Le Christianisme tire son nom du Christ (du grec, christos : "l'oint du Seigneur", "celui qui est désigné par Dieu"), titre
donné à Jésus de Nazareth dans le Nouveau Testament en raison de son
intronisation
royale, lors de sa
résurrection.
Sa reconnaissance comme Christ fut la première
confession
de foi chrétienne : Jésus de
Nazareth
est donc le Christ annoncé, c'est-à-dire le
Messie.
Ses disciples sont les
chrétiens.
Ils sont aujourd'hui 1,5 milliards environ, soit 32% de la population mondiale ; 27% des chrétiens vivent en Europe,
25% en Amérique latine. Le christianisme est présent dans 223 pays ; c'est la religion majoritaire (plus de 50% de la population)
dans 138 Etats. Parmi les 420 millions de chrétiens d'Europe, plus de 44 vivent en France, plus de 47 en Italie, 50 en
Grande-Bretagne et plus de 57 dans l'ex-République fédérale d'Allemagne.
Sous la forme de
l'anglicanisme,
le christianisme est la religion d'Etat en Grande-Bretagne. C'est également la
religion d'Etat en Finlande et en Norvège
(Confession évangélique luthérienne), en Bolivie, en Colombie et au Paraguay (Catholicisme). Le
pape,
qui est le chef visible de l'église catholique, appelée aussi romaine, a également aussi un pouvoir
temporel sur le petit Etat du
Vatican.
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Le christianisme naît en Palestine, à un endroit proche de la frontière orientale de l'Empire romain. Il dépasse vite
cette zone et progresse vers l'
Euphrate.
Ainsi le petit royaume vassal d'
Edesse,
avec son premier roi chrétien
Abgar VIII
le
Grand (179-214), sera le premier Etat officiellement chrétien. Le christianisme se développe par et dans l'Orient. Il rencontre
sans cesse les cultes et les pouvoirs où la religion constitue l'essentiel des dynamiques humaines. Il s'affirme dans l'ensemble
méditerranéen et, en l'espace de trois siècles, il sera capable d'une incroyable réussite. Alors que ses fidèles se réunissent
en secret, dans des grottes ou des cimetières, le christianisme, de religion persécutée, devient religion officielle, et,
quittant les
catacombes,
les chrétiens vont occuper les basiliques
païennes.
Vers la fin du IIIème siècle, la foi chrétienne a
pris racine dans tout l'Empire romain. De son côté,
Constantin,
premier empereur chrétien, prenant en compte le déplacement des
forces vives de l'Empire ainsi que l'importance du christianisme en Orient, fonde en 370 la ville de
Constantinople,
"la nouvelle Rome", qui devient sa capitale.
Cette histoire géographique d'une incroyable réussite religieuse se vit à travers les mutations profondes de Rome,
des provinces et de l'Empire romain. Elle s'exprime aussi à travers les changements de la religiosité, car le
paganisme
tolérant
et superstitieux se modifie, au cours des siècles, en un cadre nouveau, où l'Etat totalitaire du Bas-Empire impose, par son
administration policière, la figure charismatique de l'empereur. Ainsi donc la structure politique de l'Etat dicte un sens du
sacré aux antipodes des pratiques républicaines romaines, et s'impose à travers l'exubérance des cultes orientaux, ceux du
mazdéisme (voir
Zoroastrisme),
de Mithra
ou d'autres sectes. Le christianisme parvient à s'affirmer dans cet univers polythéiste,
oriental et
sémitique,
et connaît un développement fulgurant, dont l'histoire reste difficile à écrire à cause de ces origines
multiples et d'un contexte de révolutions incessantes.
Le christianisme marque enfin une conversion stupéfiante. Les religions ou les sectes de l'Orient méditerranéen
séduisent, en général, certaines élites aristocratiques, et les pouvoirs politiques tolèrent ces manifestations, qui n'altèrent
pas fondamentalement, à leurs yeux, les traditions de cultes rendus aux ancêtres et de relations avec les puissances inconnues.
Ces élites d'ailleurs renouvellent leurs croyances, et les nouvelles religions ne sont point perçues comme menaçantes.
Or, quand le christianisme se diffuse, il convertit les classes défavorisées, et toutes les critiques de l'époque soulignent
que le christianisme est la religion des enfants, des femmes, des esclaves et des pauvres. Quelques élites ici et là, sont
séduites ; mais le premier mouvement chrétien est populaire, humble et n'atteint que les défavorisés du système. Cependant,
le christianisme va traverser toutes les couches sociales ; n'en prenons pour preuve que les grandes persécutions des trois
premiers siècles : les chrétiens arrêtés et torturés représentent toute la société, des plus hauts fonctionnaires jusqu'aux
esclaves les plus méprisés ; dans l'arène, ils forment une communauté. Le christianisme se présente donc comme une religion où
les contextes politiques et sociaux éclairent les débats culturels et
théologiques.
Tout repose sur l'histoire et les récits touchant au Jésus-Christ. Et tout va dépendre des témoins, souvent des
martyrs,
qui en authentifient les paroles et les enseignements. De nos jours, l'universalité du christianisme se révèle, sur
tous les continents, comme une fidélité à Jésus de Nazareth, dit le Christ. Il ne cesse de se développer à travers les églises
de tous les pays et les réflexions théologiques issues des pratiques chrétiennes et des textes qui en fondent l'interprétation.
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Le christianisme confesse que Jésus-Christ est le fils de Dieu, mais en même temps se souvient de Jésus-Christ comme
d'une figure historique, inconnu de son vivant en dehors de l'obscur canton de l'Empire romain où il vécut.
Jésus naquit probablement à
Béthléem,
peu avant l'an 4 avant notre ère, dans une famille juive descendant du
roi David.
Il était le fils
putatif de
Joseph, le "charpentier",
et de
Marie.
Mais c'est à Nazareth, en
Galilée,
qu'il passa la
première partie de sa vie (Marc 1:9)
et c'est à cette ville qu'il doit son nom d'"homme de Nazareth" (Matthieu 21:11) ou de "Nazaréen" (Mc. 14:67, Mt. 2:23, Actes des Apôtres 26:9).
Les Evangiles rappellent que cette naissance était manifestement surnaturelle (en dépit de circonstances très terre
à terre : sa naissance dans une étable, avec la visite des bergers, est devenue l'un des récits les plus connus du monde). Des
anges proclamaient qu'il était le sauveur de l'humanité promis, et ses parents affirmaient qu'il avait été conçu sans relations
sexuelles, par la puissance de Dieu. Jésus est donc vraiment homme, mais il est aussi le fils unique de Dieu.
Le roi Hérode,
qui régnait alors à
Jérusalem,
et que les
mages
avaient informé de la naissance d'un nouveau roi des
juifs, crut voir dans le nouveau-né un concurrent pour son trône ; c'est pourquoi il décida la mort de tous les garçons de deux
ans et au-dessous nés dans le territoire de Béthléem. Joseph, qu'un ange avait avisé des projets d'Hérode, trouva refuge en
Egypte avec Marie et Jésus, soustrayant l'enfant au massacre.
De sa naissance à l'âge de trente ans environ, la vie de Jésus nous est presque entièrement inconnue. Il a sans doute
reçu la solide éducation que transmettait le
judaïsme,
alors religion d'Israël ; un judaïsme qui était en relation avec les courants théologiques de l'époque :
sadducéens,
esséniens,
pharisiens.
Les documents de la communauté juive de
Qumrân,
près de la mer Morte, nous donnent des informations sur le foisonnement d'idées qui alimentaient alors le judaïsme.
Elle aurait commencé, selon les Evangiles, par le baptême que Jésus reçut de
Jean le Baptiste
sur les rives du Jourdain. Ce rite de l'imersion du fidèle dans les eaux du Jourdain comprenait également la confession de ses péchés et la
proclamation d'une fraternité universelle entre tous les hommes : "Que celui qui a deux vêtements, déclare Jean le Baptiste,
les partage avec ceux qui n'en ont pas, qu'il en soit de même pour la nourriture." Mais la mission de Jésus fut confirmée par
une manifestation du Père et du
Saint-Esprit :
"Aussitôt en remontant des eaux, il vit les cieux se fendre et l'Esprit descendre
vers lui comme une colombe. Et une voix vint des cieux : "Tu es mon fils bien-aimé, mon élu en qui mon âme se complaît".
Marc et Luc expriment la filiation divine de Jésus par une formule classique : "Tu es mon fils", formule liturgique
par laquelle le prêtre, au nom de Dieu, saluait le roi d'Israël fraîchement élu. Ce récit baptismal, où l'on peut reconnaître
les traits caractéristiques d'une vocation prophétique, souligne fortement que Dieu reconnaît la filiation divine de Jésus, ce
qu'exprime en particulier l'adjectif "bien-aimé" associé au substantif "fils". Le baptême de Jésus, point de départ de
l'Evangile de Marc,
est, sur le plan
eschatologique,
parallèle à l'accession au trône du roi d'Israël. Cependant, Luc est
convaincu que Jésus est le fils de Dieu, du père qui est aux cieux, dès l'épisode où Marie et Joseph retrouvent leur fils
de douze ans en train de discuter avec les docteurs du Temple, lorsque Jésus pose à ses parents la question suivante :
"Ne savez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? ". Que Dieu soit le père de Jésus ainsi que de tous les hommes
aura une importance décisive sur la future activité publique de Jésus.
Après l'expérience de la vocation qui s'est manifestée au cours du baptême, où l'on retrouve d'évidents renvois aux
prophètes de
l'Ancien Testament,
où l'ouverture des cieux, la descente du Saint-Esprit et l'écho de la voix de Dieu sont des
signes que les derniers temps approchent, Jésus quitta Jean le Baptiste. S'étant retiré dans la solitude du désert, il s'imposa
un
jeûne
de quarante jours et quarante nuits, au cours duquel il fut tenté par
Satan
qui lui demanda d'accomplir des miracles
et lui proposa toutes les richesses de ce monde. Mais Jésus, "fils de Dieu", repoussa le tentateur.
Jean le Baptiste, le précurseur, emprisonné par
Hérode Antipas,
avait orienté ses propres disciples vers Jésus, qui
avait commencé sa mission prophétique en Galilée. Suivant l'exemple des
rabbins,
il rassembla autour de lui un groupe de
disciples (comprenant également des femmes), et s'adonna à l'enseignement des Ecritures dans les synagogues ; ses discours et
ses controverses portaient sur la validité et le dépassement de la loi testamentaire. Il parcourut toute la Galilée, suivi de
ses disciples, pour répandre la parole de Dieu ; il prêcha en particulier à
Capharnaüm
et au bord du
lac de Génésareth
(ou de
Tibériade),
d'où étaient originaires la plupart de ses disciples. Le coeur de son message prophétique était la venue imminente
du règne de Dieu et l'exhortation, qui en découle, à changer de façon de penser et de vivre (la conversion), comme le résume si
bien Marc : "C'est l'instant, le règne de Dieu approche : changez votre esprit [c'est-à-dire : convertissez-vous] et croyez à
l'Evangile."
Jésus s'adresse aux oppriomés, aux méprisés, à ceux qu'on persécute (depuis l'an 63 av. J.-C., les armées romaines
occupent directement ou indierectement la Palestine) : "Heureux les pauvres d'esprit, car le royaume des cieux leur appartient.
Heureux les affligés, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils posséderont la terre en héritage. Heureux ceux qui ont
faim et soif de justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les
coeurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de la paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont
persécutés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient". Les derniers temps sont là, l'histoire parvient à son
terme. Le salut annoncé par Jésus est un don de Dieu, et non un mérite de l'homme. Le salut commence avec Jésus mais il n'est
pas acquis : il est donc à la fois présent et à venir. Jésus montre par ses actes et par ses paroles qu'avec lui a commencé le
royaume de Dieu et fait entrevoir aux hommes, à travers sa personne, la force de ce royaume. Tous sont appelés à entrer dans
ce royaume, et d'abord ceux qui en ont le plus besoin : enfants, pauvres, malades, pécheurs. La réponse adéquate de l'homme
au don de la grâce de Dieu consiste à agir avec la concience d'appartenir au Seigneur. La "règle d'or" inclut l'amour des
ennemis : "Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux". Ou encore : "Aimez vos
ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament".
L'ensemble de ces enseignements du Christ constitue la synthèse de la doctrine de Jésus. Elle vaut pour tous ceux qui suivent
l'enseignement de Jésus, garanti par les actions et les
miracles.
Les mots utilisés dans le Nouveau Testament pour exprimer
ces miracles (dynamis, "acte de puissance" ; semeion, "signe" ; teras, "prodige") évoquent l'efficacité de la force divine,
dont témoignent les actes de Jésus. Jésus répond à de véritables besoins et ne fait donc pas montre, arbitrairement, de son
pouvoir : il multiplie les pains pour nourrir une population affamée, il apaise une tempête dangereuse sur un lac.
Les enseignements et les actions de Jésus suscitèrent une profonde hostilité chez ses contemporains : ils
représentaient une menace pour la religion juive établie, scandalisée par les positions prises par Jésus à propos des
préceptes traditionnels (en particulier les règles définissant le pur et l'impur, et le respect du
sabbat).
Les juifs
le firent apparaître aux yeux des Romains comme un dangereux chef politique. C'est ainsi que, lorsqu'il se rendit à Jérusalem
pour y fêter la Pâque, Jésus, qui auparavant avait été, en tant que Messie, acclamé par des foules en liesse, fut arrêté et
condamné.
Le récit des moments qui précèdèrent et suivirent son arrestation est rapporté par tous les évangélistes : le dernier
repas (
la Cène)
en compagnie de ses disciples la veille de sa mort, la trahison de
Judas,
l'arrestation au
jardin de Gethsémani,
le jugement selon la loi juive pour blasphème, la
flagellation,
le couronnement d'épines, la condamnation à la mort sur la
croix décidée par le gouverneur romain
Ponce Pilate,
puis le chemin de croix, la mort et l'ensevelissement. Condamné comme
rebelle politique, le
"roi des juifs" fut cricifié, selon l'usage romain, en même temps que deux voleurs. Ce supplice était
réservé aux délinquants, aux esclaves, aux rebelles et aux criminels de guerre. Le panneau fixé sur la croix, rédigé en hébreu,
en latin et en grec, indiquait le motif officiel de la condamnation à mort : "Jésus de Nazareth, le roi des juifs",
traditionnellement abrégé en
"INRI" (du latin lesus Nazarenus Rex Iudaeorum).
Des disciples influents purent enlever le corps de Jésus et l'ensevelirent en hâte dans un tombeau voisin. Le
surlendemain, ses disciples trouvèrent la tombe vide ; quelques semaines plus tard, ils commencèrent de proclamer dans les
rues de Jérusalem qu'il était ressuscité et qu'il leur était apparu. La résurrection de Jésus fut au coeur de la
prédication
chrétienne primitive ; les premiers chrétiens confessèrent et glorifièrent la résurrection du Seigneur. On lit dans Jean
(11 : 25-26) : "Je suis la
résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s'il meurt,
vivra ; et quiconque vit et croit
en moi ne mourra jamais."
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La vie de Jésus en ses quatre moments (naissance, baptême, prédication, et mort et résurrection) suscita partout et en toutes les communautés des interogations auxquelles les témoins apportèrent leur réponse. Cependant, les Eglises à prédominance judaïque éclairèrent leur vision et leur mémoire à la lumière des textes saints du judaïsme, alors que les différentes populations converties amalgamaient parfois leur culture et leur sensibilité aux récits chrétiens. Toutes les Eglises ont donc décidé de fixer un canon, c'est-à-dire un ensemble de textes reconnus comme fondement de la foi et de la morale des disciples du Christ.
Les Hébreux puis les Juifs ont accoutumé leurs tribus à regrouper les textes d'une certaine façon. Les
éridits
classent les textes rédigés en hébreu en 24 livres, pour des raisons ritielles et symboliques (
Tôrah, Prophètes et Ecrits).
Le canon des
églises réformées reprend celui de la Bible hébraïque, mais
classe les textes dans un ordre différent.
Les livres Deutérocanoniques de la
Vulgate (la Bible catholique)
sont appelés
Apocryphes (littéralement : livres "cachés"). Ainsi les
livres de la Bible réformée sont :
Pentateuque,
Livres historiques,
Livres poétiques et sapientiaux,
Livres prophétiques ?
