LE SANCTUAIRE....- Maison XI du Verseau

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Le Judaïsme

INTRODUCTION

Ensemble des croyances et des institutions religieuses des juifs, descendants des Hébreux et héritiers de leurs livres sacrés. Cette religion, la première purement monothéiste, appartient aux religions sémitiques et d'Asie Mineure. (Le mot latin Hebraei, du grec Heraioi, lui-même issu de l'hébreu 'Ibri, désigne le peuple d'Israël à ses origines.)


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HISTOIRE DU JUDAÏSME

Les Hébreux

D'après les traditions bibliques, les Hébreux sont d'abord la famille d'Abraham, venu de Mésopotamie. Après s'être installés au nord de Sichem, en Canaan - sans s'assimiler aux Sichémites -, ils en sont chassés par une famine et s'établissent en Egypte. Libérés de la tutelle égyptienne vers le XIVème siècle av. J.-C., les Hébreux campent dans le Sinaï, où ils reçoivent la révélation divine à la base de leur Loi, la Torah. Vers 1020, ils se donnent une monarchie tempérée (la royauté du Saül est surtout une affaire de famille). Après le règne brillant du "sage" Salomon (env. 971/970-931) et le schisme de Sichem, le royaume se divise en deux : Israël au nord, Juda au sud. En 722, c'est la fin du royaume d'Israël, proie facile de l'expansionnisme assyrien ; en 587, celui de Juda tombe dans l'orbite néo-babylonienne. Bien que dominés par les Empires perse et hellénistique, les Hébreux recharpentent leur Etat, avant de retrouver l'indépendance sous les princes asmonéens (165-63). La conquête romaine soumet les Hébreux au tribut, à l'occupation militaire et à l'oppression politique sans anéantir leurs structures nationales. Des révoltes et deux guerres ( la guerre juive, 66-74, et destruction du second Temple, en 70 ; la guerre de Bar Kokhba, 132- 135 ) les opposent à Rome.

Histoire du peuple juif jusqu'au Moyen Âge

Le peuple juif change ses habitudes. Dans le domaine du culte, l'institution de la synagogue, lieu de rassemblement des juifs pour le culte et l'étude, assure la relève. Pour ce qui est de l'enseignement, l'étude de la Torah et la conviction que l'espérence messianique est liée à l' observance de la Loi transforment les pratiques. Les rabbins, les prêtres, deviennent les modèles et l'autorité. Ce sont eux qui déterminent les prières et les bénédictions. La Torah, qui comporte dès les origines deux parties, l'une écrite, l'autre transmise oralement à partir de Moïse, devient le fondement de toute la vie juive. Le Talmud (interprétation et développement écrits de la loi mosaïque), comprenant la Mishna et la Gemara, forme le point final de cette emprise rabbinique. Tous les textes renvoient à des traditions orales, à des filiations de rabbins, à des commandements (613 dont 365 négatifs et 248 positifs) et la vie à partir de l'interprétation. Cette culture des rabbins ferme la communauté juive à toutes les autres cultures.

Les autres communautés juives dans le monde (la diaspora) vont se mettre à suivre le même exemple, puisque l'idée d'une terre et d'une patrie reste exclue. Selon les règles des rabbins, la Loi est expliquée et pratiquée. La religion nationale d'hier est devenue la religion de la Torah. Ce mode de vie se maintient durant tout le Moyen Âge et jusqu'au XIXe siècle. Cet isolement et ce particularisme expliquaient, déjà dans le monde babylonien, puis dans la chrétienté du monde médiéval, des attitudes antijudaïques marquées. Parce qu'ils sont non conformistes (religion- culte-politique), les juifs vont être victimes de haines et bientôt de massacres ; à partir de l'empereur Théodose II, qui supprime le patriarcat palestinien (425), la persécution est endémique. A cela s'ajoute, après la prise de Tolède par les musulmans (711), la symbiose harmonieuse (425) entre l'islam hispanique et les communautés juives. Ainsi, le Guide des égarés de Maimonide (écrit en arabe et traduit en hébreu) veut prouver l'accord entre la philosophie et la Révélation divine consignée dans la Torah. Dans l'Europe médiévale, juifs et chrétiens se tolèrent et, parfois, s'entendent bien. L'exemple de Rashi de Troyes (1040-1105), éminent commentateur de la Bible et du Talmud, et celui de Nicolas de Lyre, qui, au XVème siècle, le traduisit en latin, le soulignent clairement. Mais les Croisades, et leurs massacres, vont dégrader encore la situaon, surtout après que le IIIe concile de Latran (1179) a rappelé la législation anti-juive de l'Eglise. De nombreux juifs émigrent alors vers l'Europe de l'Est. En 1492, l'Inquisition expulse définitivent les juifs d'Espagne. Du Xlème au XVème siècle, pendaisons, tueries, baptêmes forcés, exil ont été le lot de toutes les communautés juives européennes ; en outre, l'interdiction de tous les métiers cantonne les juifs au monopole du commerce, où ils sont obligés d'exiger des taux exorbitants puisqu'eux-mênes sont soumis à des impôts exrêmement lourds.

