Une des nouvelles religions afro-américaines principalement répandue au Brésil. Selon l'étymologie bantoue,
le mot umbanda (en brésilien, quimbanda) est formé du préfixe u (qui est le substantif de
l'art médical) et du substantif mbanda "sacerdoce", "sorcier" (ki-mbanda signifie "grand prêtre").
Apparu au Brésil à partir de 1941, ce mouvement a connu un développement rapide et ininterrompu. I compte aujourd'hui
environ 6 millions de membres (les umbandites), dispersés entre 100 000 centres communautaires. Dans le Brésil actuel,
l'Umbanda est, si l'on se fonde sur le nombre de ses pratiquants, la quatrième religion après le catholicisme,
le protestantisme et le spiritisme. Il remonte aux cultes macumba, nom qui désigne, au Mozambique et à Madagascar,
l'arbre sous lequel se tiennent les assemblées religieuses. A l'origine interdit par le gouvernement, puis toléré et
enfin reconnu, l'Umbanda ne doit plus être aujourd'hui considéré comme un culte secret.
Au XVIème siècle, à l'époque du navigateur portugais Pedro Alvares Cabral (1467-1520 / 1526), le Portugal déporta vers
sa colonie brésilienne de très nombreux esclaves noirs originaires de différentes régions africaines. Les descendants
des esclaves apprirent la langue des colonisateurs et adgérèrent à la religion catholique, même si, secrètement,
ils continuèrent d'entretenit et de cultiver leurs propres traditions. En 1888, l'esclavage fut définitivement
aboli au Brésil, et des centaines de milliers de travailleurs de couleur quittèrent les plantations de canne à sucre
pour se diriger vers les manufactures urbaines de tabac.
Dans cette nouvelle religion, les traditions de la religion africaine (la figure "sacerdotale" candomblé,
fondée sur la tradition yoruba, et la figure "médicale" macumba, fondée sur la tradition bantoue) se sont
mêlées à des éléments catholiques et à des croyances indiennes ; ainsi, les divinités de l'Afrique occidentale,
caractérisées à l'origine par une nomenclature yoruba, sont parfois identifiées à des personnages bibliques, à des
saints chrétiens ou à des divinités autochtones. Les dieux et les esprits sont divisés en deux groupes : les Orixa,
bienveillants, et les Exu (ou Eschus), malveillants. Olorun est la quintessence du bien, le créateur et le seigneur
du ciel : tous les esprits du bien, eux-mêmes subdivisés hiérarchiquement en sept groupes avec sept sous-groupes, lui
sont soumis. Olorun est l'équivalent de Dieu le Père dans le christianisme, alors que la figure qui correspond à
Jésus-Christ est Oxala. Grâce à l'intercession d'Ifa (l'équivalent du Saint-Esprit), l'homme peut entrer en contact
avec les esprits du bien. Nhasan (sainte Barbara) est une déesse du vent et de la Tempête ; Ogun (saint-Georges),
le dieu de la Guerre ; Omulu (saint-Lazare ou saint Roch), une divinité guérisseuse que l'on vénère dans les cimetières ;
Oxoce (saint-Sébastien), le dieu de la Chasse ; Xango (saint-Jérôme), le dieu des Orages. Yemania est la déesse de la
Mer et protège des nauffrages ; on célèbre sa fête le 2 février : c'est la fête de "Notre Patronne Bien-Aimée des Navigateurs" ;
elle peut être comparée à la Vierge Marie et à la protectrice du Brésil, Nossa Senhora de Aparecida ; cependant, elle
ressemble à Jara, la divinité indienne des Fleuves. Exu-Rei, l'équivalent du Satan de la Bible, est le chef des esprits
du Mal : il est condamné à répéter indéfiniment les mêmes actions mauvaises.
Dans la mesure où le salut ultime n'est pas seulement un bien dans l'Au-delà, mais qu'il comprend aussi la santé physique
ici-bas, on implore souvent la guérison des souffrances terrestres. L'amour est le devoir suprême, la loi de l'umbanda.
Près de la capitale Brasilia, des umbandistes se sont organisés en communauté et pratiques la mise en commun des biens.
Au Brésil, plusieurs institutions, maisons d'édition et stations de radio appartiennent à l'umbanda.
Ses cérémonies, nombreuses et variées, permettent de sacrifier les principaux moments de la vie de l'homme (naissance,
mariage, mort...), mais aussi les rapports entre l'homme et la nature : dans ce dernier cas, les cérémonies se déroulent
dans des bois, près des cascdes et sur les plages. Le culte comprend la prière, le chant et la danse, mais aussi la
présentation d'offrandes votives (fleurs, nourriture, reliques, etc.) C'est un prêtre, appelé babalao
("père divin", "père saint"), qui célèbre le culte. La communauté des umbandistes est organisée hiérarchiquement ;
elle présente différents niveaux : ganga-alufa (président), alufa, embanda, babalorisha
(directeur du culte), ogan (adjoint), filhas et filhos de santo (médiums),
sambas, cambones (serviteurs) et enfin, la communauté du culte intérieur et extérieur. A la tête de la
communauté religieuse umbandiste se trouve un Suprême Conselho Sacerdotal Afro-Brasileiro. Les fidèles se rassemeblent
dans une cour ou dans un terrain en plein air appelé terreiro.
Copyright © 2007 - Site Le Sanctuaire.net - Version 2.0 - Administrateur : webmaster@lesanctuaire.net