La Version des
Septante, version officielle de l'Eglise orientale,
comprend, outre les livres deutérocanoniques
(Esther grec,
Judith,
Tobie,
I et 2ème livre des Maccabées,
Sagesse,
Ecclésiastique,
Baruch,
Daniel grec), quelques livres apocryphes
III et IV Maccabées, Odes de Salomon, Psaumes de Salomon.
Cette collection ne constitue pas un
"canon".
Les textes
apocryphes ou
pseudépigraphes sont nombreux dans l'Ancien mais aussi
le Nouveau Testament. Le classement
des livres est difficile, en raison soit de la détermination de la langue originelle (hébreu, araméen ou grec), soit du milieu
de composition pour ce qui est de l'Ancien Testament ; à cause des mauvaises conditions de transmission des Apocryphes et des
différences considérables qu'ils présentent, pour ce qui concerne le Nouveau Testament.
Non reconnu comme Ecriture sainte par les juifs, il comprend les quatre Evangiles ( Matthieu, Marc, Luc, Jean), les Actes des Apôtres (suite de l'Evangile selon Luc), les Lettres ou Epîtres, l'Apocalypse de Jean.
Le mot "évangile" (du grec eu-angelion qui signifie "bonne nouvelle"). Les Evangiles ne contiennent pas seulement
le message de Jésus sur l'avènement du Royaume de Dieu. Le message chrétien en effet est exposé par les quatre évangélistes à
travers le récit de la vie et des actes de Jésus. Ainsi les Evangiles ont un double aspect : récit historique et biographique,
et illustration d'un message religieux.
Le plus ancien des quatre, écrit probablement vers 67, est sans doute l'Evangile de Marc ; sa structure se retrouve
chez Matthieu et chez Luc. Il présente la figure de Jésus, puis la description de son ministère en Galilée et de son message,
de ses rapports avec ses disciples et avec ses détracteurs. Il s'achève après le récit du tombeau ouvert et l'annonce de la
résurrection.
L'Evangile de Matthieu a vraisemblablement été rédigé vers 80, dans les sphères judéo-chrétiennes de culture
hellénistique et syrienne (mais sa première rédaction, en araméen, date sans doute des années 40-50). Il figure en premier
selon l'ordre littéraire actuel des textes canoniques, et comprend notamment le célèbre
Sermon sur la montagne.
L'Evangile selon Luc, le plus long, entend rapporter "tout ce que Jésus a fait et enseigné". Il va de Jean le
Baptiste et Jésus à la prédication de l'Eglise à Rome. Cet Evangile fut vraisemblablement écrit vers 70-80 pour une communauté
païenne convertie. Il est aussi appelé
"Evangile de la miséricorde divine".
Les trois premiers Evangiles sont appelés
Synoptiques
parce que leur structure, matériaux littéraires peuvent
en grande partie être mis en parallèle, contrairement à l'Evangile de Jean, qui présente une grande originalité. Ecrit vers
90-100, il a connu une grande faveur chez les penseurs et les mystiques, même non chrétiens.
Ils remontent aux années qui suivent la première captivité de Paul ou sa mort (vers 64), et sont attribués à Luc. Il y raconte comment l'oeuvre de Jésus a été parachevée par le Saint-Esprit : Jésus, par l'intermédiaire du Saint-Esprit, continue à agir, après son ascension au ciel, à travers les actes de ses disciples. C'est ainsi que Luc décrit l'expansion de la parole chrétienne au sein de la communauté de Jérusalem, à l'initiative des apôtres Pierre et Jacques, ainsi que l'activité missionnaire de Paul, depuis la Palestine jusqu'à Rome, dans une grande partie du bassin méditerranéen.
Les plus importantes sont celles de Paul (vers 10 ap. J.-C. -64) ; sept sont reconnues comme authentiques,
tandis que six, bien que de tenue paulinienne, ont vu leur authenticité littéraire discutée ou contestée. Ecrits occasionnels,
elles représentent cependant les premiers témoignages écrits de la foi chrétienne. Par ces lettres, Paul tâche de résoudre les
controverses portant sur la doctrine et la vie chrétiennes, en éclairant les zones d'ombre, en apaisant les disputes, en
repoussant les critiques. Les écrits pauliniens peuvent être divisés en quatre groupes. Au premier groupe appartiennent
les Grandes Epîtres,
au deuxième
les Epîtres de la captivité,
au troisième
les Epitres de la période post-apostolique
et au quatrième
les Epîtres pastorales.
Dans la disposition canonique, ces lettres ne sont pas rangées selon un ordre chronologique,
mais selon leur longueur et leurs correspondants. Dans les Grandes Epîtres se trouvent
l'Epître aux Romains (54 ou 55), les
deux
Epîtres aux Corinthiens ( 1 et
2 )
(respectivement de 53 et de 54),
l'Epître aux Galates (52 ou 53)
et
la 1ère Epître aux Thessaloniciens (50-51).
L'Epître aux Romains n'est pas seulement la plus longue (elle compte 433 versets), c'est aussi la
plus importante d'un point de vue théologique. Elle fut rédigée pour la communauté chrétienne de Rome afin de la préparer
à la visite que Paul s'aprrêtait à lui faire. Toutefois, la lettre la plus ancienne est bien la
1ère Epître aux Thessaloniciens ;
elle est également le texte le plus ancien de tout le Nouveau Testament. Les trois Epîtres de la captivité, qui constituent le
deuxième groupe des écrits de Paul, ont été rédigées après 56, au cours de la captivité de Paul à Rome, ou bien, selon certains
exégètes,
au moment de sa précédente captivité à
Ephèse. Si l'on s'en tient à la première hypothèse,
la plus répandue,
l'Epître aux Philippiens et celle à
Philémon peuvent être datées de 57 et de 58,
tandis que celle aux Colossiens remonte à 60 ou 64.
Les lettres du troisième groupe comprennent la
IIème Epître aux Thessaloniciens (que l'on peut dater de 70),
l'Epître aux Ephésiens (rédigée entre 80 et 100) et
l'Epître aux Hébreux (anonyme, vers 90).
Toutes ces lettres sont donc postérieures à 64,
année supposée du décès de l'apôtre : on peut donc conclure qu'elles n'ont sans doute pas été rédigées par Paul lui-même, mais
qu'elles émanent du cercle de ses disciples. Il en va de même pour les trois Epîtres pastorales, écrites entre 100 et 110, qui
ne peuvent donc pas être attribuées à Paul mais à l'un de ses disciples. Elles comprennent les deux
Epîtres à Timothée (1 et
2) et
l'Epître à Tite.
Outre ces quatorze écrits pauliniens (ou pseudo-pauliniens), figurent parmi les lettres apostoliques du Nouveau
Testament les sept Epîtres dites catholiques, désignées par l'auteur auquel elles sont attribuées :
une Epître de Jacques,
deux de Pierre (n°1,
n°2),
trois de Jean (n°1,
n°2,
n°3),
une de Jude, écrites sans doute entre 63 et 100.
L'Apocalypse de Jean (appelée aussi
"Révélation de Jean" par les protestants),
ultime livre du Nouveau Testament,
est datée de la fin du règne de
Dimitien (81-96).
Elle se propose de consoler les croyants - inquiétés par les persécutions
de cet empereur romain - en les invitant à lutter, à avoir confiance et à espérer le retour du Christ, qui instaurera son
royaume de justice et de paix, que symbolise la Jérusalem céleste. Par sa puissance spirituelle,
sonévocation
des derniers temps, l'Apocalypse fait partie du patrimoine religieux et artistique de l'humanité
(tapisserie d'Angers, gravures de Dürer et de Gustave Doré, Alleluia de Haendel...).
La Bible (le mot signifie "livres") a été traduite en 1750 langues et dialectes. La traduction la plus ancienne, et la
plus importante, est la version grecque évoquée ci-dessus, que l'on appelle la
Version des Septante.
Le texte de la Bible adopté
par l'Eglise remonte au
texte de la Peshitta (en syrien, "version commune"),
rédigée par
Rabbula, évêque d'Edesse, au Vème
siècle. Mais nombreuses furent les versions : Aquila, samaritaine, araméennes, coptes, éthiopienne, arméniennes, gothique,
géorgienne ou arabe.
Chez les catholiques,
la Vulgate,
traduction latine de
Saint-Jérôme,
fut considérée pendant des siècles comme le
texte officiel. Elle a été récemment retouchée, pour être plus conforme aux textes originaux. Après le
concile Vatican II,
de nombreuses conférences épiscopales ont approuvé une traduction officielle de la Bible.
Parmi d'autres versions modernes, la traduction allemande de
Martin Luther (1521-1522 pour le Nouveau Testament,
1523-1534 pour l'Ancien Testament) fut une étape décisive dans l'histoire de la Réforme, mais elle a aussi fortement
conditionné le développement de la langue allemande moderne ; elle constitue encore de nos jours la version officielle adoptée
par les Eglises luthériennes. En 1912, la Société biblique de Stuttgart avait édité le texte de Luther avec des textes modernes.
Une Einheitubersetzung (1980)
de la Katholische Bibelanstalt donna un texte
oecuménique
pour les Psaumes et le Nouveau Testament.
L'actuelle division de la Bible en chapitres, de longueur plus ou moins égale, fut introduite pour la première fois
dans le texte de la Vulgate en 1205 par le théologien anglais
Stephen ou Etienne Langton (1150-1228),
professeur à la Sorbonne,
puis archevêque de Canterbury et cardinal. La division en versets fut introduite en 1551 par l'imprimeur parisien Robert
Estienne (1503-1539).
Alors que les Eglises réformées ne reconnaissent de valeur normative qu'à l'Ecriture (sola Scriptura), les catholiques
et les chrétiens d'Orient considèrent que la connaissance de la révélation divine contenue dans la Bible doit être faite à la
lumière de la tradition, dont des témoins éminents allaient être les Pères de l'Eglise.
Les réformés reconnaissent également une valeur non seulement juridique mais aussi doctrinale à certains textes
confessionnels ou à des symboles. Ainsi, pour les luthériens, un écrit fondamental est la
Confesson d'Augsbourg,
rédigée par
Melanchthon (1497-1560)
sur ordre du prince électeur Jean de Saxe, et remise à Charles Quint le 25 juin 1530, à la diète
d'Augsbourg. (Le rejet de ce texte par les théologiens catholiques provoqua la formation de la
ligue de Schmalkade, en 1531).
Deux autres textes confessionnels des luthériens sont les deux catéchismes publiés par Luther : en 1529,
le Grand Catéchisme
destiné à aider ceux qui prêchent aux enfants et présentent la doctrine chrétienne, et
le Petit Catéchisme,
destiné aux pères de famille et aux pasteurs peu instruits. Ces livres eurent un grand succès et une belle diffusion,
en raison de leur langage simple, de leur souci pastoral, de leur théologie pratique et vécue.
Les textes confessionnels des autres Eglises protestantes sont nombreux. Les réformés qui se réclament
d'Ulrich Zwingli (1484 - 1531)
et de
Jean Calvin (1509 - 1564)
renvoient à la Confession de foi helvétique : la première
version fut rédigée en 1536 par
Heinrich Bullinger (1504 - 1575),
un théologien protestant suisse ; la deuxième, traduite en
allemand en 1566, résume la doctrine des théologiens suisses de la seconde moitié du XVIème siècle. Elle est aujourd'hui
encore considérée comme le principal lien unificateur entre les différentes Eglises réformées d'Europe.
Le catéchisme le plus connu après ceux de Luther est
le Cathéchisme de Heidelverg,
paru en 1563 avec quatre éditions la même année. Il fut écrit par les théologiens
Zacharias Yrsinus (1534 - 1583) et
Kaspar Olevian (1536 - 1587) et,
sans s'opposer à Calvin, il maintient le contact avec la Réforme allemande, surtout avec Melanchthon.
Le texte confessionnel de l'Eglise commune (Book of Common Prayer), dont la première version parut en 1549 ;
la seconde, ainsi qu'une confession de foi en Quarante-deux articles, en 1452. Elle exposait des thèses de diverses tendances,
comme la doctrine évangélique de la justification et la conception calviniste de la sainte Cène.
Les presbytériens et les indépendantistes d'Ecosse et d'Amérique du Nord se réfèrent à la Westminster Confession,
texte confessionnel élaboré en 1647 au
synode de Westminster (1643 - 1653).
Enfin, pour ce qui est des catholiques, les décrets des vingt et un conciles oecuméniques et les décisions
doctrinales des papes ont une valeur normative et doctrinale. Le Catéchisme romain est un manuel de catéchèse qui résume
l'essentiel de la doctrine catholique en matière de foi et de morale. Il a été rédigé par des théologiens à la demande
du concile de Trente (1545 - 1563)
et publié en 1566 sous le pontificat du
pape Pie V (1566 - 1572).
En 1990 a été publié en français le nouveau Catéchisme de l'Eglise catholique, traduit ensuite en latin et dans les autres
langues.
Tous les textes canoniques vont être complétés par les exégètes, les moralistes et les théologiens. Et bientôt
deux cultures seront comparées, celle de l'Antiquité avec les Grecs et les Romains depuis
Homère,
et celle du christianisme
avec les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament.
Au IVème siècle,
l'hellénisme (voir Hellénistiques, religions)
et les lettres classiques païennes sont submergés
par un vaste courant intellectuel engendré par les Pères de l'Eglise s'exprimant en grec et en latin. Ils ont assimilé la
culture traditionnelle, mais ils apportent une caution philosophique, morale et littéraire aux textes sacrés ; ils les
commentent et les expliquent. Le christianisme, religion d'Etat, défendue par un pouvoir impérial dictatorial, voit
apparaître un ensemble de professeurs, de
rhéteurs
et de philosophes s'exprimant sur les vérités chrétiennes et leur
donnant une valeur telle que le
paganisme
devient obsolète et surtout indéfendable. Les Pères de l'Eglise, parce qu'ils
maîtrisent la culture classique, séduisent leurs étudiants et les foules évangélisées en utilisant les mêmes techniques
mais à des fins différentes. L'Orient grec et l'Occident latin présentent ainsi des écrivains, des penseurs et des théolohiens
exceptionnels. Ils sont issus de l'élite de la société.
Ambroise
est fils d'un préfet du prétoire,
Chrysostome d'un maître de
la milice. Tous ont fait d'excellentes études à Athènes, à Rome ou à Antioche. Leurs professeurs sont païens. Mais
Basile,
Grégoire
ou Jérôme
sont chrétiens. Et ce sont plutôt les élèves qui convertissent les professeurs. Dans ces études, ils sont
devenus maîtres en
rhétorique,
en apologétique
et en technique oratoire. Ils apprennent à convaincre et ils utilisent désormais
toute leur culture au service du christianisme.
Augustin,
élève quelque peu autodidacte, représente la réussite la plus
spectaculaire de cette métamorphose culturelle.
Les Pères de l'Eglise relatent presque tous leur conversion, en général vers trente ans, et ils reconnaissent le
rôle exceptionnel joué par leur mère, leur soeur, le milieu naturel déjà gagné au christianisme. La soeur de Basile aide son
jeune frère Grégoire, comme
Anthousa
son fils Jean Chrysostome, comme Monique son fils Augustin.
Une exceptionnelle ferveur intellectuelle s'accompagne d'une vie
ascétique
et souvent monacale. Les Pères de l'Eglise,
évêques ou moines, ont donné à l'Eglise nouvelle un
corpus
de textes allant de la pastorale rhétorique à la théologie
philosophique. Ils fondent la culture du christianisme.
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Les récits de la vie de Jésus et les textes évoquant et illustrant son enseignement se traduisent dans une culture
chrétienne. Celle-ci élabore peu à peu les obligations du chrétien et les conséquences morales de son engagement.
Pour les chrétiens, le contenu essentiel de la foi est formulé dans une profession de "foi ecclésiale" : il s'agit
du Credo, qui tire son nom du mot latin par lequel débute cette profession.
Les Eglises chrétiennes de tradition occidentale se reconnaissent par ailleurs dans la profession de
"foi apostolique"
: elle a pour origine une déclaration de baptême de l'époque romaine (remontant aux IIIème et IVème siècles) qui témoigne,
comme l'indique précisément le terme, de la foi des Apôtres.