De la Renaissance à l'époque moderne

La Kabbale, qui, depuis le haut Moyen Âge, désigne la tradition mystique du judaïsme et, dans une aception plus large, les courants ésotériques successifs qui devinrent les éléments dynamiques de son histoire, permet aux communautés juives de retrouver une méhode de pensée et de croyance qui les soutient. Cette situation change au XVIIe siècle, quand se répandent largement les mouvements de Sabbataï Tsevi et du hassidisme. Deux grands penseurs juifs, Martin Buber et Gershom Scholem, ont publié et fait connaître les textes des penseurs hassidiques ; ils y distinguent des éléments d'origine étrangère (pensée hellénistique, idée gnostique et néoplatonisme).

A la Renaissance, au temps des humanistes, les textes de la Kabbale furent accueillis et reconnus par une certaine partie de l'Allemagne. Johannes Reuchlin (1455-1522), disciple de Pic de La Mirandole, avait même obtenu la reconnaissance de cette culture "comme partie intégrante de la communauté juridique culturelle européenne". Mais la révolution religieuse qui éclate au début du XVIe siècle en Allemagne modifie tout. Luther, désespérant d'obtenir la conversion des juifs, change d'attitude à la fin de sa vie et conseille aux princes de les expulser. Les réformés, comme les catholiques, fondamentalement, refusent les juifs, car ils sont rejetés par Dieu pour leur refus de reconnaître en Jésus le Messie. Les papes du XVIe siècle (Paul IV, Pie V Grégoire XIII) vont cependant condamner les réformes, approuver le massacre de la Saint-Barthélemy, et, de la même manière, lancer l'Inquisition contre les juifs.

Les persécutions contre les protestants ont déplacé le sens des migrations : la Réforme ouvre au Nord (Hollande-Angleterre) des zones de relative tolérance et de Iiberté. À partir de là, des colons juifs vont développer et animer le commerce colonial, le capitalisme moderne et la "conquête" de l'Amérique du Nord. En effet, les bastions catholiques de la Méditerranée (Espagne, Italie) sont peu à peu remplacés par les puissances politiques (France, Angleterre, Pays- Bas) qui s'intéressent à l'Atantique. Les révolutions scientifiques et politiques de l'époque confirment les métamorphoses du monde. La théologie des chrétiens et des juifs se transforme, suite aux procès et aux condamnations de Giordano Bruno, de Baruch Spinoza ou de Moses Mendelssohn.

Le déisme du XVIIIème siècle, qui favorise les attaquent contre tous les cultes, n'épargne pas les pratiques des communautés juives. Le cas du philosophe allemand Moses Mendelssohn, ami de Lessing, reste exceptionnel : agréé par Frédéric II, il traduit la Bible en allemand littéraire et reste fidèle au judaïsme, qu'il contribue à réformer ; l'Aufklärung correspond déjà à la Révolution française, donc à la confiance dans les droits de l'homme. Les juifs, malgré des persécutions latentes, sont face à un système caractérisé par un rationnalisme optimiste, dans lequel ils pourront garder leur autonomie et leur liberté religieuse. L'Europe et les Etats-Unis semblent renoncer aux guerres de religion et faciliter l'intégration. Aux Etats-Unis, le judaïsme conservateur, orthodoxe, conserve beaucoup d'adeptes, regroupés autour du Yeshiva College, créé en 1928, tandis que la tendance réformatrice a vu son programme déterminé par la Pittsburgh Platform (1885). Enfin, de nombreux juifs se sont laïcisés, au point de rester sans religion (Heine, Marx ou Freud).

De l'Holocauste à l'État d'Israël

Avant l'accession de Hitler au pouvoir, des textes racistes (ceux de Gobineau, de Chamberlain, de Drumont) et des procès (affaire Dreyfus), des pogroms en Russie et en Pologne et un climat antisémite (le mot est attesté en 1889) ont préparé le changement d'attitude vis-à-vis des juifs en Europe. La "solution finale" de la question juive prônée par l'idéologie national-socialiste sonne le glas de presque toutes les commulautés d'Europe. En 1945, les survivants de la Shoah ("catastrophe") sont très peu nombreux ; et la culpabilité pèse face à ce génocide préparé et accompli dans l'indifférence, le silence ou la complicité.

De cette persécution est née une nouvelle solidarité dont le dénomilateur commun se retrouve dans les thèses sionistes d'un retour nécessaire en Israël. Ce mouvement puissant, datant des années 1860 (Leo Pinsker), trouvera en Theodor Herzl (1860-1904) un propagandiste fervent. Il organise les congrès sionistes mondiaux et favorise les implantations de colons en Palestine ; grâce à la déclaration Balfour, du 2 novembre 1917, le futur Etat d'Israël existera. Mais le problème palestinien, les divisions entre les dirigeants juifs et les harcèlements terroristes de l'Irgoun (armée juive clandestine) vont provoquer et maintenir un climat de violence et de terreur. Les Palestiniens ne font que reprendre les techniques utilisées contre eux dès 1920 par Vladimir Jabotinsky.

L'Etat d'Israël est proclamé le 14 mai 1948. Le partage de la Palestine en deux États économiquement liés (Jérusalem et sa région formant un corpus separatum directement administré par l 'O.N.U.) a été voté par l'O.N.U., le 29 novembre 1947, vote accueilli avec colère par les Arabes. Les dirigeants hébreux ont tout fait pour continuer leur politique d'expansion au détriment des populations arabes. Toutes les guerres, tous les accords n'ont pas fait fléchir le nouvel Etat ; le judaïsme avait une nouvelle fois conquis une Terre promise.

