Courant de l'hindouïsme apparu en Inde aux environs de 500 ap. J.-C. et qui s'est exprimé
par la suite dans des textes sacrés ou tantra (en sanskrit, «trame», «chaîne»,
d'un tissu et, au figuré, ce qui se déroule en s'enchaînant). A partir du VIe siècle
ap. J.-C., on rencontre des cultes tantriques dans les écoles shivaïtes et shaktistes,
dans le jaïnisme, dans le bouddhisme mahâyâna et dans le bouddhisme tibétain.
D'après la doctrine tantrique, fortement marquée par le mysticisme, il existe une identité
absolue entre l'esprit et la matière, le microcosme et le macrocosme, le soi et le monde,
l'âme individuelle (jivâtman) et l'âme universelle (paramâtman). Le paramâtman est conçu
comme le fondement de tout, unité indivisible, transcendante et éternelle qui se manifeste
sous une forme androgyne. Cette forme a en soi un principe masculin statique et un principe
féminin dynamique, lesquels, en s'intégrant l'un à l'autre, créent continuellement la vie.
Le purusha, le principe créatif masculin, et la prakriti, la nature matérielle, identifiés
avec Shiva et Shakti, constituent les leux aspects de l'Un originaire, symbolisés par le
linga ("phallus") et la yoni ("ventre maternel", "vagin"). De l'union de ces deux
principes jaillit le monde et naît la vie.
L'union des deux sexes élimine la polarité des contraires et conduit à l'indivisible
originel qui précéda la création. Le dépassement de tout dualisme, qui coïncide avec la
libération ultime, est obtenu à travers les rites et des formes de méditation particulières.
Au centre du culte tantrique se trouvent des rites de la nature ésotérique porteurs de fortes
connotations magico-symboliques. Des positions spécifiques des mains (mudrâ) expriment
la tension de tout l'être sur le divin. Le nyâsa, rite qui consiste à toucher certaines
parties du corps pour les identifier à la divinité, symbolise l'entrée de l'influx divin
dans e corps du fidèle. Mudrâ et nyâsa l'accompagnent de la récitation de bîja (formules
monosyllabiques) et de mantra (formules polysyllabilues), censées doter d'un pouvoir
surnaturel. Chaque disciple reçoit de son guru un mantra personnalisé ; le plus récité, pour
la puissance de son pouvoir est le son OM (A-U-M). Les diagrammes mystiques ronds ou
polygonaux, aux schémas très complexes, représentent d'autres instruments de néditation.
Les mandala ("cercles de méditation") sont le support de représentations symboliques
de l'univers. La structure en lignes et en cercles concentriques des yantra représente la
convergence du multiple dans le Un absolu. La pûjâ est une cérémonie de vénération très
importante dans le tantrisme et teintée d'érotisme. À travers l'acte sexuel, les fidèles
célèbrent le moment de la création et, atteignant une parfaite maîtrise les forces
surhumaines du cosmos qui se manifestent à travers leur corps, ils permettent l'union du
jivâtman avec le paramâtman.
Les tantra sont rédigés sous forme de dialogues entre les divinités masculines et leurs
shakti (leurs aspects féminins). Ils contiennent également des indications sur les préceptes
moraux, les rites et les instruments de méditation.
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