"Je crois en Dieu, Père tout-puissant, qui a fait le ciel et la terre ; et en notre Seigneur Jésus-Christ,
Fils unique de Dieu, qui s'est incarné par l'opération du Saint-Esprit, dans le sein de la Vierge Marie ; je crois aussi
qu'il a souffert sous Ponce Pilate, qu'il a été crucifié pour l'amour de nous, qu'il est mort sur la croix et qu'il a été
enseveli ; qu'il est ressuscité le troi-personne, le Fils de Dieu ; dans la dernière partie, la foi dans la troisième personne,
le Saint-Esprit, et ses oeuvres de salut. Entre le IIIème et le IVème siècle est attestée pour la première fois l'habitude
de subdiviser ce symbole, de façon schématique, en douze articles de foi ; et c'est au IVème siècle que se répand l'usage
d'attribuer librement chacun de ces douze articles à l'un des Apôtres.
Outre cette profession apostolique, bien des Eglises d'Occident reconnaissent la profession des
conciles de Nicée (325)
et de
Constantinople (381), IIème concile oecuménique qui vit le
triomphe de l'orthodoxie nicéenne : "Le Fils est
consubstantiel
au Père, l'Esprit procède du Père et est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils."
Dieu est le créateur de toutes les choses visibles et invisibles : par sa toute-puissance, sa sagesse et sa bonté,
il a créé le monde (c'est-à-dire tout ce qui existe) atour de lui, à l'origine des temps et à partir du néant. La creatio
ex nihilo se fonde sur deux récits de la Genèse : un récit que l'on doit à ce que l'on a l'habitude d'appeler la
"tradition iahviste"
du Xème siècle av. J.-C. (Ge. 2 : 4-3 : 24) et un texte plus sobre et plus schématique (Ge. 1 : 1-2 : 3)
appartement à la "tradition sacerdotale". Dans ces pages de la Bible, la création est un acte de parole, un appel,
par lequel Dieu donne vocation aux créatures à être ; le monde, tout en étant distinct de Dieu, lui est originellement lié.
Par l'expression "ciel et terre", on désigne le ciel visible et la terre avec ses arbres, ses plantes, ses animaux.
Dans le ciel invisible, le Dieu créateur est servi par des anges (du grec angelos, "messager"), créés par lui, dont la fonction
est aussi celle de messagers de Dieu auprès des hommes. Ils témoignent non seulement de la sainteté et de la puissance de Dieu,
mais aussi de sa proximité, qui est un tel réconfort pour l'homme. Quelques-uns de ces anges se sont éloignés de Dieu ; aussi
ont-ils été condamnés à l'enfer éternel. L'adversaire de Dieu, c'est le
diable
(transcripton d'un mot grec signifiant
"calomniateur", que les traducteurs grecs de l'Ancien Testament utilisèrent pour désigner Satan), qui est entouré d'autres
mauvais esprits. Dieu a également créé l'homme et la femme, en les plaçant dans un horizon de bonheur, le paradis, symbole de
perfection. Le péché (originel) de l'homme, Adam ("homme" en hébreu), et de la femme, Eve ("vivant" en hébreu), les éloigne de
cet horizon pour les précipiter dans un monde de détresse et de douleur. Si Dieu ne veillait pas sur la création jusqu'à la fin
des temps, avec une force immuable (creatio contunua), le monde replongerait à nouveau dans le néant.
On appelle
"providence"
(pronoïa en grec, providentia en latin) ce continuel acte créateur, lequel montre le pouvoir
de Dieu sur les événements et sur la vie des hommes, qui prévoit tout et à toute chose pourvoit, veille à l'équilibre de sa
création : "En lui nous vivons, nous nous mouvons et nous avons l'être", dit Paul (Ac. 17 : 28 sq.). La façon qu'a Dieu de
gouverner le monde s'explique, d'après Augustin dans La Cité de Dieu (412 - 427) : la cité de Dieu est la cité des hommes
vivant selon la loi de Dieu qui appelle tous les hommes à ce "sabbat qui n'aura point de soir, vers ce royaume qui n'aura pas
de fin", alors que la cité terrestre est celle des hommes vivant selon leurs lois et excluant Dieu de sa finalité. Les chrétiens
ont une raison d'appeler Dieu "Père", puisqu'ils n'ont pas reçu un esprit de soumission dans la peur, mais bien un esprit de
filiation à l'égard de Dieu, au point de l'invoquer en ces termes : "Abba, Père"
(Epître aux Romains 8:15).
Parmi toutes les
qualités attribuées à Dieu, celle que l'on rappelle sans cesse est la "toute-puissance" : "Rien n'est impossible à Dieu"
(Lc. 1:37). Il n'est rien que Dieu ne puisse faire, du moment que cela se concilie avec son être parfait. Il est dans le
pouvoir de Dieu de faire plonger le tout dans le néant et de faire surgir du néant des mondes nouveaux.
Les représentations de Dieu empruntées à la religion juive (Dieu comme créateur et conservateur du monde, l'action de
Dieu dans l'histoire) sont organisées de façon trinitaire par le christianisme. On retrouve cette structure trinitaire dans la
formule de baptême prononcée par Jésus lorsqu'il confie aux Apôtres leur mission de faire de tous les peuples des disciples
: "Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit". La Trinité désigne la foi, fondée sur les textes du Nouveau
Testament, dans la triade des personnes divines, selon laquelle le Père est Dieu, le Fils est Dieu et le Saint-Esprit est Dieu.
Néanmoins, les trois personnes divines ne sont pas trois dieux (
trithéisme)
, mais un Dieu unique (
monothéisme).
Leur unité se
mesure dans l'être, et leur diversité dans les personnes. Dans cette nature divine unique sont compris le Père, qui n'est
généré par personne, le Fils, né du Père avant le début des temps, le Saint-Esprit, qui de toute éternité est issu du Père et
du Fils. Le dogme de la Trinité, au centre et au coeur du christianisme, formulé au
concile de Nicée (325)
et à celui de
Constantinople (381), est reconnu par le plupart des Eglises chrétiennes. Seule l'expression filioque ("et du Fils" en latin),
qui provient surtout de la théologie d'Augustin (354-430), est devenue officielle à une époque plus tardive.
Elle est présente dans la profession de foi des conciles de Nicée et Constantinople des Eglises d'Occident : pour elles
précisément, le Saint-Esprit procède du Père et Fils. Cet ajout du filioque n'est pas accepté par les orthodoxes, lesquels,
renvoyant à un passage de la Bible, le considèrent comme une variante illicite.
Pendant les premiers siècles du christianisme, il y eut plusieurs interprétations de ce mystère de Dieu qui apparaît
se réaliser à la fois et dans l'unité comme Père, Fils et Saint-Esprit. Elles donnèrent lieu à plusieurs hérésies.
Le monarcianisme
ou modalisme.
Pour lui, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas distincts, ce ne sont que
trois "modes" de Dieu.
L'adoptianisme.
Ce terme regroupe tous les courants qui soutiennent que le Christ, doté d'un esprit divin, n'est que
le fils adoptif de Dieu ; il est fils de Dieu par adoption et non par nature.
Le subordinationisme.
Cette conception, liée à
l'arianisme,
suppose dans la Trinité une subordination
ontologique
du Fils et l'Esprit par rapport au Père.
L'arianisme. Cette doctrine
christologique
tire son nom du prêtre alexandrin
Arius,
qui, vers 320, mit en cause la
divinité du Christ : le Père seul est éternel ; le Fils, tiré du néant, est la première et la plus excellente des créatures.
Malgré
l'excomunication
d'Arius et la condamnation solennelle de sa doctrine aux conciles de Nicée (325), puis de constantinople
(381), l'arianisme a longtemps survécu chez les peuples germaniques christianisés par l'évêque
Ulfila
(Goths, Vandales, Lombards)
, et ce jusqu'au VIIème siècle, en particulier chez les Lombards.
Les macédoniens. Dans le sillage de l'arianisme, ils refusaient d'admettre la divinité du Saint-Esprit. Ils furent
condamnés par le concile de Constantinople (381). C'est alors que fut réaffirmé le caractère divin du Saint-Esprit, et c'est à
cette occasion que les macédoniens reçurent le nom de
"pneumatomaques"
("qui contestent le Saint-Esprit" en grec).
Le socinianisme.
Fondé, au XVIème siècle, par le réformateur
siennois Socin,
il nie la Trinité et la divinité du Christ.
On retrouve cette doctrine dans le protestantisme libéral.
Le premier couple humain, Adam et Eve, symbole de l'humantité tout entière, est tombé de l'état de perfection, voulu
et créé par Dieu, dans le péché originel, source de tous les autres péchés. Les Eglises d'Orient et l'Eglise catholique voient,
comme conséquences du péché originel, la perte, pour tout homme, du don surnaturel de la grâce et de la sainteté ainsi que
l'affaiblissement de la volonté humaine. Les Eglises protestantes soutiennent au contraire que la conséquence de ce péché est
la déchéance spirituelle de la nature humaine : la corruption de l'humanité est radicale, c'est-à-dire qu'elle touche chaque
homme qui, héritant du péché
(Erbsunde),
est pécheur devant Dieu. La condition de corruption appartient donc structurellement
à chaque être humain.
Les quakers
et les mennonites
parlent en revanche de faute héritée uniquement lorsque celle-ci se
concrétise en péchés réels. Par ses péchés, l'homme, suivant ses mauvais penchants commet devant Dieu, sans toute sa plénitude,
le péché originel. Les protestants croient que, à cause de sa corruption totale, l'homme est incapable de réaliser de actions
agréables à Dieu. La position des chrétiens orthodoxes et des catholiques est fort différente : selon eux,
les actions de
l'homme ne sont pas toutes à considérer comme des péchés devant Dieu. Toutefois, les hommes ne sauraient se libérer, par leurs
propres forces, de leur condition de pécheurs. Ils ont donc besoin de la force
rédemptrice
du Christ pour recevoir l'amitié
de Dieu et la participation à sa propre nature. Dans ce but, Dieu a envoyé son Fils sur la terre ; le Rédempteur, s'est fait
homme. L'étude de la personne et de la doctrine du Christ, la
"christologie",
n'est apparue qu'après les grands débats
théologiques des Eglises orientales, entre le IVème et le VIème siècle. Le concile de Nicée (325) affirmait la divinité du Fils :
"Engendré par le Père, vrai Dieu né du vrai Dieu, il lui est consubstantiel " (homoousios en grec). Cette théologie s'opposait
à celle définie par Arius, l'arianisme. Le
IVème concile oecuménique de Chalcédoine (451),
proclame l'"union des deux
natures sans confusion ni division en la personne du Christ" ; il met ainsi fin à cette crise christologique.
Le IIIème concile oecuménique de Constantinople (680-681) réfute la doctrine du
monothélisme
(du grec monos thélèma, "une volonté"). On y déclare
que dans le Christ, le Verbe incarné, il y a deux "énergies", l'une divine, l'autre humaine, indivisibles, unies mais non
mélangées, qui agissent ensemble pour le salut du genre humain. Jésus-Christ, en qualité de Fils de Dieu, est descendu du ciel
sur la terre, s'est fait homme et, en mourant sur la croix, a racheté les péchés de l'humanité tout entière en les prenant sur
soi. Et cette "satisfaction" est considérée par Dieu comme suffisante pour effacer le mal commis par l'homme. La condition des
hommes participant à cette réconciliation avec Dieu à travers la mort du Christ est définie comme une renaissance spirituelle.
Cette nouvelle naissance s'opère grâce au baptême, qui efface le péché originel et, le cas échéant, les péchés personnels.
Selon les enseignements des Eglises orientales et de l'Eglise catholique, les hommes obtiennent alors l'aide et le soutien du
Saint-Esprit.
Au contraire, selon les Eglises luthériennes et réformées, les hommes, qui n'ont pas en eux une force qui les pousse
au bien, entament et achèvent cette renaissance uniquement grâce à l'oeuvre du Saint-Esprit.
La doctrine de la prédestination,
à laquelle Paul fait allusion et qu'Augustin a développée, est comprise par les calvinistes de la manière suivante : Dieu
n'applique le mérite du Christ qu'à ceux que lui-même a déjà prédestinés au nonheur éternel, suivant un dessein éternel et
impénétrable. Et ces élus sont même en condition de ne pouvoir s'opposer au don de Dieu. Selon l'opinion des Eglises orientales,
romaine et luthériennes, l'homme, en revanche, peut librement rejeter la grâce de Dieu. Une forme particulière de prédestination
calviniste est
le supralapsdrisme
(du latin supra lapsum, "au-dessus de la chute") - doctrine que soutiennent, au XVIIème siècle,
les réformés hollandais -, selon lequel la prédestination est indépendante du péché originel, condamné une partie de l'humanité.
Au contraire, selon
l'infralapsarisme,
la prédestination est essentiellement liée au péché originel. Les adeptes de cette
doctrine ont imposé leur conception au
synode de Dordrecht.
Pour accéder à la béatitude éternelle, la situation de l'homme,
qui est de toute façon celle de "pécheur devant Dieu", doit changer par la "justification du pécheur devant dieu". La
"justification", concept fondamental chez l'apôtre Paul, veut dire avant tout le rétablissement du rapport entre l'homme et
dieu, un rapport que le péché a compromis. Elle constitue le point de départ de la théologie réformée : l'homme est déclaré
juste par la volonté et la grâce de Jésus-Christ, alors que pour les catholiques et les orthodoxes la justification exige aussi
la libre réponse de l'homme. Selon la doctrine luthérienne de la justification, l'homme peut faire l'expérience de la grâce du
Christ "uniquement par la foi" (sola fide, Ro. 3-4) et non par ses actions : les "bonnes oeuvres" sont, dans cette perspective
que l'homme, à qui la grâce habituelle est accordée, peut, par ses "bonnes oeuvres", mériter, par grâce divine, une récompense
et gagner ainsi le bonheur éternel. Luther conçoit la vie de l'homme à la fois comme justification et création. La justification
est un événement dynamique, et l'homme, à la fois juste et pécheur (simul justus et peccator en latin), vit, à tout moment de
son existence terrestre, pénitence, pardon et renaissance devant Dieu, selon la célèbre formule :
semper peccator, semper justus et simul
("toujours pécheur, toujours justifié, et les deux ensemble"). Calvin envisage la justification en relation avec
la predestination : cette dernière est véritable par le succès que l'on obtient dans la vie, c'est-à-dire par la récompense
que Dieu offre à l'homme au cours de son existence terrestre. La grâce touche les hommes sous forme d'une aide imméritée,
surnaturelle, par les "moyens de grâce" : l'annonce de la parole de Dieu et l'administration des
sacrements.
Dans l'Imitation de Jésus-Christ, il est dit qu'il y a dans l'Eglise de Dieu deux "tables" à la disposition de l'homme : celle de la Parole
(Bible) et celle du pain (c'est-à-dire du sacrement eucharistique).
La grâce de Dieu, invisible pour l'homme, se concrétise par des signes visibles, en l'occurence par les sacrements
(du latin sacramentum, "serment secret", "moyen de grâce"). Pour les catholiques, les sacrements apportent la grâce
ex opere operato
("à partir de l'action effectuée"), c'est-à-dire par l'exécution de l'acte liturgique,
selon la volonté du Christ, et
indépendamment du degré de sainteté de la personne qui les confère. L'effet salvateur dépend également des dispositions de
celui qui reçoit le sacrement : manifester une intention droite, ne pas avoir commis de péché mortel, par exemple (sauf pour
le baptême et la confession, sacrements précisément institués pour effacer et pardonner les péchés). C'est pourquoi l'effet
des sacrements tient aussi à la foi de celui qui les reçoit,
ex opere operantis ("par l'action de celui qui agit").
Dans les
Eglises catholique, la vie spirituelle repose sur sept sacrements, institués par Jésus, qui donnent et augmentent la grâce :
baptême,
confirmation,
eucharistie,
pénitence - ou confession -,
sacrement des malades,
ordre et mariage.
Le baptême, la confirmation et l'ordre ne peuvent être donnés qu'une seule fois dans la vie.
Les luthériens et les réformés ne reconnaissent
que deux sacrements : le baptême et l'eucharistie. De vifs débats sont nés sur la question de savoir si les sacrements sont
une transmission directe de la grâce ou qu'ils ne sont que des symboles ou des signes de cette grâce.