Actualité du judaïsme

La démocratie et l'Etat d'Israël, les guerres successives ainsi que les vagues de population se succédant en Terre promise, enfin l'évolution des mentalités font que les juifs contemporains se reconnaisent une cité, une patrie ou un territoire, un peu à la façon de tous les exilés de leur propre histoire, mais leurs croyances et leur foi s'expriment de différentes façons. La reconnaissance officielle du génocide, fondamentale et laborieuse, reste inachevée. Des pays et des peuples ne reconnaissent pas Israël ou lui contestent toute existence politique nationale et internatiolale. En revanche, sur le plan religieux, de larges débats s'instaurent entre les trois monothéismes pour identifier les singularités et les convergences.

Un consensus quasi umversel s'établit sur la célèbre formule : la foi de Jésus rassemble, la foi en Jésus divise. Car trois problèmes graves séparent les communautés molothéistes : la personne historique de Jésus, la foi en Jésus et en sa qualité de Messie, enfin le rôle de l'Eglise. En effet, les études montrent bien que Jésus n'est pas un moine, un patriote, un rabbin ou un prêtre. On ne peut historiquement le rattacher ni aux sadducéens, ni aux esséniens, ni aux pharisiens, ni aux zélotes ; il est autre. Quand son Église est constituée, les premiers fidèles sont en majorité araméens et hébreux ; quelques-uns connaissent le grec. Ils vont au temple, observent le shabbat et y ajoutent des cérémonies comme celle de l'Eucharistie pour s'affirmer dans la communauté de Jésus. Sans doute est-ce l'origine du dimanche, jour férié consacré à Jésus, juste après le shabbat, exigé par la religion juive. Avec l'apostolat de Saül, devenu Paul, l'Eglise devient grecque, latine et universelle et perd donc ses racines juives. La lecture de la Bible, les commentaires sur la Loi et la "perception" de Dieu se situent dans un autre univers, celui où le christianisme exclura et persécutera le judaïsme. A 1'heure actuelle, le repentir lié à la Shoah permet de mieux comprendre le judaïsme. Mais les méditations œcuménistes d'un Martin Buber ou d'un Gershom Scholem démontrent aussi que le judaïsme veut appliquer à ses propres textes et à sa spiritualité, laïques et religieuses, les mêmes méthodes de raisonnement qu'appliquent l'ensemble des communautés scientifiques


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LA LITURGIE

La Prière

la prière juive (tefillah) de se faire n'importe où et n'importe quand. Mais l'usage d'un lieu (la synagogue) et son minyan, ou quorum de 10 fidèles, s'imposent peu à peu. prier s'inscrit dans la croyance selon laquelle l'homme peut, individuellement et collectivement, communiquer avec Dieu qui, l'entendant, lui répond. La synagogue possède d'une tribune, la bimah (almémar chez les ashkénazes ; en arabe : al-minbar, le « pupitre » de la mosquée), où l'on procède à la les cures de la Loi et à d'autres rites. Puis la prière se transformant en liturgie. On répète le Shema Israël : « Écoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un », qui comprend trois passages de la Bible : Deutéronome 6 : 4-9, Deutéronome. 11 : 13-21 et Nombres 15:37-41. Puis sont énumérées les 18 bénédictions de Dieu, Créateur, Libérateur, Législateur trois... Et la prière s'achève par un moment de recueillement personnel. En général, la journée comporte deux prières : celle du lever, que l'on prononce le matin, et celle du coucher, récitée avant de se coucher. On réserve cependant la lecture de la Bible au shabbat et aux jours de fête.

le Talmud, surtout depuis la réalisation des synagogues à lors de l'exil babylonien, insiste sur les valeurs morales et sur les intentions. Des prescriptions mineures, tel que prié en se tournant dans la direction de Jérusalem, portait un châle sur la tête ou balancer son corps, se sont peu à peu établies. Mais la règle est la prière quotidienne. Elle n'a de sens que si la dévotion profonde.

Livres de prières

Quatre recueils liturgiques classiques marquent les différences fondamentales entre les rites de Babylone et de Palestine : le siddour (livre de prières quotidiennes) d'Anvram Gaon, le Sefer de Rav Amran Gaon, au IXe siècle ; le siddour de Rashi et le mahzor (livre de prières des fêtes) Vitry (XIe siècle) de Simhah ben Samuel.

à l'heure actuelle, les livres de prières commencent de mentionner les deux bouleversements majeurs que connut l'histoire des juifs au XXe siècle : la (solution finale) et la renaissance de l'État d'Israël.

Prières du shabbat et des jours de fête

le vendredi soir, veille du shabbat, jour consacré au culte, les offices commencent avec le Qabbalat shabbat (accueil du shabbat), se poursuivent avec Barikhev(« Bénissez Dieu, le seul béni ») et le Shema, on chante d'abord les psaumes 144 et 67 ; l'Office se termine par le psaume 91, d'autres versets bibliques et « la cérémonie de la Havdalah, prière de clôture qui comprend quatre bénédictions.

A chaque fête correspond une liturgie précise. Ainsi, le shofar (corne du bélier) retenti durant les jours consacrés à la pénitence, pour repentir et au pardon : il peut également annoncer l'entrée du shabbat. Depuis la destruction du Temple, le Shofar est associé au jour de Rosh ha-Shanna.


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LES FÊTES

Les fêtes de pèlerinage

Les trois grandes fêtes de pèlerinage sont Pessah (« Pâques »), qui dure huit jours ; Shavouot (« les semaines »), célébrée durant deux jours dans la Diaspora et un jour en Israël ; Soukkot.

