nous sommes toujours abstenus de rien publier qui portât ce nom ; et nous croyons qu'on
ne saurait être trop circonspect dans les publications de ce genre, qui n'ont d'authenticité que pour l'amour-propre, et dont le moindre
inconvénient est de fournir des armes aux adversaires du spiritisme.
Comme nous l'avons dit, plus les Esprits sont élevés dans la hiérarchie, plus leur nom doit être accueilli avec défiance ;
il faudrait être doué d'une bien grande dose d'orgueil pour se flatter d'avoir le privilège de leurs communications, et se croire digne
de converser avec eux comme avec ses égaux. Dans la communication ci-dessus, nous ne constatons qu'une chose, c'est la supériorité
incontestable du langage et des pensées, laissant à chacun le soin de juger si celui dont elle porte le nom ne la désavouerait pas.
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