Pour toutes les grandes Eglises, à l'exception des Eglises réformées, l'homme qui a été pardonné peut, une fois qu'il
a atteint l'état de grâce, le perdre à nouveau s'il commet des "péchés mortels" ("mortels" car ils causent la mort de la grâce
dans l'homme). Le péché mortel (en latin : peccatum mortale, peccatum grave) a pour caractéristiques principales d'être une
faute dans une matière grave et un acte conscient auquel on a délibérément consenti. Si l'une de ces conditions manque, il ne
s'agit que d'un "péché véniel". Le péché mortel n'est pardonné que dans le sacrement de la pénitence, s'il existe un repentir
sincère. L'éternelle béatitude, le paradis, consiste en la vision directe de Dieu au ciel, cette vision comportant la plénitude
de la grâce et le bonheur absolu de l'homme. Son envers absolu, l'enfer, consiste en "l'éloignement de Dieu". Mais Dieu n'est
pour rien dans quelque
damnation
que ce soit, car, d'une part, il n'a jamais fait et ne fera jamais qu'aimer quiconque en vient
à vouloir eschatologiquement (pour ce mot, voir infra) se perdre ; de l'autre, l'enfer, qui existe malgré l'amour sans mesure de
Dieu lui-même. Sont condamnés à l'enfer, à la damnation éternelle, les anges révoltés que Dieu a chassés (diables) et les hommes
morts en état de péché mortel (qui ne se sont pas repentis ou dont la faute n'a pas été pardonnée). L'Eglise catholique
reconnaît une troisième condition : celle d'une souffrance provisoire où, après la mort et avant le Jugement dernier, l'homme
se purifie :
le purgatoire
(du latin purgatorium, "lieu de purification"). Par là passent tous les défunts qui, au moment de
leur mort, n'étaient pas en état de péché mortel (ils n'étaient donc pas destinés à l'enfer), mais devaient encore expier des
péchés véniels par des peines temporelles (c'est pourquoi ces âmes doivent attendre leur purification complète avant de pouvoir
atteindre la béatitide éternelle). C'est pour tous ceux qui se trouvent au purgatoire que les catholiques prient, notamment
le jour des Morts,
le 2 novembre. Les prières des vivants pour les défunts - donc la foi en cette purification dans l'Au-delà -
remontent au tout début du christianisme ; les définitions officielles sont plus tardives :
IIème concile oecuménique de Lyon
(1274),
concile de Florence (1439).
Le purgatoire a trouvé sa représentation poétique la plus célèbre dans la Divine Comédie de
Dante.
Selon la théologie catholique, les peines du purgatoire peuvent être abrégées par les prières des vivants et
les indulgences.
Les indulgences - c'est-à-dire la réduction d'une peine temporelle que les péchés méritent, accordée par
l'autorité ecclésiastique - peuvent être appliquées par intercession aux défunts. Suivant que l'indulgence est plénière ou
partielle, la totalité ou une partie seulement des peines temporelles peut être remise. Tous les abus engendrés par ce système
ouvrirent la voie à
la Réforme en 1517.
Les protestants ne reconnaissent pas la réalité du purgatoire.
L'eschatologie
(du grec eskata, "dernières choses") est l'étude aussi bien du sort de l'homme (après sa mort et
dans l'Au-delà) que de l'avenir du monde tout entier (fin des temps et début d'un monde nouveau). On trouve à la base de cette
doctrine la promesse du retour du Christ sur terre, laquelle verra, le jour de
la fin du monde, la résurrection des morts,
le Jugement dernier
pour l'humanité tout entière et l'établissement définitif du Royaume de Dieu. Une forme particulière de
représentation eschatolohique est le millénarisme. C'est, en référence à un passage de l'Apocalypse, la croyance en un âge à
venir où le Christ, bien avant la fin du monde, commencera sur la terre, avec ses élus, un règne qui durera mille ans (millenium)
, règne de la paix et du bonheur. Au terme de cette période aura lieu la résurrection générale, et la Jérusalem nouvelle
descendra du ciel. La Réforme connaîtra aussi des tenants du millénarisme, ainsi
Thomas Münzer (v. 1489-1575).
Il y a une relation très étroite entre l'annonce eschatologique de Jésus et son message. Jésus lui-même, en tant qui
prophète messianique, annonce le règne salvateur de Dieu et, en tant que rabbi, s'engage à expliquer en détail la loi de dieu.
Des mots d'encouragement tels qui "le Royaume de Dieu est proche" s'accompagnent de l'invitation pressante "convertissez-vous !".
L'engagement (éthique) à la conversion doit être la réponse de l'homme à la proposition (salvatrice) de Dieu. Le comportement
moral de l'homme est toujours la conséquence, jamais la prémisse de la venue du Royaume de Dieu. Ce comportement fait
abstraction de toute récompense future ; ainsi le Royaume de Dieu est pour tous les hommes un don gratuit en échange de quoi
rien n'est demandé.
Ce n'est que lorsqu'il a reçu ce don que le croyant est exhorté à agir en conséquence ; l'action morale doit alors
être comprise comme la reconnaissance que l'homme manifeste au don de Dieu. Avoir une conduite morale conforme au Royaume de
Dieu a déjà fait à celui qui a reçu sa grâce.
Le grand principe de l'action morale,
l'agapê,
mot grec désignant l'amour, tient une place centrale dans le
christianisme. Dans le Nouveau Testament, il s'agit de l'amour de Dieu pour les hommes et de l'amour des hommes pour Dieu,
celui-ci se manifestant dans l'amour réciproque entre les hommes ("Tu aimeras ton prochain comme toi-même"). Une des
caractéristiques de cet amour est qu'il se place entre trois pôles : Dieu, soi-même et le prochain, contrairement à l'amour
purement humain, bipolaire. L'essence même de l'amour est l'acte d'entrer en relation : aimer quelqu'un, cela veut dire entrer
en relation, en communion avec lui. L'amour chrétien doit être un principe de vie, selon les paroles de Jésus, un élément de
discrimination permettant de reconnaître les vrais disciples : " C'est à cela que tous sauront que vous êtes mes disciples,
si vous avez de l'amour les uns pour les autres." L'enseignement de Jésus consiste donc à ramener la loi tout entière au
commandement fondamental de l'amour : l'amour du prochain est inséparable de l'amour de Dieu. La générosité infinie de Dieu
corrobore le commandement formulé dans la prière quitidienne d'Israël : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur,
de tout ton être et de toute ta force." Ce "premier" commandement ne va pas pas sans le "second" : "Tu aimeras ton prochain
comme toi-même." Jésus ne limite pas "l'amour du prochain" à ses seuls compatriotes, il l'étant - par-delà les clivages
politiques, sociaux, religieux - à tous ceux qui ont besoin d'aide et d'amour, comme on peut le déduire de la lecture de la
célèbre parabole du bon Samaritain : c'est à un tel amour gratuit que Dieu reconnaîtra les siens ; et eux-mêmes découvriront
un jour que c'est Lui qu'ils ont aimé sans le savoir. Deux moments essentiels de cet épisode doivent être considérés : la
question du docteur de la loi, "Qui est mon prochain ?", est une question "objective" et trace l'horizon et les limites du
prochain qu'il faut aimer. Au contraire, ce qui est central pour Jésus, c'est le point de vue "subjectif" de celui qui cherche
de l'aide après être tombé sur des brigands ; dans la formulation du Christ ("Lequel te semble avoir été le prochain de celui
qui était tombé dans les mains des brigands ?"), le prochain est sujet, tandis que dans la question du docteur de la loi le
prochain est encore objet ("Qui dois-je aimer ?"). L'agapê chrétienne est universelle, comme le démontre l'exhortation à aimer
son ennemi, aussi bien l'ennemi personnel qui celui de Dieu ou celui du peuple de Dieu. Et l'appel de Jésus à l'amour dépasse
toute barrière juridique, vu qu'il ne connaît ni frontières ni limites, étant adressé à l'homme entier. Ainsi faire abstraction
de la récompense signifie tout concéder à l'ennemi comme on le fait à l'ami ; même la question "combien de fois" doit-on
pardonner à son frère doit recevoir comme unique réponse : "soixante-dix fois sept", c'est-à-dire toujours. Le critère du do ut
des, que mettent en pratique les publicains et les païens, celui d'un amour qui prétend être payé de retour, est exclu. L'agapê
exige au contraire une spontanéité d'action sans aucune contrepartie. L'amour de Dieu pour tous les hommes apparaît comme un
amour exemplaire, pour l'homme qui veut aimer Dieu et son prochain. La charité est par là même un élément essentiel de la vie
du croyant. Elle ne correspond pas à la totalité du comportement chrétien ; Paul, en effet, la rapproche volontiers de la foi
et de l'espérance. "Mais la plus grande des trois, c'est la charité".
La communauté des
quakers
est particulièrement active dans le domaine social, dans la compagne pour la paix dans le
monde. Ils mettent l'accent sur la fraternité humaine et la non-violence, oeuvrent pour la création d'un service civil
international, apportant ainsi leur appui à la cause des objecteurs de conscience. De même, les disciples de l'Armée du Salut
sont engagés dans une intense activité sociale pour venir en aide aux "plus pauvres parmi les pauvres" (alcooliques,
toxicomanes, prisonniers, prostituées). Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Armée du Salut avait organisé un vaste
programme d'aide à l'Allemagne vaincue. La discipline imposée est quasi militaire : il est interdit de boire de l'alcool, de
fumer, et vivement recommandé d'adopter une tenue stricte, voire austère. Ses membres rejettent les sacrements.
Les vaudois,
groupe constitué à partir de 1173 par le marchand lyonnais
Pierre Valdès (Valdo),
vivent selon les principes du Sermon sur
la montagne. Ils suivent un sévère idéal de pauvreté, refusent de prêter serment, rejettent le service militaire et la peine
de mort. Beaucoup d'autres Eglises chrétiennes ont, de nos jours, adopté les mêmes lignes de conduite. Pour des communautés
religieuses particulières,
les Confesseurs de la gloire de Dieu,
ou schwenckfeldiens
par exemple, le christianisme est
pratiquement une imitation de l'exemple donné par le Christ dans le Sermon sur la montagne ; ce groupe refuse également de
prêter serment et de faire usage des armes, encourage la liberté de conscience et la tolérance. C'est aussi une stricte
observance de la Bible qui marque le style de vie des
mennonites,
défenseurs acharnés de la tolérance. Non seulement ils
mènent une vie retirée et refusent le service militaire et tout serment, mais ils soutiennent même, de façon radicale,
la non-violence, au point de condamner l'autodéfense. C'est également le cas de
la communauté des Frères moraves,
qui vit
selon les règles d'une vie simple et stricte, où l'amour fraternel et l'obéissance sont compris comme les valeurs fondamentales
d'un christianisme réel.
Les dix commandements divins qui remontent à la tradition hébraïque conservent leur caractère de
"décalogue"
dans le Nouveau Testament et constituent la base éthique des différents catéchismes chrétiens. L'ordre des commandements est parfois
différent : l'"interdiction de tuer" est ainsi le sixième commandement pour les Juifs et les réformés, tandis que pour les
luthériens et les catholiques il est le cinquième. Juifs et réformés réunissent en un seul le neuvième et le dixième commandement
: "Tu ne désireras point la femme de ton prochain ni aucune des choses qui lui appartiennent."
Outre les dix commandements, les catholiques doivent observer d'autres disciplines spirituelles, que l'on appelle,
pour les distinguer des commmandements de Dieu, "les préceptes ecclésiastiques les plus importants sont : sanctifier le jour
de fête, participer aux messes dominicales et aux fêtes, observer les jeûnes et abstinences, se confesser au moins une fois par
an, communier au moins une fois par an, à Pâques.
Les recommandations données par les évangélistes - renoncer à ses biens, renoncer à sa famille, renoncer au pouvoir
- constitient pour l'Eglisr catholique et les Eglises orientales, en tant que conseils évangéliques, le contenu des voeux
(pauvreté, chasteté, obéissance) prononcés par ceux qui sont appelés à la vie religieuse. En tant que conseils, ils valent
pour tous ceux qui appartiennent à la vie religieuse et ne sont pas, comme les commandements, des contraintes pour tous
(même s'ils constituent un modèle de vie pour atteindre la plénitude du christianisme). L'obligation de renoncer au mariage
et à la famille, qui ne concerne dans les Eglises orientales que les moines et les évêques, a été instituée par
le pape Grégoire VII
en 1074, puis étendue à tous les prêtres en tant que loi ecclésiatique (célibat).
Le concile oecuménique du Latran II (1139)
et le concile de Trente (1545 - 1563)
l'ont confirmée. Le célibat ecclésiastique n'est pas prévu par les Eglises de la Réforme.
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L'Eglise catholique romaine et les Eglises orthodoxes reconnaissent sept sacrements :
baptême,
confirmation,
eucharistie,
mariage,
ordination,
pénitence
et sacrement des malades.
Les Eglises réformées ne reconnaissent comme sacrement
que le baptême et l'eucharistie.
Le sacrement d'entrée dans l'Eglise chrétienne est
le baptême. Ce rite, grâce auquel le baptisé obtient le pardon des
péchés et renaît dans le Christ, se fait par immersion dans les Eglises orientales, par aspersion dans l'Eglise catholique,
depuis le XVème siècle, et dans les Eglises évangéliques. A l'origine, le baptême était administré aux adultes - tradition que
perpétuent de nos jours
les adventistes,
les baptistes,
les mennonites,
les anabaptistes
et les Témoins de Jéhovah - ;
depuis le IIIème siècle, on l'administre de préférence aux nouveau-nés et aux enfants.
Le deuxième sacrement administré dans les Eglises catholique et orientales est la confirmation ; en tant qu'
onction post-baptismale,
elle est en étroite relation avec le sacrement du baptême. Dans l'Eglise catholique, les confirmants, qui sont
environ dans leur dizième année, reçoivent en général le sacrement de l'évêque (comme c'est le cas dans l'Eglise anglicane),
par l'imposition des mains et l'onction avec
le saint chrême.
Dans les Eglises évangéliques, la confirmation marque l'entrée
du baptisé, âgé de treize à quinze ans, dans la communauté en tant que membre à part entière, l'autorisant par là même à vivre,
pour la première fois, l'eucharistie.
Dans les Eglises catholique et orientales, l'ordination (du latin ordo) est le sacrement qui confère à des hommes
(dans certaines Eglises, aussi à des femmes) les pouvoirs transmis par le Christ lui-même : le prêtre aura des pouvoirs
sacramentels (célébrer
l'eucharistie,
c'est-à-dire renouveler la présence réelle du Christ parmi les hommes) et juridictionnels
(
administrer le sacrement de la pénitence,
c'est-à-dire pardonner, au nom du Christ, les péchés). Par l'ordination,
les ecclésiastiques jouissent d'un statut particulier au sein de la communauté des baptisés, qui distingue les clercs des laïcs.
Par "ordination", les Eglises évangéliques entendent en revanche la transmission de droits ecclésiastiques liés à la mission
d'administrateur des sacrements et à celle de prédicateur.
Si les sacrements sont demandés à tous, et si les Eglises veillent à certaines pratiques en ce sens, des choix plus
exigeants sont proposés aux membres de la communauté.
Des ordres,
des congrégations
ou des communautés s'engagent par des voeux,
solennels ou pas, à pratiquer une vie chrétienne
évangélique,
monacale
et ascétique.
Tous ceux qui adhèrent à ces groupes sont
acceptés après un temps de probation d'une ou deux années pour confirmer l'authenticité de leur vocation.
Dans les
ordres monastiques,
les moines (du grec monakos, "seul") pratiquent
l'érémitisme (du grec érémos, désert),
ou bien vivent en communauté sous la direction d'un supérieur
(abbé,
prieur,
archimandrite). Au sein de l'Eglise catholique, on
compte
les bénédictins,
les chartreux,
les trappistes,
les cisterciens.
Dans les Eglises orientales existent des formes de vie
cénobitique
(c'est-à-dire en groupe) : la communauté claustrale, la communauté d'ermites, mais aussi
des anachorètes (du grec anachôrêtê, "qui se retire"),
ermites au sens strict qui se retirent dans la solitude en évitant toute communauté humaine.
L'un des plus célèbres centres monastiques du christianisme orthodoxe est
le monastère du mont Athos, en Chalcidique (Grèce),
où n'habitent que des religieux de sexe masculin.