Soukkot

La fête dite des tabernacles ou des Tentes se situent au moment de la récolte. Le travail s'achève et l'homme en récolte les fruits. Dieu demande donc une célébration d'une semaine (qui commence le 15 Tichri). Son rôle de première importance a disparu quand les juifs perdirent le contact avec l'agriculture, après la destruction du second Temple. Les quatre espèces (loulav, branche de palmiers ; étrog cédrat ; hadassim, trois brindilles de myrtilles ; aravot, deux branches de saules) constituent un élément essentiel de la fête. Plantes et fruits sont agitées à différents moments, suivant le commandement de la Bible, qui est de se « réjouir devant l'éternel » (Lévitique 23 : 40). La lecture prescrite est celle du livre d'Ecclésiaste. Soukkot est également à appeler Hag ha-Sankkot (« fête des cabanes », Hag hje comprisa-Asil (« fin de la récolte ») et Zeman Simhatépou (« tant de notre réjouissance »).

Rosh ha-Shanna

Dans la diaspora comme en Israël, le nouvel an juif est aujourd'hui célébré le premier et le deux du mois de Tichri, qui coïncide normalement avec septembre-octobre. La fête correspond au début des 10 jours de pénitence dont l'apogée est le Yom Kippour (voir infra). L'expression Rosh Hashana, pour cette fête tardive, est mentionnée qu'une seule fois dans la Bible (lisez qu'il elle 40 : 1), et désigne apparemment le début de la nuit ; elle est en outre commentée dans le Talmud, qui précise le fait que le nouvel an est l'occasion, pour tous, de procéder à un examen de conscience. Durant la fête, le blanc est de rigueur à la synagogue ; d'un blanc immaculé sont également la tenture protégeant l'arche sainte et les nappes recouvrant le lutrin et les rouleaux de la Torah. L'apogée des cérémonies est constitué par la sonnerie du shofar. Le Rosh Hashana se nomme également Yom Terouah (« jour où l'on sonne du shofar »), Yon ah-Din (« jour du jugement »), et Yom ha-Zikkaron (« jour du souvenir »).

Yom Kippour

Le « jour du pardon » est le plus fin et le plus solennel du calendrier juif. Nommé aussi Grand Pardon, il est fixé au 10 du mois de Tichri. On observe un jeune strict durant 25 heures, du coucher du soleil le premier jour à la tomber de la nuit le lendemain soir. Il s'agit de «faire propriation», ce qui implique, dit-on, pour se soulager des péchés, trois actes : avouer ses transgressions, déclaré son repentir par la confession, puis faire expiation devant Dieu pour obtenir son pardon. Un rideau blanc orne dans la synagogue l'arche et les rouleaux de la Loi ; comme lors de la Rosh Hashana, le pupitre et le mobilier sont drapés de blanc. Le Yom Kipour se compose de cinq services qui débutent avec Kol Nidré (« Tous les voeux »), suivie de l'Office des matins de la fête, de l'office supplémentaire et de celui de l'après-midi, s'achevant sur le Neilah (abréviation de Neilat chearim, la « fermeture des portes » du ciel). Le Yom Kipour se nomme aussi Yom ha-Kippourim (chez les ashkénazes), Yom ha-Din (« jour du jugement »), shabbat shabbaton («shabbat du repos solennel »).

Hanoukkah

Fête postbiblique, commémorant la victoire des macchabées sur les Syriens qui voulaient détruire la religion juive est helléniser leur royaume ; elle dure huit jours à partir du 25 Kislev (novembre-décembre). Les Grecs étaient entrés dans le Temple et l'avaient donc profané. Pendant sa purification, on trouva un flacon d'huile sainte, par miracle, brûla huit jours durant. Ainsi, disent les sages, cette fête de la lumière commémore ce miracle.

Chaque soir, on alluma la lampe de Hanoukkha, le chandelier à huit branches, raison pour laquelle cette fête est également nommée hag ha-ourim (« fête de la lumière »). Le premier chapitre de la genèse et le rite de shabbat rappellent chaque semaine le rôle de la lumière comme fondement de la création. De même, la symbolique insiste sur le passage du 7 au 8, c'est-à-dire de la fin d'un cycle prévu par Dieu et le début du cycle de l'homme. Pour cette raison aussi, la circoncision, signe de l'entrée dans l'alliance (entre Dieu et les descendants d'Abraham) et pratiquer le huitième jour.

Tou bi-Chevat ou Nouvel An des Arbres

Au 15e jour du mois de Chevat (janvier-février), on célèbre cette fête mineure, le « jour des arbres ». On consomme des fruits prescrits (caroubes, amendes, et l'on boit, pendant la cérémonie, quatre verres de vin qui symbolise les quatre termes exprimant la rédemption dans la Bible (exode 6 : 6-7). Aujourd'hui, en Israël, on plante de très nombreux arbres à Tou bi-Chevat.

Pourim ou Fete d'Esther

Cette fête mineure, célébré le 14 Adar (février-mars), commémore la persécution du livre au moment de l'empire perse (Ve siècle avant J.-C.). le moment le plus important de la fête et la lecture du rouleau d'Esther, aux deux offices du soir et du matin. L'atmosphère est généralement joyeuse, les usages sont traditionnels : échange de nourriture entre connaissances, voisins ou amis, dons de charité et repas de fête. Aujourd'hui, une ambiance de carnaval est évidente en Israël. Le Pourin-shpil (« jeu du Pourim ») est un monologue ou pièces que l'on joue pendant le Pourim.


