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Le Protestantisme



Apparu au XVIème siècle, le protestantisme voulait la réformation de la chrétienté en Occident, selon l'Evangile de Jésus-Christ. A partir de trois orientations théologiques (luthérienne, réformée, anglicane), les Eglises protestantes ont été soumises à une diversification croissante. Elles comprennent des courants très divers (orthodoxies luthérienne et calviniste, mouvements pentecôtistes, etc.) et des systèmes ecclésiastiques différents (épiscopalisme ou congrégationalisme).

Le mot "protestant" apparut pour la première fois au sens de "confessant", dans le texte de la deuxième diète de Spire (1529). Cette protestation confessante portait sur deux points, qu'on allait appeler le principe substantiel et le principe formel de la Réforme : la grâce suffit au salut et la Bible suffit à la révélation de Dieu.

Le protestantisme, incluant tous les courants découlant de la Réforme (hormis les anglicans), compte plus de 292 millions de croyants, soit 18% environ de tous les chrétiens. La plupart des chrétiens protestants (32%) résident en Amérique du Nord ; 27% d'entre eux vivent en Europe. On trouve des protestants dans 209 pays, principalement aux Etats-Unis, qui comptent près de 89,5 millions de fidèles, soit 30% de tous les protestants. C'est ensuite en Allemagne que l'on touve le plus de protestants, avec presque 29 millions de fidèles (soit 10% du chiffre total).

Les grandes dénominations du protestantisme sont :

Les luthériens

Les communautés confessionnelles qui se réfèrent, dans leurs structures nationales, régionales, ecclésiales ou libres, à Martin Luther (1483-1546), l'auteur des Quatre-Vingt-Quinze Thèses "sur la vertu des indulgences" (1517), marquant la naissance du mouvement de la Réforme, sont au total plus de 43,5 millions dans le monde. Les Eglises luthériennes s'appellent Eglises de la Confession d'Augsbourg, pour ne pas privilégier un nom aux dépens de la doctrine.

Les réformés et les presbytériens

Les communautés qui se rattachent aux doctrines d'Ulrich Zwingli (1484-1531) et de Jean Calvin (1509-1564) sont dites Eglises réformées (en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas et en France) et Eglises presbytériennes dans les pays anglo-saxons (Angleterre, Etats-Unis). Elles se définissent elles-mêmes comme étant des "Eglises réformées selon la parole de Dieu". Le nombre de réformés et de presbytériens s'élève de nos jours à plus de 32 millions.

En Angleterre, le puritanisme est un mouvement qui, aux XVIème et XVIIème siècles, essaya de poursuivre la réforme doctrinale établie par les règlements d'Elisabeth Ière et s'inspira fortement du calvinisme et des idéaux de pureté évangélique. On nomme également "puritains" les adeptes de ce mouvement qui émigrèrent en Amérique entre 1620 et 1640 (plusieurs sociologres ont souligné le lien entre la mentalité purtitaine et l'esprit du capitalisme). Contrairement aux anglicans, qui accordent une grande importance au culte, les puritains ont comme priorité une morale très stricte : ils aspirent à une vie vertueuse et à une maîtrise, par la raison, des sentiments et des instincts. C'est du puritanisme que sont issus les congrégationalistes, les baptistes et les quakers.

Les congrégationalistes

Organisés en communautés autonomes, ils se veulent libres de toute ingérence extérieure. Après les violentes persécutions qu'ils subirent en Angleterre, ils s'établirent aux Pays-Bas, où ils fondèrent en 1609, sous la direction de John Robinson (1575-1625), une communauté de congrégationalistes persécutés. De là, en 1620, une centaine d'entre eux, les Pilgrim Fathers (Pères Pèlerins), arrivèrent en Amérique à bord du May-flower et fondèrent New Plymouth dans le Massachusetts. En 1636, ils créèrent le Harvard College (Cambridge) en Nouvelle-Angleterre et, en 1701, le Yale College (New Haven). Les congrégationalistes, ou indépendants, sont aujourd'hui près de 4 millions. Il convient de distinguer les Eglises congrégationalistes, qui existent dans plusieurs pays anglo-saxons notamment, et toutes les Eglises protestantes dont l'organisation est congrégationaliste, mais qui portent un autre nom : pentecôtistes, baptistes, etc.

Les Eglises baptistes

Elles ont leur propre fédération : l'Alliance baptiste mondiale. Les baptistes constitient, avec 35,5 millions d'adeptes, un "mouvement libre". Ils pratiquèrent jusqu'en 1643 le baptême par infusion ; puis ce fut le baptême par immersion, seule forme aujourd'hui admise. Plus généralement, on peut nommer "baptistes" des mouvements dans lesquels la pratique d'une ablution ou d'un bain joue un rôle essentiel.

Le méthodisme

Avec ses 26 millions d'adeptes, c'est aujourd'hui l'une des plus importantes églises libres de Etats-Unis. Le méthodisme naquit à la suite d'une campagne d'évangélisation menée en 1739 par George Wesley (1703-1788). Il fut le dernier mouvement d'opinion qui, dans le protestantisme, réussit à fonder des institutions durables ; en outre, il influa sur la majorité des courants issus de la Réforme.

Le prédicateur, puis pasteur, méthodiste William Booth (1829-1912) fondda à Londres en 1878 l'Armée du Salut (Salvation Army), dont les membres sont également appelés "salutistes". Cette communauté, qui compte environ 4 millions de membres et se considère comme une "militia Christi", a son grand quartier général à Londres. En France, elle a débuté son action en 1881 ; elle y possède 37 institutions (1995) et dispose d'un journal publié par le quartier général.