Parmi les
chanoines réguliers,
qui mènent à la fois la vie des "réguliers" (ceux qui suivent une "règle" monastique)
et celle des "chanoines"
(ceux qui ont une tâche pastorale auprès d'une cathédrale ou d'une basilique), on trouve, entre autres,
les prémontrés.
Les ordres mendiants, nés des différents mouvements de pauvreté du Moyen Age, étaient, à l'origine, contraints de
survivre grâce aux seules aumônes, dans une totale pauvreté. On trouve parmi eux
les franciscains (Frères mineurs, conventuels, capucins),
les dominicains,
les augustins
et les carmes.
En revanche, on appelle
"clercs réguliers"
les ecclésiastiques faisant
partie d'une congrégation religieuse, tels que
les théatins (1524),
les barnabites (1530),
les jésuites (1540),
les somasques (1523),
les camilliens (1582),
les piaristes (1621)
ou les maristes (1673).
Ces ordres peuvent être contemplatifs (leurs membres s'adonnant à la prière) ou actifs, même si, pour certains d'entre
eux, la contemplation n'exclut en rien l'activité. Ils se distinguent, selon leur statut, en ordres sacerdotaux ou laïcs.
Les ordres masculins sont presque tous des ordres sascerdotaux ; généralement, une branche féminine y est rattachée,
un tout petit nombre d'ordres féminins étant effectivement autonomes. En revanche, on compte un grand nombre de congrégations
religieuses masculines et féminines, qui sont les formes de consécration religieuse les plus récentes (comme
les salésiens
ou les
ursulines).
L'admission préliminaire dans un ordre - qui se fait par la solennelle prise d'habit - commence par
le noviciat
(du latin novus, "nouveau"), un temps d'épreuve imposé au novice, qui dure au moins un an et demi. Vient ensuite
la profession de foi,
qui consiste à prononcer ses voeux, c'est-à-dire promettre de vivre selon la règle de l'ordre. Après trois ans, en général,
l'admission dans la congrégation est définitive.
On appelle
monastères
ou couvents (du latin conventus, "rassemblement")
les bâtiments accueillant les communautés de
moines ou de religieuses. La chartreuse, comme celle de Pavie ou la Grande-Chartreuse, est une forme particulière de monastère :
les moines y vivent parfois en complère autonomie, dans de petites cellules avec jardinets que relient un cloître.
Les monastères de
l'ordre Teutonique
sont différents puisqu'ils sont en même temps des forteresses (par exemple Marienburg).
On trouve des communautés semblables dans l'Eglise anglicane depuis le XIXème siècle. Dans les Eglises luthériennes
et réformées, des hommes et des femmes se réunissent en
confréries ;
certaines sont à caractère associatif, d'autres à caractère
conventuel. C'est à ce dernier groupe qu'appartient, par exemple, la communauté de Taizé, qui a une importance toute
particulière comme confrérie oecuménique.
Chaque époque marque par sa pratique des sacrements, et par la création d'ordres ou de congrégations, sa perception
du message évangélique.
L'"année liturgique" comprend toutes les fêtes du calendrier ecclésiastique, coïcidant parfois avec celles de l'année
civile, qui célèbrent essentiellement les événements fondamentaux de l'histoire du Salut. Le calendrier des fêtes religieuses
est constitué de fêtes "mobiles", dont les dates changent d'une année à l'autre, comme Pâques, et de fêtes "fixes", comme la
Toussaint, le 1er novembre, ou l'Assomption, le 15 août. Dans les Eglises grecque et copte, le calendrier des fêtes commence en
septembre, alors que
le calendrier syriaque
débute en octobre, et le calendrier copte à l'Epiphanie. Les fêtes annuelles et
solennelles du christianisme sont
Noël
et l'Epiphanie,
Pâques,
l'Ascension,
la Pentecôte,
l'Assomption
et la Toussaint.
L'avent (du latin adventus, "arrivée" du Christ)
est la période de préparation et d'attente de la naissance du Christ,
c'est-à-dire de Noël, fixé au 25 décembre dans les Eglises d'Occident, neuf mois après le jour de
l'Annonciation faite à Marie (25 mars).
Dans les Eglises d'Orient, la fête de la naissance du Christ est célébrée le jour de l'Epiphanie (d'un mot grec
signifiant "manifestation" du Seigneur), le 6 janvier.
La fête chrétienne la plus ancienne et la plus importante est celle de Pâques, qui célèbre la résurrection du Christ.
La détermination de la Pâques, que
le concile de Nicée (325)
a fixée au premier dimanche après la pleine lune suivant le 21
mars, a été contestée jusqu'au VIème siècle. On fait précéder Pâques de
la Semaine sainte,
qui commence
le dimanche des Rameaux,
une semaine de deuil en souvenir de la passion et de la mort de Jésus-Christ. Les trois derniers jours,
Jeudi saint,
Vendredi saint
et Samedi saint
sont particulièrement importants. Le dimanche des Rameaux, qui commémore l'entrée de Jésus à Jérusalem
(Mt. 21 : 1-11), tire son nom des rameaux que la foule agitait sur son passage. Les catholiques le célèbrent avec une procession
de fidèles qui tiennent précisément des rameaux bénis (dans les Eglises évangéliques, le dimanche des Rameaux est le jour de
la confirmation). Le Jeudi saint commémore la Cène (dernier repas du Christ et des Apôtres) et l'institution de l'eucharistie ;
le Vendredi saint, la cricifixion et la mort de Jésus. Le Samedi saint rappelle la mise au tombeau de Jésus, et le dimanche de
Pâques, sa résurrection.
Selon un passage des
Actes des Apôtres (1 : 3),
l'Ascension (la montée du Christ au ciel)
se fête le quarantième jour
après Pâques, soit le jeudi de la cinquième semaine qui suit cette date, variable chaque année, même si dans certains pays on
la célèbre le dimanche suivant.
La Pentecôte
(du grec pentekostê, "cinquantième" jour après Pâques), qui arrive le septième dimanche après Pâques,
commémore la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres (Ac. 2). Le premier dimanche après la Pentecôte, on célèbre la
Sainte Trinité
(chez les protestants, on appelle tous les dimanches qui suivent "dimanches d'après la Trinité" ; dans l'Eglise
catholique en revanche, on les appelle "dimanches d'après la Pentecôte").
Le deuxième jeudi après la Pentecôte, l'Eglise catholique célèbre
la procession de la Fête-Dieu
en l'honneur de l'eucharistie (dans cetains pays, elle a lieu le dimanche suivant).
Dans les Eglises évangéliques,
la fête de la Réforme,
qui commémore le jour de l'affichage des thèses de Luther,
est fixée au 31 octobre.
Dans l'Eglise catholique,
la Toussaint
se fête le 1er novembre, tandis que dans les Egleses d'Orient, on la fête
le premier dimanche après la Pentecôte.
Le 2 novembre, pour les catholiques, est
le jour des Morts,
jour où l'on prie pour les âmes du purgatoire.
Les grandes fêtes catholiques célébrant Marie sont : la Purification de la Vierge Marie (
fête de la Chandeleur,
2 février),
l'Annonciation (25 mars),
l'Assomption (15 août),
sa naissance (8 septembre) et
l'Immaculée-Conception (8 décembre).
Le dimanche (du latin dies Domini, "jour du Seigneur") est le jour le plus important de la semaine liturgique.
Dans les langues germaniques (l'anglais Sunday, l'allemand Sonntag, le néerlandais Zondag, le donois : Söndag), on retrouve
dans ce nom ce qui à l'origine liait le dimanche au dieu païen du Soleil, à qui le dimanche était consacré. Les langues
d'origine latine utilisent le nom
protochrétien (Ap. 1 : 10)
de "jour du Seigneur" (domenica en italien, domingo en espagnol,
"dimanche" en français).
La liturgie est la célébration de la communauté qui témoigne de sa foi en Dieu et s'exprime à travers des mots et
des actes bien définis, que l'on retrouve, par exemple, dans la lecture des Ecritures, le sermon, la prière, les sacrements
et surtout l'eucharistie.
Dans presque toutes les Eglises chrétiennes, on considère comme élément central de la liturgie la commémoration de
la Cène,
à l'occasion de laquelle le Christ donna aux
Apôtres
le pain et le vin comme étant son corps et son sang
(I Co. 11 : 23 sq.). Chez les catholiques, ce rite, appelé "eucharistie" (du grec, eukaristion, "remerciement"),
est célébré généralement au cours de la messe, qui s'achève par la formule latine
"Ite, missa est" ("Allez, la messe est dite"),
prononcée lors du départ des fidèles. Ce rite est encore appelé
"sacrifice de la messe".
Chez les réformés, la communion,
appelée "cène", est donnée sub utraque ("dans ses deux formes" en latin), c'est-à-dire sous les deux espèces eu pain et du vin.
La messe comporte deux grands volets :
la liturgie de la Parole (c'est-à-dire la lecture de la Bible)
et la célébration de
l'eucharistie avec l'offertoire, la consécration du pain et du vin et la communion. On appelle "messe solennelle"
(du latin missa solemnis), ou "pontificale", une messe célébrée par un évêque. Dans les Eglises d'Orient, la liturgie est la
célébration de la messe, qui correspond, dans ses grandes lignes, à la messe romaine, même si l'éventail des rites et des
prières est plus large.
La prédication constitue une part importante de la fonction religieuse (du latin praedicar, "communiquer publiquement",
"annoncer à haute voix", "reconnaître", "glorifier"). L'un de ses modes d'expression, le sermon, désigne le discours religieux,
en général prononcé en chaire, pour instruire les fidèles et les exhorter ; il a, dans les Eglises évangéliques, la même dignité
qu'un sacrement.
La prière, dans la fonction religieuse, joue un rôle fondamental. C'est le cas surtout du "Notre Père" (en latin,
Pater noster), qui tire son nom de ses prmiers mots :
"Notre Père qui es aux cieux,
que Ton nom soit sanctifié,
que Ton règne vienne,
que Ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour,
pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés
et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du mal."
C'est Jésus lui-même qui a enseigné cette prière à ses disciples qui lui demandaient comment prier. Cette prière
s'apparente à la prière juive du
kaddish,
une antique
oraison
synagogale.
La "prière du Seigneur", qui contient cinq "demandes"
chez Luc (11 : 2-4) et sept chez Matthieu (6 : 9-13), réunit les concepts fondamentaux de la prédication de Jésus.
Sans la liturgie, les catholiques, tout comme les protestants, ajoutent au "Notre Père"
une doxologie (c'est-à-dire une prière à la gloire de Dieu)
finale, que l'on ne trouve ni chez Luc ni chez Matthieu ("parce que c'est à Toi qu'appartiennent le règne,
la puissance et la gloire pour les siècles des siècles").
Une célèbre prière catholique, qui elle aussi tire son nom des mots
par lesquels elle débute, est le
"Je vous salue Marie" ;
cette "salutation de l'ange à Marie" constitue l'élément fondamental du rosaire.
On fait dans l'Eglise catholique une "confession privée et auriculaire" de ses péchés à un prêtre, autorisé,
en sa qualité de confesseur, à donner
l'absolution.
Le confesseur
doit garder le silence (secret de la confession) sur tout
ce que le pénitent lui a confessé.
Les confessionaux
existent depuis le XVIIème siècle. Dans les Eglises luthériennes,
on pratique la confession générale au cours du culte et avant la célébration de la communion : la communauté fait une confession
publique et collecive de ses fautes.
Les institutions ecclésiastiques
Ces structures, qui dirigent le système juridique d'une communauté ecclésiale, sont très différentes d'une Eglise
à l'autre.
Elles présentent une organisation de type hiérarchico-épiscopal, avec trois échelons :
diacres,
prêtres,
évêques.
La figure de l'évêque (du grec episkopos, "surveillant") se dessine pour la première fois autour du IIème siècle, et acquiert
progressivement une fonction de guide au sein de la communauté. Les évêques d'une communauté se suivent en respectant la
"succession apostolique", c'est-à-dire selon une ligne de continuité qui remonte directement aux Apôtres. L'acte de la
consécration est celui qui scelle et légitime la nomination d'un nouvel évêque. Une fois consacré, celui-ci peut donc faire
son entrée solennelle dans son
évêché, ou plutôt dans son
diocèse (du grec dioikêsis, "administration"),
en prenant possession
de la
chaire
épiscopale. Dans l'Eglise d'Orient, l'évêque est habituellement
désigné par le nom d'
"éparque" (du grec eparkhos, "commandant"),
et l'entité territoriale sur laquelle, il exerce son autorité - son diocèse - est appelée
"éparchie".
A partir du IVème siècle, s'impose au-dessus des évêques
le métropolite,
ou archevêque.
Chaque métropolite est
responsable d'une province ecclésiastique qui comprend plusieurs évêchés ; il est en outre évêque d'un diocèse métropolitain
appelé archidiocèse.
Dès le IIIème ou le IVème siècle, les sièges métropolitains entrent dans un cadre juridictionnel encore plus large,
celui du
patriarcat,
à la tête duquel se trouve précisément un patriarche. Aux premiers siècles, les quatre grands patriarcats
de Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem étaient très importants. En particulier, le patriarche de Constantinople
obtient, au
IVème concile oecuménique de Chalcédoine (451),
une égalité de rang avec le pape et commença, à partir du VIème
siècle, à revendiquer son autorité sur toute l'Eglise d'Orient.
Avec la chute de l'Empire byzantin, entraînée par la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, la suprématie
du patriarche devint purment formelle ; les Eglises orientales se transformèrent de fait en Eglises
autocéphales (indépendantes et autonomes),
ce que sont aujourd'hui les Eglises de Géorgie, d'Arménie et d'Ethiopie, ainsi que
l'Eglise nestorienne
et celle des chrétiens de saint Thomas. A la tête de ces Eglises est
un catholicos,
c'est-à-dire un "évêque universel".
En tant qu'évêque de Rome, le pape (ou souveran pontife) est le chef visible de l'Eglise catholique romaine.
Il se trouve à la tête de tous les archevêchés et évêchés ; il est évêque de Rome et successeur direct de Simon Pierre,
celui des douze Apôtres choisi par Jésus-Christ pour être le fondement de l'Eglise.
Le pape est le chef du
collège épiscopal,
successeur du siège apostolique ou Saint-Siège. En outre,
le Ier concile du Vatican (1870)
a défini l'infaillibilité pontificale : ses déclarations ex cathedra - celles qui définissent qu'une doctrine sur la foi
ou les moeurs doit être affirmée par l'Eglise tout entière - sont irréformables. Un cas de déclaration ex cathedra
fut, par exemple, celle concernant le dogme, établi par
le pape Pie XII
en 1950, de l'Assomption de la Vierge Marie : après sa mort "l'Immaculée Mère de Dieu a été prise (assumpta) au ciel, corps et âme, dans la gloire
céleste". Une des
prérogatives du pape consiste à nommer et à confirmer tous les évêques, lesquels exercent leurs pouvoirs de ministère
ecclésiastique en union avec le pape lui-même.
Les conciles oecuméniques,
de tous les évêques catholiques, se déroulent sous la présidence du pape et déterminent
les orientations fondamentales pour l'ensemble de l'Eglise. Le dernier des conciles a été Vatican II, qui eut lieu à Rome de
1962 à 1965. L'appellation de Vatican donnée à certains conciles vient du nom du palais pontifical qui s'élève sur le mons
Vaticanus, à côté de la basilique Saint-Pierre, dans le territoire de ce qui est l'Etat souverain du Vatican depuis 1929.
La plus petite unité ecclésiale de l'Eglise catholique est la
"paroisse"
(du grec paroikia, "groupe d'habitations
voisines") ; elle est constituée d'une église placée sous la direction d'un
curé.
Celui-ci est un prêtre à qui l'évêque confie
une mission canonique particulière pour la paroisse dont il a la charge.
Dans l'Eglise d'Angleterre, c'est-à-dire celle qui se sépara en 1534, par l'Acte de suprématie, de l'Eglise
catholique romaine, au sommet de la hiérarchie ecclésiastique se trouve le roi, "chef suprême" de l'Eglise d'Angleterre.
Sous son autorité se trouvent les archevêques
primats de Canterbury et de York
,
membres de droit de la Chambre des lords.
Les lois ecclésiastiques en Angleterre doivent être approuvées par le Parlement. Les Eglises évangéliques allemandes,
nées à l'époque de
Luther,
avaient, jusqu'en 1918, les mêmes caractéristiques. Les prince d'un territoire exerçait en
effet sur le clergé réformé dudit territoire
"l'épiscopat souverain".