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LA MYSTIQUE JUIVE

La Kabbale

Au début, l'homme s'est représenté un monde plein de Dieux ; les manifestations mythiques des pouvoirs divins lui restent inexplicables, et établit des relations confuses avec sept au-dessus/au-delà. Mais, dès que la religion émerge et se fraye un passage, elle fixe les frontières entre eux immanence et transcendances, et, à ce moment, on entre dans les domaines de la morale et de la métaphysique ; la nature et ses puissances se passent au deuxième plan. En revanche, la mystique procède d'une réunion ou d'une fusion entre ces deux moments de la pensée religieuse, et tend à établir une unité entre ses mondes naturels et historiques. La sphère mystique serait le point de rencontre de ces deux mondes : un monde primitif et un monde développé, le monde de la mystique est celui de la Révélation.

Les différentes formes de la mystique juive sont une tentative pour interpréter les valeurs religieuses du judaïsme en termes de valeur mystique. Comme le souligne Gershom Scholem, la mystique juive « se concentre sur l'idée d'un dieu vivant qui se manifeste lui-même dans les actes de la création, de la Révélation et de la Rédemption». En causant cette idée, on aboutit à la conception des 10 émanations (sefirot à travers lesquels se manifestent la divinité. Ce que les Kabbalistes nommèrent le monde divin des sefirot. La mystique juive ne se préoccupe de réunir ou d'associés en ses idées et et ses prières, le dieu de la Bible et le Deus absconditus, le Dieu qui est caché en lui-même. Les images qui voilent les révélations de la puissance divine ne doivent pas entacher la pureté radicale du dieu des textes saints. En revanche, le mystique, à travers la contemplation des sefirot, peut accéder à cette connaissance ultime de Dieu. Le mystique chrétienne et musulmane expriment toujours une défiance vis-à-vis du langage, alors que pour les tenants de la kabbale, le langage de la Bible, divinement informé, doit contenir la vérité divine.

la mystique juive comporte un ensemble de quelque 3000 textes imprimés. Ils présentent parfois des caractères comparables à ceux de la pensée néoplatonicienne. Car il faut toujours connaître les étapes du processus créateur, ce qui est aussi connaître les étapes du retour à la racine de toute existence. S'ajoute, à cette structure de base, le fait que les mystiques et les philosophes ont complètement transformé l'ancien judaïsme. Les deux mouvements représentés ne sont pas totalement antagonistes. Au contraire, le rationalisme et la philosophie des lumières, au XVIIIe siècle, dénote souvent une tendance mystique ; à la lecture païenne et allégorique de la Bible, revendiqué par les philosophes, le mystique juif repose une lecture symbolique qui aboutit à la transcendance divine. Grâce à cette attitude il peut interpréter et unir la loi (Halakhah). C'est de monde furent impossibles à réunir puisque la loi religieuse ne se rangeait point dans les critères de la philosophie. En revanche, le cabaliste voit dans l'ordre de la Loi une référence dynamique, un symbole d'une haute signification, puisqu'elle se déroule sur le plan de l'infinité cosmique.

L'effort que fit la mystique juive pour découvrir la vie cachée sous les aspects extérieurs du réel, et pour révéler l'abîme dans lequel se trouve la nature symbolique de tout ce qui existe est aussi essentiel pour nous qu'elle fut pour les anciens mystiques.

Le premier millénaire

les auteurs mystiques de cette période sont souvent anonymes. En revanche, nous connaissons le thème sur lequel il disserte : la mystique du trône, ou perception de l'apparition de Dieu sur le trône selon le texte des Étienne ; elle est aussi la connaissance des mystères du monde du trône céleste. Les textes visionnaires (Livre éthiopien d'Enoch) décrivent les lieux où passent les mystiques juifs pour atteindre cette sphère éclatante de la divinité, c'est-à-dire le trône. De très nombreux textes ont été écrits : ce sont des descriptions des lieux et palais célestes à travers lesquels passent le visionnaire, que nous pouvons comparer avec les modèles sassanides ou bysantins. La vision du royaume Célestin est issue d'une tentative pour transformer ce qui est parfois présenté dans la Bible en une expérience personnelle. Quant aux descriptions de la contemplation de la «gloire» de Dieu, elles ont, les siècles passant, évolué dans leur terminologie.

À la différence des Grecs, les mystiques juifs, dans le plus grand secret, vénère le roi, son trône, et l'idée des sept cieux à laquelle l'âme s'élève par sa demeure originelle. Il ne s'agit pas d'aimer Dieu et d'en percevoir immanence ; il faut prier et donc trouver les mots qui permettent de l'appeler. Car il s'agit de définir « le roi saint qui émerge des mondes inconnus et descend " à travers 955 cieux" vers le trône de gloire». Cette fiction de ces hypostases divines continueront à vivre dans les textes de la Kabbale, même si parfois le risque de magie dénature les textes. Mais pour les mystiques, la vision et la connaissance, sauf la gnose, représente l'essence de la Torah et de toute la sagesse humaine et cosmique.