Signalons en outre des mouvements divers :

Le pentecôtisme, ou mouvement de Pentecôte, rassemble ceux qui croient en la réactualisation des charismes de l'Eglise primitive. Ils consacrent leur dévotion, à la fois enthousiaste et pleine d'émotion, à l'oeuvre du Saint-Esprit. Ainsi le baptême du Saint-Esprit (comme au temps de la Pentecôte) est-il accompagné, par exemple, du don d'accomplir des miracles, surtout de guérison. Les membres du mouvement de Pentecôte dans le monde sont de 40 à 60 millions.

L'adventisme (du latin adventus, "venue") fait partie de ces communautés qui attendent le retour du Christ à la fin des temps. Le mouvement adventiste américain, le plus connu, fut fondé en 1831-1832 par le baptiste William Miller (1782-1849), un fermier autodidacte de Pittsfield ; il compte plus de 6 millions de membres. C'est en se livrant à une interprétation chiffrée de Daniel (8 : 14) et de l'Apocalypse (14 : 9-12) que le fondateur conclut au retour du Christ sur terre, pour un règne millénaire avec ses élus, aux alentours de 1843. Le non-retour du Christ amena les adventistes à éclater en un certain nombre de groupuscules, dont le plus célèbre est celui des Seventh-Day Aventists (les adventistes du septième jour), fondé par l'adventiste Ellen G. White (1827-1915), qui défendent une vision eschatologique. Il faut citer aussi les Eglises de Dieu, apparues dès 1830 aux Etats-Unis.

L'Eglise catholique apostolique est née au début du XIXème siècle, sous l'impulsion du prédicateur du "renouvellement chrétien" Edward Irving (1792-1834). Elle se nomme, improprement mais couramment, Eglise d'Irving. Des schismes se produisirent en Allemagne, par exemple, avec la formation de l'Eglise néo-apostolique.

Les Témoins de Jéhovah sont les membres d'une communauté fondée à Pittsburgh (Etats-Unis) en 1878 par Charles Taze Russell (1852 - 1916). Ils tirent leur nom (1931) d'une expression du prophète Isaïe (43 : 10). Leur doctrine, reliée à celle de l'adventisme, est faite de croyances illénaro-messianiques. Pour les Témoins, il est primordial d'invoquer Dieu sous le nom de Jéhovah. Considérant qu'ils font partie du Royaume de Dieu, qu'ils doivent servir, ils refusent de saluer les drapeaux et de faire une service militaire. Leur organisation, très centralisée, a à sa tête un "collège des Anciens".

"Quakers" (en anglais, "trembleurs") est à l'origine le surnom donné aux membres de la Société des Amis, fondée dans les années 1660-1670 par George Fox (1624-1691), en raison de leurs expériences mystiques. C'est dans le but de fuir la répression en Angleterre que les quakers émigrèrent en Amérique, où ils fondèrent, sous la direction de William Penn (1644-1718), une nouvelle colonie qui sera appelée Pennsylvanie, "le pays sans armée". Leur credo admet la présence en chaque homme d'une "semence ou d'une lumière divine" ; aussi le culte est-il, en principe, entièrement spontané. De nos jours, les quakers sont plus de 500 000.

Une secte américaine issue des quakers, fondée en 1747 à Manchester par Ann Lee, "mère Anne" (elle émigre en Amérique la même année) est celle des shakers (en anglais, "secoueurs"), dont le nom est United Society of Believers in Christ's Second Appearing. Elle prône une doctrine de la perfection. Les adeptes connaissent des extases dans lesquelles ils sont secoués rythmiquement (d'où leur surnom).

Les vaudois constituent un mouvement laïc, fondé en 1176 par un riche marchand lyonnais, Pierre Valdès ou Valdo (mort autour de 1217), qui repose sur l'idée d'une rigoureuse pauvreté évangélique. Leur opposition à l'Eglise catholique amena les vaudois, dont la piété était fondée sur les préceptes du Sermon sur la montagne, à être excommuniés par le concile de Vérone (1184) et persécutés par le tribunal de l'Inquisition, ce qui ne les empêcha pas de se répandre dans une grande partie de l'Europe. Mais les persécutions, qui se sont poursuivies au cours des siècles, n'ont permis qu'à un petit nombre de vaudois de survivre, essentiellement dans les vallées alpines du Piémont. De nos jours, l'Eglise évangélique vaudoise compte à peu près 46 000 adeptes.

Le mouvement unitarien, qui prône une démarche plutôt philosophique, la relativisation des énoncés dogmatiques, se forma au XVIème siècle en Europe, en Pologne, en Transylvanie, en Angleterre. De nos jours, il subsiste dans les protestantismes européen et nord-américain.

On appelle schwenckfeldiens les membres d'un mouvement "spiritualiste évangélique" fondé en Silésie par Kaspar Schwenckfeld von Ossig (1489-1561), qui allait s'établir au XVIIIème siècle en Amérique. Aujourd'hui encore, on trouve certaines de leurs communautés e Pennsylvanie.

Les mennonites doivent leur nom au prêtre frison Menno Simons (1496-1561). Ce mouvement de Réforme né après 1536 compte aujourd'hui plus d'1 million de personnes. L'influence des "assemblées" mennonites s'étendit à l'ensemble de l'anabaptisme pacifique européen.

Les arminiens tirent leur nom du théologien et prédicateur réformé Jakob Arminius (1560-1609) de Leyde (Pays-Bas). De nos jours, il subsiste une trentaine de communautés.

Les Frères moraves, ou Frères tchèques, sont une secte religieuse réformatrice de Bohême, issue de la tradition hussite. Dans la seconde moitié du XVème siècle, en 1467, ils se rattachèrent au cercle de Pierre Chelcicky (vers 1380-1452) qui exigeait une application rigoureuse des lois évangéliques.

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