Bien des Eglises réformées d'inspiration calviniste se fondent sur une "structure presbytérale", selon laquelle
chaque communauté ecclésiale bénéficie de fait d'une administration autonome.
Les "presbytes" (du grec presbutês, "vieillard")
constituent, selon le modèle de l'Eglise genevoise,
un consistoire
ou "presbytère",
placé sous la présidence d'un
pasteur.
La charge presbytérale comprend en général quatre fonctions spirituelles distinctes : le service de l'annonce de la Parole
(réservé qux pasteurs et aux prédicateurs), l'enseignement (du ressort des docteurs), le gouvernement de la communauté
(réservé aux presbytes) et les fonctions d'aide (qui reviennent aux diacres).
A partir du XVIIème siècle, cette organisation particulière aux Eglises calvinistes s'étend à un nombre croissant
d'Eglises luthériennes. Après 1918, elle s'imposera dans toutes les Eglises réformées allemandes d'inspiration luthérienne,
devenant alors la forme institutionnelle typique des Eglises évangéliques d'Allemagne.
Dans le Eglises évangéliques, les pasteurs, qui peuvent être aussi bien des femmes que des hommes, sont,
selon les cas, choisis par la communauté, ou vien ordonnés, ou encore désignés par les autorités ecclésiastiques.
Les prêtres, qu'ils soient de confession évangélique ou catholique, sont souvent appelés des "pasteurs", en référence à un
passade de l'
Evangile selon saint Jean (21 : 16).
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Après les événements de Pâques, les disciples de Jésus se regroupèrent, autour du Christ crucifié et ressuscité,
en une "communauté de disciples" pour prier, célébrer ensemble l'eucharistie et vivre la charité fraternelle. Très vite, ils
commencèrent à administrer le baptême et à invoquer la descente du Saint-Esprit, qu'ils avaient eux-mêmes reçu lors de la
Pentecôte (Ac. 2). Cest ainsi qu'une première communauté chrétienne se forma à Jérusalem, autour des douze Apôtres :
la fidélité à leur enseignement, l'union fraternelle, la fraction du pain (eucharistie) et la prière en étaient les fondements
(Ac.2 : 42). Le nouveau peuple de Dieu - c'est ainsi qu'elle s'était définie - attendait le retour du Seigneur Jésus-Christ.
La mission évangélisatrice déborda rapidement les frontières de la Palestine, toucha très vite un nombre de plus en plus
important de juifs, de
prosélytes (païens acquis à la foi juive)
et de
païens.
C'est à
Antioche
que les disciples de Jésus
furent pour la première fois appelés "chrétiens". A l'époque de la grande révolte juive contre les Romains (66-70),
la communauté chrétienne de Jérusalem se transféra à Pella, en Transjordanie (l'actuelle Jordanie), où elle continua à vivre
en partie comme une communauté judéo-chrétienne
(Ebionites).
On entend par "premier christianisme", chronologiquement parlant,
la période qui va du détachement du judaïsme (v. 70 ap. J.-C.) à la disparition des disciples des Apôtres (v. 150 ap. J.-C.).
Considérée dans sa globalité, l'époque apostolique et post-apostolique a été souvent présentée, au cours des siècles suivants,
comme une époque idéale.
Les adeptes du christianisme, de nos jours, sont organisés en plusieurs Eglises et communautés, qui se distinguent
les unes des autres par
la confession, c'est-à-dire par la profession de foi.
Les plus grandes communautés organisées sont
l'Eglise catholique, les Eglises d'Orient, l'Eglise d'Angleterre et les Eglises protestantes.
L'Eglise catholique
"Là où est le Christ, là est l'Eglise catholique", écrivit
Ignace d'Antioche (mort entre 107 et 117),
qui, le premier,
appliqua le mot
"catholique" à l'universalité du salut. Le terme fut employé, au cours des siècles, pour indiquer la "juste foi"
par opposition aux groupes schismatiques et
hérétiques.
Depuis la Réforme, il a été utilisé dans un sens confessionnel pour
distinguer les Eglises qui se rattachent à celle de Rome (catholicisme) de celles qui sont nées de la Réforme (protestantisme).
Les Eglises catholiques reconnaissent dans le pape, évêque de Rome, le successeur de l'apôtre Piere et leur chef universel.
Le nombre des catholiques s'élève de nos jours à près de 884 millions, soit 57% de tous les chrétiens. La majorité
des catholiques (41%) vivent en Amérique latine, tandis que 28% vivent en Europe. On trouve des chrétiens catholiques dans
218 pays. Le pays où la présence catholique est la plus forte est le Brésil, qui compte plus de 110 millions de fidèles,
soit 12% du chiffre total. Puis viennent les Etats-Unis, avec plus de 67 millions, et le Mexique avec 66 millions.
L'Eglise catholique romaine
La grande majorité des catholiques suivent le rite romain, avec le latin comme langue liturgique - avant que
le concile Vatican II (1962 - 1965)
n'introduise les langues nationales.
Les Eglises catholiques d'Orient, ou uniates
Elles comptent environ 9 millions de fidèles. Il s'agit d'Eglises, ou plutôt de parties des Eglises orientales,
qui forment une communauté ecclésiale avec l'Eglise catholique romaine et reconnaissent la suprématie juridictionnelle du pape.
Elles sont en totale communion avec Rome. Seuls différent le rite, la langue liturgique et certains aspects de la vie
ecclésiastique, comme le mariage des prêtres. On distingue plusieurs formations indépendantes les unes des autres et ayant des
rites différents.
Le rite catholique. Il est suivi par le patriarcat des
coptes
catholiques (siège : Le Caire) et l'Eglise des
Ethiopiens catholiques (siège : Asmara).
Le rite d'Antioche. S'y rattachent le patriarcat des
syro-catholiques (siège : Beyrouth)
et celui des
maronites
(sièges : Bherke et Deman), tout comme l'
Eglise des Malankars,
c'est-à-dire des chrétiens de Thomas unis à l'Eglise de Rome
(siège : Trivandrum).
Le rite arménien. C'est celui du patrircat des Arméniens catholiques (siège : Beyrouth).
Le rite chfaldéen. S'y rattachent le patriarcat des Chaldéens (sièges : Bagdad et Mossoul) et l'Eglise des Malabars
(siège : Emakulum).
Le rite byzantin. Le pratiquent le patriarcat des
melkites catholiques (sièges : Damas et Le Caire),
les Eglises
des Bulgares unes à l'Eglise de Rome (siège : Sofia), des Grecs catholiques (sièges : Athènes et Istanbul), des Hongrois
(siège : Nyiregyhàza), des Italo-Albanais (siège : Lungro), des Roumains catholiques (siège : Blajj), des Russes (siège : Rome),
l'Eglise ruthène (siège : Philadelphie, entre autres) et celle des Slaves (siège : Krizevci).
Les vieux-catholiques. Ce sont des communautés épiscopales qui ont rompu avec l'Eglise de Rome, car elles refusaient
le dogme de l'infaillibilité du pape défini par
le concile Vatican I (1870).
C'est sous la direction de l'historien de
l'Eglise
Ignaz von Döllinger (1799 - 1890),
excommunié par le pape, que les vieux-catholiques se détachèrent de Rome en 1871
après leur premier congrès à Munich. Le nombre de vieux-catholiques s'élève à 443 000 environ ; leurs sièges archiépiscopaux
sont à Bonn, Berne et Vienne. Une Mission de France, établie à Paris et groupant quelque 1000 fidèles, est rattachée à
l'archevêché d'Urecht.
Les Eglises d'Orient
On appelle Eglises d'Orient, ou orientales, ou églises chrétiennes d'Orient, les Eglises apparues dans la partie
orientale de l'Empire romain ou celles qui s'en sont inspirées pour se développer au-delà des frontières de l'Empire.
Font partie des Eglises d'Orient les Eglises orthodoxes et les anciennes Eglises nationales nestorienne et monophysites.
Le nombre total des fidèles des Eglises chrétiennes orientales s'élève aujourd'hui à plus de 130 millions, c'est-à-dire 8%
des chrétiens environ.
Les anciennes Eglises d'Orient
L'Eglise nestorienne. Elle tire son nom de
Nestorius (v. 381-451), patriarche de Constantinople de 428 à 431.
Nestorius, adoptant des positions doctrinales proches de l'école exégétique d'Antioche - laquelle mettait l'accent sur
la nature humaine du Christ, l'homme-Dieu -, opposa à la définition de Marie comme "mère de Dieu" celle de "mère du Christ".
Sa doctrine fut rejetée par
le concile oecuménique d'Ephèse en 431.
Malgré la condamnation de Nestorius, l'Eglise de Perse
adopta officiellement cette doctrine, quelque cinquante ans plus tard. L'Eglise nestorienne rayonnera jusqu'en Inde et en Chine.
Elle survit de nos jours en Syrie, en Irak, en Iran et au Malabar.
Les nestoriens se définissent comme des "orthodoxes orientaux", des Syriens, des Assyriens ou simplement des
chrétiens. L'Eglise nestorienne s'organise en deux branches,
l'Eglise syriaque orientale (chaldéenne)
et l'Eglise malabre.
Le chef de l'Eglise syriaque orientale, qui compte 173 000 fidèles, est le patriarche d'Orient, dont la résidence fut
Séleucie-Ctésiphon (Irak) jusqu'en 1940, puis Chicago (Etats-Unis). L'Eglise malabre (depuis 1874) dénombre 7 000 fidèles ;
elle a à sa tête le métropolite de Malabar, dont le siège est à Trichur (Inde). Les nestoriens pratiquent le rite chaldéen
et utilisent le syriaque comme langue liturgique.
Les Eglises monophysites
A l'inverse des nestoriens, les Eglises monophysites (du grec monos, "seul, unique", et physis, "nature") soutiennent
que la nature divine du Christ domine sa nature humaine. Selon elles, dans l'union
hypostatique
- où la nature humaine du Christ
est assumée par sa nature divine -, la nature humaine ne représenterait qu'une goutte de pluie dans l'Océan : la personne de
Jésue n'a donc pas deux natures (une divine et une humaine), mais une seule : la nature divine. Le monophysisme fut condamné
comme hérésie au
IVème concile oecuménique à Chalcédoine (451).
Les Eglises copte, éthiopienne, syrienne-orientale et malabre
(de l'Inde du Sud), qui se désignent elles-mêmes comme orthodoxes, font partie des Eglises monophysites.
L'Eglise copte, qui remonte sans doute à saint Marc, est l'Eglise chrétienne d'Egypte. C'est de cette Eglise qu'est
issu le groupe des melkites ("valets de l'empereur"), chrétiens de Syrie et d'Egypte qui avaient accepté les définitions
du concile de Chalcédoine (451)
sur les deux natures, humaine et divine, du Christ. A la tête des coptes, aujourd'hui au nombre de
7 millions environ, se trouve le patriarche d'Alexandrie, résidant au Caire (depuis le XIème siècle). Les coptes utilisent le
rite alexandrin, l'ancienne luturgie chrétienne dite de Marc.
L'Eglise d'Etiopie, Eglise d'Etat de 451/550 jusqu'en 1974, est marquée par des traces, surtout dans la liturgie,
de l'époque antérieure au christianisme. Elle a également emprunté quelques éléments au
judaïsme.
Les couvents, où les moines
vivent selon
la règle de Pacôme,
jouent un rôle très important dans la vie religieuse de la communauté éthiopienne. Le chef des
17 millions de fidèles composant cette Eglise est
l'abuna (qui signifie en arabe "notre père"),
qui, depuis 1893, réside à
Addis-Abeba : depuis 1959, il est à la tête d'une Eglise indépenddante de l'Eglise copte. Le guèze, langue liturgique utilisée
dans le rite alexandrin, est l'ancêtre de l'éthiopien.
L'Eglise jacobite comprend les membres de l'Eglise monophysite syrienne-orentale. Les jacobites tirent leur nom du
moine syrien
Jacques Baradée (mort en 578),
qui fonda cette Eglise en 543. Le chef des jacobites (qui sont plus de 1 600 000)
est le patriarche d'antoche, dont le siège est à Homs (Syrie).
L'Eglise malabre, en Inde du Sud, qui fait remonter ses origines à l'activité missionnaire de l'apôtre saint Thomas".
Leurs prédécesseurs s'étaient unis, dès le Vème siècle, au patriarche nestorien d'Orient. Contraints par la suite de rejoindre
l'Eglise catholique romaine par les colonisateurs partugais, ils s'unirent en partie aux jacobites en 1653. A la tête des
363 000 chrétiens jacobites malabres se trouve le catholicos de l'Inde, dont le siège est à Kottayam (Kerala).
L'Eglise arménienne catholique
C'est la plus ancienne église nationale indépendante d'Orient. Les fondements de cette future Eglise furent posés
en 300 par
Saint Grégoire l'Illuminateur (mort en 320) ;
elle devint une réalité en 1740, lorsque l'évêque arménien d'Alep,
Abraham Artzivisian,
un catholique, fut élu patriarche de Sis, en Cilicie. A la tête de ces 3 351 000 chrétiens arméniens
se trouve le catholicos, dont le siège est, depuis le Vème siècle, à Ecmiazdin (Arménie). La langue liturgique utiliée dans
le rite oriental (ou arménien) est l'arménien classique.
Les Eglises orthodoxes
La majeure partie des orthodoxes (48%) vit dans les pays de l'ancienne Union soviétique ; 37% vivent en Europe.
On trouve des fidèles des Eglises orthogoxes dans 96 pays du monde ; la plus grande de ces Eglises, après l'Eglise russe,
est l'Eglise roumaine, qui compte plus de 17 millions de fidèles, suivie des chrétiens orthodoxes grecs avec 13,5 millions
de fidèles.
Chacune des Eglises orthodoxes se déclare "autocéphale" (du grec autos, "soi-même", et kephlê, "tête"), c'est-à-dire
soumise à l'autorité d'un chef national et dotée d'une juridiction propre. Toutes sont cependant d'accord pour ce qui concerne
la doctrine et la forme du culte. Elles reconnaissent
les sept grands conciles "oecuméniques"
impériaux des IVème-VIIIème siècles
, pratiquent le rite byzantin, adoptant habituellement dans la liturgie la langue du pays où elles sont implantées, souvent
sous des formes archaïques. Sont orthodoxes les quatre anciens patriarcats : Alexandrie (dont le siège actuel est au Caire),
Antioche (siège : Damas), Jérusalem et Constantinople (siège : Istanbul-Fanar). Le patriarche de Constantinople a le titre de
"patriarche oecuménique" et jouit d'une sorte de primauté sur les autres Eglises orthodoxes. Il y a aussi les patriarcats de
l'Eglise serbe (siège : Belgrade) et de l'Eglise roumaine (siège : Bucarest), l'exarcht de Bulgarie (siège : Sofia) et le
patriarcat de Géorgie (siège : Tbilissi). On compte parmi les Eglises orthodoxes celles de Chypre (siège archi-époscopal :
Nicosie), du Sinaï (siège : monastère de Sainte-Catherine), de Grèce (siège : Athènes), de Finlande (siège : Kuopio) et de
Pologne (siège : Varsovie).
La plus importante des Eglises orthodoxes est l'Eglise russe (indépendante depuis 1589), avec le patriarcat de Moscou
et de toutes les Russies (siège : Moscou). Soulignant sa fonction de guide du monde orthodoxe après la chute de Constantinople
(1453), le patriarche de l'Eglise russe s'est souvent défini comme "patriarche de la troisième Rome".
Les vieux-croyants étaient les membres des communautés issues du Raskol, le schisme qui divisa l'Eglise russe au
XVIIème siècle. Après que Pierre le Grand les eut persécutés, Catherine II adopta vis-à-vis d'eux, en 1762, une politique de
tolérance ; puis l'Eglise officielle offrit aux vieux-croyants l'"Union dans la foi", à laquelle bien peu se rallièrent.
Leurs marchands, grâce à une solidarité sans faille, amassèrent de grandes fortunes, à tel point qu'au XIXème siècle,
une part importante des capitaux russes leur appatenait. Mais Nicolas Ier (1825-1855) reprit les persécutions,
lesquelles s'apaisèrent sous Alexandre II ; la liberté de conscence fut établie en 1905. L'Etat soviétique a reconnu les
vieux-croyants ; il n'en reste aujourd'hui que 2 à 3 millions.