Le hassidisme au Moyen Âge en Allemagne

Ce mouvement religieux d'études et de prière, événement décisif dans le développement religieux des juifs allemands, se trouve confronté aux persécutions des croisades. Les Hasside Achkenaz, « les hommes pieux d'Allemagne », vont être martyrisés. Leur courage impressionne les contemporains. Trois familles installées à Spire, Worms et Mayence, ont quitté l'Italie pour les bords du Rhin et sur les chefs du hassidisme au XIIe et XIIIe siècle. Samuel, Yehuda et Eléazar sont issus des Kalonymides, famille légendaire de l'aristocratie religieuse. Sésame assurons communauté juive une cohésion et une force inégalée. L'oeuvre littéraire la plus connue de ce mouvement est le Sefer Hassidim («Livre des dévots »), l'une des productions les plus importants de la littérature juive.

Ce mouvement et cette littérature vise un idéal humain, conditionnant une manière de vivre est une forme de prière. Le hassid (« dévot ») se conforment à des règles purement religieuses, et trois caractéristiques définissent : ils renoncent aux choses de ce monde, il garde une complète sérénité d'esprit, et son altruisme est total. Cette pratique, il découvre la véritable crainte et l'amour de Dieu. On compare souvent les mots et les attitudes du dévot hassidique à ceux des moines, surtout dans leur traits les plus archaïques.

Ici et là, on arrive une valeur particulière à des techniques de spéculations mystiques, telles que Gematria, à savoir le calcul de la valeur numérique des mots hébreux d'une prière et des effets avec d'autres mots ; ou Notarikon, c'est-à-dire l'interprétation des lettres d'un mot comme abréviation de sentence entière. Chaque prière comporte un certain nombre de mots et signifie un moment où une place dans l'échelle de Jacob qui va de la terre au ciel ; et donc une espèce d'ascension mystique. Peut-être y a-t-il le danger d'offrir aux mots en lui-même une grande force ? Le Hassidisme et la Kabbale sont en désaccord sur ce point. Cependant le souci de la forme exacte et du nombre de mots appropriés ne doit pas faire parler de magie, mais plutôt de rituel précis.

Comme les chrétiens et les occultistes de l'époque, le hassidistes ont été troublé par la combinaison de l'extase et de la magie, combinaison qui aurait pu déterminer la théorie de la prière. En parallèle, les pénitences et les « livres pénitentiels » commencent à s'élaborer et à circuler, suscitant l'apparition d'une casuistique méticuleuse. Grâce à toute cette vie religieuse, le hassidisme écartelé séductions de la kabbale parce que la moralité et la mystique de la prière protège mieux les communautés et sont accessibles à tous.

Abraham Abulafia

Au XIIIe et XIVe siècle, certains nombres d'écrivains cabalistiques apparaissent dans le sud de la France et en Espagne, qui se réfère à des expériences personnelles ou à de grands personnages (comme Moïse) pour justifier leur texte visionnaire, enthousiastes ou énigmatiques. Abulafia, né à Saragosse en 1240, correspond à ce courant d'enseignement. Inspiré par les ouvrages des Maïmonide, il commence à avoir des visions vers l'âge de 30 ans. Il entreprend alors de nombreux voyages, de rencontrer le pape et libérer le peuple juif. Ses oeuvres se situent entre le chiffre de 1279 et 1291. Elle vise à donner une méthode pour en « desceller l'âme », sorte de discipline provocant, par la méditation, un nouvel état de conscience. Abulafia veut apprendre à «prononcée », « écrire » et « penser » les mots préparant à l'extase à la révélation. Et, le temps de cette extase mystique, nous sommes en quelque sorte notre propre d'ici. Les grands manuels d'Abulafia sont : Le Livre de la vie éternelle, La Lumière de l'intelligence, Les Paroles de la Beauté, Le Livre de la combinaison.

Le Livre des Splendeurs

Le Sefer ha-zohar paru en Castille après 1275. Avant d'être considéré comme un texte canonique, le zohar fut très longtemps l'expression de tout ce qui est le plus profond et le plus caché dans l'intimité de l'âme juste. Sur un ensemble de 2500 pages, on peut isoler 18 traités qui seraient dus à un auteur unique, le kabbaliste espagnol Moïse de Leon, écrits dans un araméen artificiel, littéraire, avec des éléments linguistiques du Talmud babylonien. La structure du récit, les descriptions géographiques et des conventions littéraires correspondaient une mise en scène compréhensible au XIIIe siècle. Réalisme et fiction se mêle sans cesse. Les traditions grecques et juives sous combinent.

Contrairement aux écrits d'Abulafia, le Zohar reste très près des textes de l'écriture, car d'une foi naïve et parlée des mystères du monde. Il ne prétend pas fixer la méthode de l'extase. Il analyse les relations entre l'homme et Dieu. Ce traité cherche à expliquer la perception des modes de la réalité divine, c'est-à-dire les attributs et les manifestations de l'avis caché de Dieu. Le Zohar interprète le mystère de l'Ecriture, les dix sefirot de la Kabbale. Il s'enthousiasme pour ces passages « divins » puisque Dieu sort de sa demeure cachée et se manifeste en ses attributs : sagesse, intelligence, amour. Le livre détaille, analyse et synthétise symbolisme que Dieu nous offre. Mais il préconise l'adhésion à Dieu, la mort de la pauveté et s'interroge sur le mal. Il considère sans cesse Dieu, l'univers est l'âme et tente d'expliquer les problèmes et de répondre aux questions, en se référant à ces trois concepts.