L'anglicanisme
L'Eglise d'Angleterre (Church of England) est Eglise d'Etat en Angleterre depuis 1534 : la convocation de Canterbury
déclara que "le pontife romain, selon les Saintes Ecritures, n'a pas plus que tout autre évêque étranger reçu de Dieu pouvoir
de juridiction dans l'Eglise d'Angleterre". C'est le roi ou la reine qui est le chef de cette Eglise, tandis que son
primat
est l'archevêque de Canterbury. L'Eglise d'Angleterre ne constitue plus que deux sections de l'anglicanisme : les provinces
de Canterbury et d'York. Dans beaucoup de pays, des Eglises anglicanes ont acquis un statut autonome.
De nos jours, le nombre des anglicans s'élève à 68 millions environ, soit 4% des chrétiens. La majeure partie
d'entre eux (à peu près 49%) vit en Europe, mais le pourcentage de ceux qui sont implantés en Afrique n'est pas négligeable
(28% et plus). On touve des anglicans dans pas moins de 144 pays. En Grande-Bretagne, on en compte plus de 32,5 millions
(soit 48% du chiffre total) ; c'est ensuite au Nigeria qu'on en trouve le plus, avec plus de 7 millions.
La séparation d'avec Rome de l'Eglise d'Angleterre, à l'époque de Henri VIII (1509_1547) fut entérinée par le
Parlement en 1534 (Acte de suprématie), lequel reconnaissait au roi le rôle de "chef suprême" de l'Eglise anglicane,
de "gouverneur suprême" sous Edouard VI (1547-1553). C'est sous Elisabeth Ière que l'anglicanisme s'établit comme une via
media entre le protestantisme et le catholicisme.
Depuis le XIXème siècle se sont esquissés trois courants dominants au sein de l'anglicanisme :
la Low Church
- ou mouvement évangélique, ou réveil évangélique -, à laquelle se rattache la branche méthodiste, affirme la priorité de
l'activité sociale, ainsi qu'un chistianisme "actif" ; elle est, pour ce qui est des questions dogmatiques, assez proche
des protestants.
La High Church
- ou anglo-catholicisme, ou plus simplement catholicisme -, attachée aux éléments rituels
et hiérarchiques, a connu un renouveau important au XIXème siècle.
Enfin, la
Broad Church (Eglise libérale), antidogmatique
et soucieuse de vérité scientifique et d'humanisme, s'oppose aussi bien au "catholicisme" qu'à l'évangélisme conservateur.
L'appartenance à la communion anglicane de chacune de ces Eglises par-delà les limites nationales se manifeste
grâce qux conférences de Lambeth qui ont lieu, depuis 1867, tous les dix ans. Elles ne peuvent prendre aucune mesure
contraignante, mais ont permis aux Eglises anglicanes de jouer un rôle important dans le mouvement oecuménique dès la fin
du XIXème siècle.
Le protestantisme
Apparu au XVIème siècle, le protestantisme voulait la réformation de la chrétienté en Occident, selon l'Evangile
de Jésus-Christ. A partir de trois orientations théologiques (luthérienne, réformée, anglicane), les Eglises protestantes ont
été soumises à une diversification croissante. Elles comprennent des courants très divers (orthodoxies luthérienne et calviniste,
mouvements pentecôtistes, etc.) et des systèmes ecclésiastiques différents (épiscopalisme ou congrégationalisme).
Le mot "protestant" apparut pour la première fois au sens de "confessant", dans le texte de la deuxième diète de
Spire (1529). Cette protestation confessante portait sur deux points, qu'on allait appeler le principe substantiel et le
principe formel de la Réforme : la grâce suffit au salut et la Bible suffit à la révélation de Dieu.
Le protestantisme, incluant tous les courants découlant de la Réforme (hormis les anglicans), compte plus de
292 millions de croyants, soit 18% environ de tous les chrétiens. La plupart des chrétiens protestants (32%) résident en
Amérique du Nord ; 27% d'entre eux vivent en Europe. On trouve des protestants dans 209 pays, principalement aux Etats-Unis,
qui comptent près de 89,5 millions de fidèles, soit 30% de tous les protestants. C'est ensuite en Allemagne que l'on touve le
plus de protestants, avec presque 29 millions de fidèles (soit 10% du chiffre total).
Les grandes dénominations du protestantisme sont :
Les luthériens
Les communautés confessionnelles qui se réfèrent, dans leurs structures nationales, régionales, ecclésiales ou libres,
à Martin Luther (1483-1546),
l'auteur des Quatre-Vingt-Quinze Thèses "sur la vertu des indulgences" (1517), marquant la
naissance du mouvement de la Réforme, sont au total plus de 43,5 millions dans le monde. Les Eglises luthériennes s'appellent
Eglises de la Confession d'Augsbourg, pour ne pas privilégier un nom aux dépens de la doctrine.
Les réformés et les presbytériens
Les communautés qui se rattachent aux doctrines
d'Ulrich Zwingli (1484-1531)
et de
Jean Calvin (1509-1564)
sont dites
Eglises réformées (en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas et en France) et Eglises presbytériennes dans les pays anglo-saxons
(Angleterre, Etats-Unis). Elles se définissent elles-mêmes comme étant des "Eglises réformées selon la parole de Dieu".
Le nombre de réformés et de presbytériens s'élève de nos jours à plus de 32 millions.
En Angleterre, le
puritanisme
est un mouvement qui, aux XVIème et XVIIème siècles, essaya de poursuivre la réforme
doctrinale établie par les règlements d'Elisabeth Ière et s'inspira fortement du calvinisme et des idéaux de pureté évangélique.
On nomme également "puritains" les adeptes de ce mouvement qui émigrèrent en Amérique entre 1620 et 1640
(plusieurs sociologres ont souligné le lien entre la mentalité purtitaine et l'esprit du capitalisme).
Contrairement aux anglicans, qui accordent une grande importance au culte, les puritains ont comme priorité une morale très
stricte : ils aspirent à une vie vertueuse et à une maîtrise, par la raison, des sentiments et des instincts. C'est du
puritanisme que sont issus les congrégationalistes, les baptistes et les quakers.
Les congrégationalistes
Organisés en communautés autonomes, ils se veulent libres de toute ingérence extérieure. Après les violentes
persécutions qu'ils subirent en Angleterre, ils s'établirent aux Pays-Bas, où ils fondèrent en 1609, sous la direction de
John Robinson (1575-1625), une communauté de congrégationalistes persécutés. De là, en 1620, une centaine d'entre eux,
les Pilgrim Fathers (Pères Pèlerins),
arrivèrent en Amérique à bord du May-flower et fondèrent New Plymouth dans le
Massachusetts. En 1636, ils créèrent le Harvard College (Cambridge) en Nouvelle-Angleterre et, en 1701, le Yale College
(New Haven). Les congrégationalistes, ou indépendants, sont aujourd'hui près de 4 millions. Il convient de distinguer les
Eglises congrégationalistes, qui existent dans plusieurs pays anglo-saxons notamment, et toutes les Eglises protestantes dont
l'organisation est congrégationaliste, mais qui portent un autre nom : pentecôtistes, baptistes, etc.
Les Eglises baptistes
Elles ont leur propre fédération :
l'Alliance baptiste mondiale.
Les baptistes constitient, avec 35,5 millions
d'adeptes, un "mouvement libre". Ils pratiquèrent jusqu'en 1643 le baptême par infusion ; puis ce fut le baptême par immersion,
seule forme aujourd'hui admise. Plus généralement, on peut nommer "baptistes" des mouvements dans lesquels la pratique d'une
ablution ou d'un bain joue un rôle essentiel.
Le méthodisme
Avec ses 26 millions d'adeptes, c'est aujourd'hui l'une des plus importantes églises libres de Etats-Unis.
Le méthodisme naquit à la suite d'une campagne d'évangélisation menée en 1739 par
George Wesley (1703-1788). Il fut le
dernier mouvement d'opinion qui, dans le protestantisme, réussit à fonder des institutions durables ; en outre, il influa
sur la majorité des courants issus de la Réforme.
Le prédicateur, puis pasteur, méthodiste
William Booth (1829-1912)
fondda à Londres en 1878 l'Armée du Salut
(Salvation Army), dont les membres sont également appelés "salutistes". Cette communauté, qui compte environ 4 millions
de membres et se considère comme une "militia Christi", a son grand quartier général à Londres. En France, elle a débuté
son action en 1881 ; elle y possède 37 institutions (1995) et dispose d'un journal publié par le quartier général.
Signalons en outre des mouvements divers :
Le pentecôtisme, ou mouvement de Pentecôte, rassemble ceux qui croient en la réactualisation des charismes de l'Eglise
primitive. Ils consacrent leur dévotion, à la fois enthousiaste et pleine d'émotion, à l'oeuvre du Saint-Esprit. Ainsi le
baptême du Saint-Esprit (comme au temps de la Pentecôte) est-il accompagné, par exemple, du don d'accomplir des miracles,
surtout de guérison. Les membres du mouvement de Pentecôte dans le monde sont de 40 à 60 millions.
L'adventisme (du latin adventus, "venue") fait partie de ces communautés qui attendent le retour du Christ à la fin
des temps. Le mouvement adventiste américain, le plus connu, fut fondé en 1831-1832 par le baptiste
William Miller (1782-1849),
un fermier autodidacte de Pittsfield ; il compte plus de 6 millions de membres. C'est en se livrant à une interprétation
chiffrée de
Daniel (8 : 14)
et de
l'Apocalypse (14 : 9-12) que le fondateur conclut au retour du Christ
sur terre, pour un
règne millénaire avec ses élus, aux alentours de 1843. Le non-retour du Christ amena les adventistes à éclater en un certain
nombre de groupuscules, dont le plus célèbre est celui
des Seventh-Day Aventists (les adventistes du septième jour),
fondé par l'adventiste
Ellen G. White (1827-1915),
qui défendent une vision
eschatologique.
Il faut citer aussi
les Eglises de Dieu,
apparues dès 1830 aux Etats-Unis.
L'Eglise catholique apostolique est née au début du XIXème siècle, sous l'impulsion du prédicateur du
"renouvellement chrétien"
Edward Irving (1792-1834).
Elle se nomme, improprement mais couramment,
Eglise d'Irving.
Des schismes
se produisirent en Allemagne, par exemple, avec la formation de l'Eglise néo-apostolique.
Les Témoins de Jéhovah sont les membres d'une communauté fondée à Pittsburgh (Etats-Unis) en 1878 par
Charles Taze Russell (1852 - 1916).
Ils tirent leur nom (1931) d'une expression du prophète
Isaïe (43 : 10).
Leur doctrine, reliée à celle
de l'adventisme, est faite de
croyances illénaro-messianiques.
Pour les Témoins, il est primordial d'invoquer Dieu sous le
nom de
Jéhovah.
Considérant qu'ils font partie du Royaume de Dieu, qu'ils doivent servir, ils refusent de saluer les drapeaux
et de faire une service militaire. Leur organisation, très centralisée, a à sa tête un
"collège des Anciens".
"Quakers" (en anglais, "trembleurs") est à l'origine le surnom donné aux membres de
la Société des Amis,
fondée dans
les années 1660-1670 par
George Fox (1624-1691),
en raison de leurs expériences mystiques. C'est dans le but de fuir la
répression en Angleterre que les quakers émigrèrent en Amérique, où ils fondèrent, sous la direction de
William Penn (1644-1718),
une nouvelle colonie qui sera appelée Pennsylvanie, "le pays sans armée". Leur credo admet la présence en chaque homme d'une
"semence ou d'une lumière divine" ; aussi le culte est-il, en principe, entièrement spontané. De nos jours, les quakers sont
plus de 500 000.
Une secte américaine issue des quakers, fondée en 1747 à Manchester par
Ann Lee, "mère Anne"
(elle émigre en Amérique la même année) est celle
des shakers (en anglais, "secoueurs"),
dont le nom est
United Society of Believers in Christ's Second Appearing.
Elle prône une doctrine de la perfection. Les adeptes connaissent
des extases dans lesquelles ils sont secoués rythmiquement (d'où leur surnom).
Les vaudois constituent un mouvement laïc, fondé en 1176 par un riche marchand lyonnais,
Pierre Valdès ou Valdo
(mort autour de 1217), qui repose sur l'idée d'une rigoureuse pauvreté évangélique. Leur opposition à l'Eglise catholique
amena les vaudois, dont la piété était fondée sur les préceptes du
Sermon sur la montagne,
à être excommuniés par
le concile de Vérone (1184)
et persécutés par le tribunal de l'Inquisition, ce qui ne les empêcha pas de se répandre dans une grande
partie de l'Europe. Mais les persécutions, qui se sont poursuivies au cours des siècles, n'ont permis qu'à un petit nombre
de vaudois de survivre, essentiellement dans les vallées alpines du Piémont. De nos jours, l'Eglise évangélique vaudoise
compte à peu près 46 000 adeptes.
Le mouvement unitarien, qui prône une démarche plutôt philosophique, la relativisation des énoncés dogmatiques,
se forma au XVIème siècle en Europe, en Pologne, en Transylvanie, en Angleterre. De nos jours, il subsiste dans
les protestantismes européen et nord-américain.
On appelle schwenckfeldiens les membres d'un mouvement "spiritualiste évangélique" fondé en Silésie par
Kaspar Schwenckfeld von Ossig (1489-1561),
qui allait s'établir au XVIIIème siècle en Amérique. Aujourd'hui encore,
on trouve certaines de leurs communautés e Pennsylvanie.
Les mennonites doivent leur nom au prêtre
frison Menno Simons (1496-1561).
Ce mouvement de Réforme né après 1536
compte aujourd'hui plus d'1 million de personnes. L'influence des "assemblées" mennonites s'étendit à l'ensemble
de l'anabaptisme pacifique européen.
Les arminiens tirent leur nom du théologien et prédicateur réformé
Jakob Arminius (1560-1609)
de Leyde (Pays-Bas).
De nos jours, il subsiste une trentaine de communautés.
Les Frères moraves, ou Frères tchèques, sont une secte religieuse réformatrice de Bohême, issue de la
tradition hussite. Dans la seconde moitié du XVème siècle, en 1467, ils se rattachèrent au cercle de
Pierre Chelcicky (vers 1380-1452)
qui exigeait une application rigoureuse des lois évangéliques.
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Le christianisme s'est répandu de l'Orient méditerranéen jusqu'aux rives américaines. Il atteint désormais
tous les mondes connus. On assiste, depuis
le concile Vatican II,
à de forts mouvements spirituels et à un renouveau des
études théologiques. Dans des réunions et des congrès, jeunes et pasteurs cherchent à abolir les discours partisans.
On assiste aussi à des réconciliations et à des actions oecuméniques. Par ailleurs, incitées par de nouvelles et pressantes
demandes, les Eglises catholiques se sont interrogées solennellement sur leur responsabilité politique pendant la Seconde Guerre
mondiale. Toute l'histoire de l'Eglise est revisitée à la lumière des exigences de la Mémoire et de la Vérité. Dans ce
mouvement profond et indispensable, le christianisme suscite toujours des sectes ou des ordres qui, au nom du Christ et
de son message, veulent réactualiser l'Evangile et le Sermon sur la montagne.
Ainsi
le mouvement théologique dit "de libération"
exalte le message des Evangiles pour parvenir, d'un état
d'oppression et d'esclavage, à une condition d'autodétermination et de liberté. Cette liberté ne doit être refusée à personne,
quels que soient sa race, sa nationalité, son sexe, sa classe ou sa culture. En 1973 par exemple,
la Conférence missionnaire mondiale,
réunie à Bangkok, a formellement reconnu "la lutte pour la justice économique, la liberté politique et le
renouvellement culturel comme des éléments de la libération totale du monde au nom de Dieu". Et en 1975, l'assemblée plénière
du
concile oecuménique de Nairobi
a établi que, si la libération du péché et du mal ne peut certes pas être réduite à la
seule dimension sociale et politique, elle ne peut pas non plus être circonscrite à une simple dimension privée et spirituelle.