Isaac Luria

Après l'exode d'Espagne, en 1492, le kabbalisme ne se métamorphose et l'apocalypse devient un thème de propagande. Mais l'exil rappelle la conscience judaïque et trois thèmes essentielle de sa spiritualité : la mort, le repentir et la renaissance. Deux lieux accueillent les écrivains : Géronne en Catalogne et Safed en Galilée. Des écrits sont dus à Moïse Ben Jacob Cordovero et, surtout à Isaac ben Salomon Luria (1534-1572). Ces écrivains, souvent vulgarisateur, sont l'objet de nombreux commentaires. Entre les oeuvres et les disciples s'établit une correspondance qui permet la diffusion des thèmes de pensée et de fois. Luria l'auteur d'un seul livre, son commentaire de la Sifra di-Tseniuta («Livre de l'Arcane »), l'une des parties les plus difficiles du Zohar. Son compagnon le plus important fut Hayyim Vitale (1543-1620), auteur de plusieurs versions du système de Luria. Les autre disciple de Luria si on divulguait et propager l'idée de l'avènement de l'ère messianique avec une telle force qu'on a même arrêté la date de 1575 comme année de la rédemption.

Evolution des écoles mystiques

La diffusion du kabbalisme de Luria, de sa doctrine du Tiqqoun (effort de redressement aux dimensions cosmiques parenthèses fin, au XVIIe siècle, fut assuré par Sabbatai Tsevi de Smyrne (1626-1676), lequel s'est présenté comme le Messie attendu, devant la grande douleur de beaucoup de communautés (fin de la guerre de 30 ans, massacre des juifs d'Ukraine par les Cosaques). L'histoire juive, jamais, ne connut tel enthousiasme suite à cette proclamation. Mais la déception fut grande quand ce « maniaque déprimé » ((Scholem) se convertit à l'islam. Sa déception favorisa l'émergence, en Pologne et en Ukraine, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, du mouvement hassidique, le plus parfaitement décrit par la littérature mystique juive. Cet hassidisme nouveau se développe autour du saint et mystique fameux : Israël ben Eliézer, surnommé le BeCHT, acronyme de Baal Chem Tov (« maîtres du Nom divin» à Dieu), ce qui signifie que le fidèle doit être en contact permanent avec son dû. L'étude de la Torah est considérée comme un acte de pure dévotion. Becht insiste également sur la prière est cité dans le désir d'atteindre Dieu, et sur l'enthousiasme (hitlavout) mis lors de la célébration du Créateur. Le hassidisme se développe rapidement en Europe orientale, s'y impose et marque profondément la vie juive. Après Becht, il se diversifiera suite à la création de nombreuses dynasties du «tsaddiquisme » (de tsaddîq, « dirigeant » ; ici, «saint »). Le hassidisme perdurera en Europe de l'Est jusqu'à l'holocauste.


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LE TALMUD

Un travail effectué sur le judaïsme pendant plusieurs siècles dans les académies de Palestine et de Babylonie suscite la naissance de deux talmuds, celui que l'on appelle de façon encore erronée « de Jérusalem » (Talmud yérouchalmi) et celui « de Babylone » (Talmud balvi). Le talmud est donc un commentaire très développé, avec discussion, de la Mishnah (accueil des sentences de la Torah orale, compilé par Yehouda ha-Nassi, entre 200 et 220). Ce commentaire est appelé Guemara (de l'araméen gemar, « ce que l'on apprend de la tradition »), et le Talmud se compose donc de ces deux éléments, Mishnah et Guemara.

Le Talmud de Jérusalem

Composé à partir des discussions des académies rabbiniques de Césarée, Séphoris et Tibériade, il fut achevé vers 400, soit un siècle avant celui de Babylone. Sa Guemara diffère fondamentalement de la Guemara du Talmud Babylone ; les discussions y sont courtes et incisives, un raisonnement logique se substitue en général à une argumentation recherchée. D'un point de vue linguistique, le talmud de Jérusalem est écrit dans une forme Galiléenne de l'araméen occidental. Actuellement, ce talmud ne comprend que 39 des 63 traités de la Mishnah.

Le Talmud de Babylone

Cette deuxième version du talmud fut éditée, selon la tradition, par Abba Arékha et Rabina vers 500. Sa Guemara se compose d'environ 50 % d'hébreu et 50 % d'araméen occidental (avec des termes latins au grec). Les discussions y sont plus étendues que dans le talmud de Jérusalem ne peut systématique, le texte est souvent chaotique. Le texte comprend quelque 2,5 millions de mots répartis sur 5894 folios et 36 traités séparés. Seul un tiers environ concerne la Halakhah (jurisprudence rabbinique), tandis que deux tiers sont consacrés à la Haggadah (« récit », partie non juridique des textes rabbiniques) et à la Midrash (interprétation de la Bible pour éclairer certains points juridiques ou dispenser un enseignement moral). Parmi de très nombreux commentaires du talmud de Babylone, le plus clair et le plus exhaustif est celui de Rashi de Troyes (1040-1105).

À travers l'histoire, les ennemis de la religion juive comprirent le rôle fondamental occupé par le talmud dans la perpétuation du judaïsme. C'est ainsi que le talmud fut le livre le plus brûlé, le plus censuré et le plus interdit. En 1242, il fut condamné à être brûlé à Paris, et des autodafés du talmud curieux en Italie en chiffre de 1554 et 1559. L'antisémitisme de toutes les époques et surtout celui des nazis se déchaînèrent contre lui.


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LA SCIENCE DU JUDAÏSME

Entre les écrits de Moïse Maimonide (1135 ou 1138-1204), dont deux fondamentaux, le Guide des égarés et le Mishneh Torah,, et ceux du premier juif moderne, Moses Mendelssohn (1729-1786)- sa Jérusalem (1781) lui assura une place éminente parmi les grands penseurs du judaïsme - , les religieux et les laïques juifs ont confronté leurs théologies, lors fois leur pratique avec la science ou, du moins, la raison. En Europe, et surtout en Allemagne, commentateurs et écrivains font des études plus critiques sur les textes et les traditions du judaïsme et, grâce aux spéculations de la kabbale, nuancent leur mysticisme. Beaucoup espèrent en une science du judaïsme.

Au début du 19ème siècles, les jeunes intellectuels juifs allemands se défendent contre l'antisémitisme et forge le concept d'une science du judaïsme (Wissenschaft des Judentums). Depuis 1819, l'«étude scientifique du judaïsme », inaugurée par Léopold Zunz ou Abraham Geiger, progresse dans son exploration systématique de la religion, de l'histoire de la littérature juive, avec une critique systématique des sources. L'apogée de cette entreprise sera la fondation, en 1925, l'université hébraïque de Jérusalem : à son actif se trouve également des réalisations comme 'imposante et moderne Encyclopaedia Judaica, qu'avait précédée Zunz avec son Encyclopédie des sciences juives. En ce qui concerne la bibliographie littéraire, il convient de citer Moritz Steinschneider (1816-1907) : et pour l'histoire juive, Heinrich Graetz (1817-1191).

Si de nombreux échanges se font entre les écoles et les rabbins. Ainsi, en août 1854, le séminaire théologique de Breslau et dirigée par un érudit, chef de file du judaïsme allemand, le rabbin Zacharias Frankel (1801-1875), également fondateur de l'école historiquo-positive, qui deviendra le « judaïsme conservateur », pour lequel le judaïsme doit pouvoir s'ouvrir à la modernité sans trahir la tradition.

Quant au judaïsme réformateur, il représenté par le théologue et rabbin Abraham Geiger (1810-1874), dont la polyvalence a largement contribué à fonder la science du judaïsme. Ces travaux portent sur un grand nombre de sujets, révélant sa conviction que seule, science et la critique historique peuvent susciter une réforme religieuse, un renouveau de la théologie juive et du judaïsme lui-même. Au début du XXe siècle, la recherche scientifique se sépare de la formation rabbinique. Un peu partout, en Europe et aux États-Unis, sous l'influence de nouveaux savants, le monde judaïsme traite de science, et des noms comme ceux de Gershom Scholem (1897-1982) ou de Georges Vajda (1908-1981) sont connus dans ces nouveaux champs de recherche.


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CHRONOLOGIE :



* 538 avant J.-C. : Cyrus le Grand, roi de perse, autorise les juifs à revenir de leur exil à Babylone.

* VIème-Vème siècle : Tradition sacerdotale.

* 515 : Consécration du deuxième temple de Jérusalem.

* 167-141 : Révolte des macchabées après la profanation du temple par le roi de Syrie Antiochos IV Epiphane (175-164).

* 40-37/34 : Hérode Le Grand reconstruit le temple Jérusalem.

* 66-70 après J.-C. : Révolte des hébreux contre Rome.

* 70 : Tibère reconquière Jérusalem.

* 132-135 : Nouvelle révolte des juifs contre les Romains, sous l'impulsion de Bar Kokba. Destruction de Jérusalem par l'empereur Hadrien et fin de l'État juif.

* 500 (environ) : Rédaction du Talmud babylonien.

* Après 700 : A la suite de la conquête musulmane, les juifs se dispersent en Orient, en Afrique du Nord et en Europe.

* 1034 : Synagogue de Worms.

* 1100-1500 : A la suite des croisades chrétiennes, accroissement du fanatisme religieux contre les tenants des autres religions (persécution des juifs en Occident).

* 1135-1204 : Moïse Maïmonide cherche à concilier judaïsme et philosophie grecque.

* 1200-1600 : Kabbale.

* Après 1750 : Essor du hassidisme.

* 1881-1883 : Après le pogrom (en russe : destruction) dans la Russie tsariste et en Roumanie, première grande vague d'immigration des juifs en Palestine.

* 1896 : Sortie du livre Der Judenstaat (l'État des juifs) de Theodor Herzl (1860-1904), fondateur du sionisme.

* 1935 : Les lois de Nuremberg retirent aux juifs le droit de citoyenneté en Allemagne.

* 1938 : Dans la « nuit de cristal », presque toutes les synagogues existantes en Allemagne sont détruites par le feu.

* 1941-1945 : Dans les camps d'extermination nazie, près de 6 millions de juifs sont mis à mort.

* 1947 : Les Nations unies décident de partager la Palestine en deux états : l'un arabe, d'autres juifs.

* 1948 : Fondation de l'État d'Israël qui entraîne une grande vague d'immigration en Palestine et provoque la première guerre Arabo-Israélienne.

* 1949-1952 : Chaim Weizmann (1874-1952), premier président de l'État d'Israël.

* 1973 : Quatrième guerre Arabo-israélienne (guerre du Kippour).

* 1979 : Traité de paix entre l'Égypte et Israël.

* 1984 : Grâce à un pont aérien, environ 10 000 Falasha sont acheminés d'Éthiopie en Israël.


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