La lutte contre la discrimination raciale,dans les années 1950 et 1960, a trouvé l'un de ses plus grands représentants
aux Etats-Unis en la personne du prédicateur noir Martin Luther King, prix Nobel de la paix, assassiné en 1968. Jusqu'à
une date récente, cette lutte s'est poursuivie en Afrique du Sud, contre le régime de ségrégation racale de l'apartheid,
imposé à une majorité noire par une minorité blanche (il fut officiellement aboli en juin 1991). Comme bien des peuples du
tiers monde, les noirs d'Afrique du Sud ont eux aussi mis en avant la nécessité de se libérer de la domination et de
l'oppression culturelle des Blancs. Depuis la fin des années 1960, cette exigence s'est manifestée dans toutes les confessions
sous la forme de ce que l'on a appelé la théologie noire (Black Theology). Celle-ci exalte la valeur de l'"être noir"
contre un usage erroné du message évangélique. La théologie noire cherche, tout comme l'actuelle théologie africaine,
à comprendre le texte évangélique dans une perspective africaine, c'est-à-dire à la lumière de l'histoire et des traditions
culturelles de l'Afrique noire. Pour l'évêque anglican et prix Nobel de la paix Desmond Tutu, liberté et réconciliation raciale
restent indisociables : cela signifie que la seconde n'est pas pensable sans la première.
Un autre mouvement influencé par la thématique de la libération s'est développé en Amérique latine à partir
des années 1960. Il s'agissait d'une réaction du christianisme local aux conditions d'extrême oppression et d'exploitation
des populations, tyrannisées par une poignée de privilégiés, que protégeaient souvent des dictatures militaires. Ce mouvement
pacifique pour les droits de l'homme s'est peu à peu organisé en un certain nombre de "communautés de base", tout en trouvant
un infatigable défenseur en la personne de
l'archevêque d'Olinda et de Recife (de 1964 à 1985)
Helder Camara.
Liée à cette
expérience, la théologie de la libération est en Amérique latine une science de la foi "pratique" qui - et c'est son originalité
- prône une réflexion dont les objets et les méthodes sont rigoureusement dépendants de cet endroit du monde où elle s'élabore :
la "libération" ne peut être confondue avec celle des théologies conçues dans les pays riches. Offerte aux hommes par
Jésus-Christ, elle doit se réaliser sur trois plans : eschatologique, historique et politico-social. C'est pourquoi nombre
des représentants de la théologie de la libération se sont très fortement engagés politiquement et socialement, en luttant
ouvertement contre les régimes dictatoriaux et oligarchiques du continent latino-américain. Ainsi le prêtre Gustavo Gutierrez,
le franciscain brésilien Leonardo Boff, le jésuite de San Salvador Jon Sbrino, le laïc argentin Enrique Dussel.
Une autre tendance du christianisme actuel consiste à affirmer la nécessité de mettre un terme à la domination
masculine au sein de la hiérarchie des différentes Eglises, de l'Eglise catholique notamment. Beaucoup de femmes,
essentiellement en Amérique du Nord et en Europe, se fondent sur le principe de l'égalité des sexes devant Dieu ce
qu'atteste le sacrement du baptême. Ces femmes réclament donc qu'on leur reconnaisse le droit d'accéder, au même titre
que les hommes, à toutes les fonctions ecclésiastiques, substituant le principe de l'"ordination" à celui de la "subordination".
Ce mouvement a eu des succès significatifs dans les Eglises régionales protestantes allemandes, où, depuis les années 1970,
les femmes ont commencé à recevoir l'ordination, accédant ainsi à la dignité pastorale (mais non à l'
épiscopat).
Chez les méthodistes, l'égalité des sexes dans l'exercice de la charge sacerdotale se pratique déjà largement.
Dans l'Eglise d'Angleterre, en revanche, cette question a fait l'objet d'un débat animé - beaucoup d'anglicans refusant
l'ordination des femmes. Chez les catholiques, ainsi que dans les Eglises d'Orient de rite orthodoxe, le principe de
l'ordination des femmes a été jusqu'à présent rejeté.
Il faut mentionner un dernier courant, celui de
l'oecuménisme (du grec oikoumenê gê, "terre habitée").
Ce mouvement est né de la prise de conscience, par différentes Eglises jadis séparées par de violentes dissensions et des
excommunications réciproques, d'appartenir à une même matrice chrétienne. Il s'agit de dépasser les divisions entre les
diverses confessions pour retrouver l'unité de l'Eglise de Jésus-Christ. L'oecuménisme fit ses premiers pas au début du siècle :
en 1925,
l'archevêque Nathan Söderblom (1866-1931),
luthérien suédois, convoquait à Stockholm une Conférence mondiale des Eglises
protestantes, dans le but de tracer le chemin d'une action commune des Eglises réformées et de jeter les bases de ce qui devait
être, après 1945,
le Conseil oecuménique des Eglises.
Ce Conseil, qui a son siège à Genève et dont les décisions n'ont
"d'autorité que celle que leur confèrent leurs propres vérité et sagesse", regroupe actuellement plus de 300 Eglises,
d'une centaine de nations différentes,c'est-à-dire environ 400 millions de chrétiens. L'Eglise catholique, qui considère
le principe du primat du pape comme absolument inaliénable, n'adhère pas à ce Conseil (
Paul VI
l'a cependant honoré de sa visite).
Cependant, l'aspiration à l'unité des chrétiens a été fortement affirmée par
Jean XXIII au
concile Vatican II,
et le souci
oecuménique est au coeur de l'action de
Jean-Paul II.
Des rapprochements significatifs avec les Eglises d'Orient ont eu lieu,
et la collaboration s'étend et s'intensifie dans tous les domaines.
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* v.7-4 av. J.-C. : Naissance de Jésus, probablement à Bethléem. Hérode règne sur la Palestine (40/37-4 av. J.-C.).
* 27-28 : Début du ministère de Jésus.
* v. 30 : Mort de Jésus, sous Ponce Pilate, procurateur romain de Judée de 26 à 36.
* dès 45 : Premières missions de Paul en Asie Mineure.
* 49 ou 52 : Assemblée de Jérusalem avec Jacques, Pierre, Jean et Paul.
* 50/51 : Ière Epître aux Thessaloniciens, attribuée à Paul, le plus ancien texte du Nouveau Testament.
* v. 67 : Evangile de Marc.
* 68 : Martyres de Pierre et de Paul à Rome, avant la mort de Néron (68).
* 70 : Destruction de Jérusalem par Titus.
* v. 80 : Evangiles de Matthieu et de Luc.
* v. 90 : Evangile de Jean.
* v. 125 : Année de datation du Papyrus Rylands, le plus ancien fragment conservé du Nouveau Testament, retrouvé à Fayoum
(Egypte) en 1934.
* v. 150 : Premières images du Christ.
* IIIème siècle : Premières peintures des catacombes de Rome.
* 250 : Première persécution massive des chrétiens, déclenchée par l'empereur romain Dèce (249-251).
* 303-304 : Sous Dioclétien (284-305), les chrétiens subissent la persécution la plus dure qu'ils eurent à supporter et
qui dura dix ans.
* 313 : L'édit de Milan décrète la fin de la persécution contre le christianisme.
* 325 : Le Ier concile oecuménique, celui de Nicée, réuni par l'empereur Constantin, condamne l'arianisme.
* 326 : Edification à Jérusalem de la basilique du Saint-Sépulcre (reconstruite au XIème siècle), à l'initiative d'Hélène,
la mère de Constantin.
* v. 350 : L'empereur Constance II (337-361), fils de Constantin le Grand, soutient les ariens contre les chrétiens de
stricte orthodoxie.
* 381 : Le IIème concile oecuménique, celui de Constantinople, met fin à la crise arienne. Les Pères proclament la
divinité du Saint-Esprit.
* 391 : L'empereur Théodose Ier le Grand (379-395) déclare le christianisme religion d'Etat. Tous les cultes non
chrétiens sont interdits au sein de l'Empire.
* 430 : Mort d'Augustin (né en 354), évêque d'Hippone, l'un des principaux Pères de l'Eglise.
* 431 : Le IIIème concile oecuménique, celui d'Ephèse, condamne et dépose Nestorius, patriarche de Constantinople.
* 440-461 : Pontificat de Léon Ier le Grand, rénovateur de la lithurgie.
* 496 : Clovis, roi des Francs (481/482 - 511), se convertit au catholicisme.
* 529 : Benoît de Nursie (v. 480-547) fonde l'ordre bénédictin et l'abbaye du Mont-Cassin.
* 532-537 : Edification, à l'initiative de l'empereur romain d'Orient Justinien (527-565), de l'église Sainte-Sophie à
Constantinople.
* 547-549 : Construction à Ravenne des églises Saint-Vital et Saint-Apollinaire.
* 590-604 : Pontificat de Grégoire Ier le Grand, qui marque le Moyen Âge latin et tout le christianisme occidental.
* 725 : Boniface (v. 675-754), archevêque de Mayence, apôtre de la Germanie et réformateur des Eglises franques, commence
l'évangélisation de la Hesse en abattant le chêne consacré à Domar, dieu des Germains.
* 726-843 : Lutte contre l'iconoclasme au sein de l'Empire byzantin.
* 800 : Charlemagne, roi des Francs depuis 768, est sacré empereur d'Occident par le pape Léon III (795-816).
* 805 : Consécration de la chapelle Palatine d'Aix-la-Chapelle.
* 863 : Le pape de Rome et le patriarche de Constantinople se disputent le primat spirituel sur la chrétienté.
La première rupture entre l'Eglise catholique d'Occident et l'Eglise orthodoxe d'Orient se profile à l'horizon.
* 910 : Fondation de l'abbaye de Cluny par le duc Guillaume d'Aquitaine.
* 962 : Othon Oer le Grand reçoit la couronne impériale des mains du pape Jean XII (955-964) : c'est le premier roi de
Germanie et premier empereur du Saint Empore romain germanique.
* 1054 : Rupture définitive entre l'Eglise de Rome et l'Eglise orthodoxe.
* 1074 : Le pape Grégoire VII (1073-1085), à l'origine de le "réforme grégorienne", lutte contre l'investiture laïque
et l'hégémonie impériale.
* 1075-1122 : Querelle des Investitures entre, notamment, le pape Calixte II et l'empereur Henri V.
* 1088 : Début de la construction de la plus vaste église de la chrétienté jusqu'à la construction de Saint-Pierre de Rome,
celle de l'abbaye de Cluny, qui s'achèvera en 1220.
* 1095 : Le pape Urbain II (1088-1099) organise la première croisade, dont il sera le chef et qui aboutira à la prise de
Jérusalem en 1099.
* 1109 : Mort du théologien Anselme de Cantorbéry (né en 1033) qui chercha à concilier foi et philosophie (De fide).
* 1122 : Le concordat de Worms met fin à la querelle des Investitures.
* 1153 : Mort de Bernard de Clairvaux (né en 1091), fondateur de l'ordre des Cisterciens.
* 1163 : Début de la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris ; les travaux s'achèveront en 1245.
* 1176 : Le Lyonnais Valdès, ou Valdo, fonde le mouvement vaudois qui va se répandre dans toute l'Europe.
* 1184 : Excommunication des vaudois par le concile Vérone.
* 1209-1229 : Croisade contre les albigeois prêchée par le pape Innocent III.
* 1210 : François d'Assise (1182-1226) fonde l'ordre des franciscains.
* 1215 : Le IVème concile du Latran, convoqué et présidé par le pape Innocent III (1198-1216), entre autres, définit les
principaux dogmes, fixe un ensemble de sanctions contre les hérétiques vaudois et cathares, ainsi que des règles de procédure
pour la justice ecclésiastique.
* 1231 : Le pape Grégoire IX (1227-1241) organise l'Inquisition, érigée en office universel pour lutter contre l'hérésie.
* 1274 : Mort de Thomas d'Aquin (né vers 1225), le plus grand des théologiens du Moyen Âge.
* 1309 : Le siège de la papauté est transféré de Rome en Avignon. Cette ville devient la capitale de la chrétienté de 1309
à 1367 (ou 1403 si l'on compte les papes du Grand Schisme).
* 1378 : Début du Grand Schisme d'Occident.
* 1384 : Mort du théologien anglais John Wyclif, dont les doctrines mirent en cause l'autorité de toute la hiérarchie
ecclésiastique.
* 1414-1418 : Le concile de Constance (XVIème concile oecuménique) est convoqué pour mettre fin au Grand Schisme
d'Occident et pour défendre la foi contre les idées de Wyclif et de Jean Hus, condamné à mort et exécuté (1415).
* 1419-1437 : Guerres hussites en Bohême.
* 1452-1455 : Première édition imprimée de la fameuse "Bible à trente-six lignes" de Gutenberg.
* 1453 : Prise de Constantinople par les Turcs.
* 1484 : Le pape Innocent VIII (1484-1492) publie la "Bulle des sorcières", Summis desiderantes affectibus : début des
procès pour sorcellerie, qui dureront jusqu'à la fin du XVIIIème siècle.
* 1506 : Début des travaux de reconstruction de la basilique Saint-Pierre de Rome. Ils s'achèveront en 1626.
* 1517 : Le moine augustin Martin Luther (1483-1546) affiche à Wittenberg les Quatre-Vingt-Quinze Thèses "sur la vertu
des indulgences", qui marquent le début de la Réforme protestante.
* 1521 : Début de la Réforme à Zurich, sous l'impulsion du Suisse Ulrich Zwingli (1484-1531).
* 1525 : Première traduction en anglais du Nouveau Testament, par William Tyndale.
* 1531 : Le roi d'Angleterre Henri VIII (1509-1547) est reconnu par le clergé comme chef suprême de l'Eglise anglaise :
c'est la rupture avec le Saint-Siège.
* 1534 : L'Acte de suprématie établit Henri VIII comme chef suprême de l'Eglise en Angleterre. Ignace de Loyola (1491-1556)
fonde la Compagnie de Jésus.
* 1541 : Jean Calvin (1509-1564) introduit la Réforme à Genève.
* 1545-1563 : Pour faire face au progès de la Réforme protestante, le concile de Trente, XIXème concile oecuménique,
établit les principes de la doctrine catholique.
* 1555 : La paix d'Augsbourg reconnaît officiellement l'existence du protestantisme en Allemagne, pour les Etats et non
pour les individus.
* 1562 : En France, début des guerres de Religion qui opposent, dans le royaume, catholiques et calvinistes.
* 1572 (24 août) : Nuit de la Saint-Barthélemy : des milliers de protestants sont massacrés (dont plus de 2 000 à Paris).
* 1598 (13 avril) : L'édit de Nantes, proclamé par le roi Henri IV (1589-1610), fixe légalement le statut des protestants
en France, qui retrouvent l'intégralité de leurs droits civiques.
* 1648 : La paix de Westphalie (traités de Münster et d'Osnabrück) met fin à la guerre de Trente Ans et entrine le
principe cuius regio, eius religio.
* 1685 : Louis XIV (1643-1715) révoque l'édit de Nantes : plus de 200 000 protestants émigrent, surtout en Prusse et en
Hollende.
* 1789 : L'Assemblée constituante décide que les biens du clergé seront "mis à la disposition de la Nation" pour
rembourser la dette de l'Etat.
* 1801 : Concordat de Rome pr lequel Napoléon Bonaparte met fin à la séparation des Eglises et de l'Etat.
* 1869-1870 : Le Ier concile du Vatican, XXème concile oecuménique de l'Eglise romaine, convoqué par le pape Pie IX
(1846-1878), établit le dogme de l'infaillibilité pontificale.
* 1870 : Les Etats de l'Eglise sont annexés au royaume d'Italie.
* 1929 : Accords du Latran entre le Saint-Siège et le gouvernement italien : création de l'Etat du Vatican.
* 1962-1965 : Le IIème concile oecuménique du Vatican, convoqué par le pape Jean XXIII (1958-1963) décide un profond
renouvellement au sein de l'Eglise romaine (abandon de l'anathème, par exemple).
* 1964 : Promulgation du décret conciliaire Unutatis reintegratio, qui marque l'entrée officielle de l'Eglise romaine
dans l'oecuménisme.
* 1965 : Le synode ses évêques est institué durant le IIème concile oecuménique du Vatican par le pape Paul VI,
aux fins d'assister le souverain pontife dans son apostolat universel.
* 1965 : Révocation de l'excommunication réciproque entre catholiques et orthodoxes.
* 1985 : Le synode des évêques réuni au Vatican par le pape Jean-Paul II débat sur les délibérés du concile Vatican II
vingt ans après.
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